La célébration d'un Séder le Jeudi Saint
Jésus est livré pour notre rédemption

[Cette célébration a été montée en souvenir des montées pascales que l'abbé Normand Barré faisait à Philipsburgh.  N'ayant pu retrouver les notes de l'abbé Barré, le déroulement proposé s'inspire du Séder juif traditionnel.

Quand un ami tarverse ma vie... ma vie se remet à vivre].

La Cène du Jeudi Saint faisait partie d'un repas pascal traditionnel. L'Ancien Testament et le Nouveau Testament appellent ce repas la «fête des pains sans levain », les azymes. Ce n'était pas une coïncidence si Jésus a choisi ce jour de la fête des pains sans levain pour annoncer la nouvelle alliance.

Quatre coupes étaient utilisées pendant la cérémonie. Ces coupes ont chacune un symbolisme particulier. Laquelle des coupes Jésus a-t-il utilisée pour déclarer que c'est son sang?

Pendant la cérémonie trois pains sans levain étaient utilisés. L'un deux était béni, séparé et distribué aux participants.  Lequel des pains Jésus a-t-il utilisé pour déclarer que c'est son corps?

Pour un chrétien, célébrer le mystère de la Résurrection, c'est affirmer d'une manière nouvelle que "le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob n'est pas le Dieu des morts mais des vivants".

La célébration se poursuit avec l'allumage des bougies.

Première partie : La coupe de sanctification.


Genèse 1:31 - 2:3
Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le sixième jour. Ainsi furent achevés les cieux et la terre, et toute leur armée.  Dieu acheva au septième jour son oeuvre, qu'il avait faite: et il se reposa au septième jour de toute son oeuvre, qu'il avait faite.  Dieu bénit le septième jour, et il le sanctifia, parce qu'en ce jour il se reposa de toute son oeuvre qu'il avait créée en la faisant.

En buvant la coupe de sanctification, le célébrant dit: « Béni sois-tu,  Seigneur notre Dieu, Roi de l'Univers qui a créé toutes choses».

La Pâques chrétienne fut, originellement, une fête juive qui rappelait l'histoire des enfants d'Israël, l'exil et l'esclavage, la sortie d'Égypte, le passage de la Mer Rouge, l'entrée dans la terre promise,  Pour faire comprendre l'histoire du salut, la liturgie pascale tout entière reprend ces thèmes.

Un animateur est chargé de poser les questions indiquées au célébrant.

Première question :
Pourquoi cette nuit du Jeudi Saint où Jésus a célébré la pâque  est-elle différente de toutes les autres nuits de l'année?

Cette nuit  est différente parce que la pâque rappelle la nuit où Dieu  a délivré les Juifs du Pharaon. Chaque famille devait prendre un agneau mâle d'un an, sans tache. Elle devait tuer l'agneau sans casser ses os et appliquer le sang de l'agneau sur les montants et les côtés de la porte. Et quand Dieu a vu le sang sur les portes des maisons Israélites, la mort est passée par-dessus les maisons des Israélites. Pessach (la pâque en Hébreu) signifie « passer par-dessus ». La mort a été épargnée aux premiers mâles Israélites grâce au sang de l'agneau.  Jésus dit qu'il n'est pas venu pour abolir la Loi, mais pour l'accomplir. Quand Jésus est venu sur terre, quand il a commencé son ministère pour la première fois, Jean-Baptiste a dit de lui : " Voici l'Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde ". Cette nuit Jésus est livré. Et tout comme les premiers agneaux étaient sacrifiés sans que l'on ne brise aucun des os, Jésus est mort crucifié sans qu'aucun de ses os ne soit brisé.

Deuxième question :
" Pourquoi lors de  cette nuit du Jeudi Saint, Jésus et ses apôtres  ne mangeaient-ils que des pains  sans levain ?"

En quittant l'Égypte, les Israélites n'avaient pas eu le temps de faire lever le pain. Pour se souvenir de l'exode, pendant la période de sept jours que dure la pâque juive, il ne fallait rien manger contenant  levain ou levure.
Dans la tradition juive et dans la Bible, le levain est devenu symbole de péché.

Corinthiens 1, Ch 5
[L'apôtre Paul exhorte l'Église de Corinthe à éliminer le vieux levain parce que le Christ, notre pâque, a été immolé. Maintenant en tant que chrétiens, nous sommes censés être purs et ne plus avoir de levain en nous.]
On n'entend parler que d'inconduite parmi vous, et d'une inconduite telle qu'il n'en existe pas même chez les païens  Il n'y a pas de quoi vous glorifier ! Ne savez-vous pas qu'un peu de levain fait lever toute la pâte ? Purifiez-vous du vieux levain pour être une pâte nouvelle, puisque vous êtes des azymes. Car notre pâque, le Christ, a été immolée. Ainsi donc, célébrons la fête, non pas avec du vieux levain, ni un levain de malice et de méchanceté, mais avec des azymes de pureté et de vérité.

Le célébrant soulève un plateau contenant trois pains sans levain, séparés par un linge, et l'un par-dessus l'autre. Il dit

« Voici le pain de misère que les Juifs  ont mangé dans le désert en quittant l'Égypte;  que tout affamé vienne et mange;  que tout homme dans le besoin vienne célébrer la pâque.   »

Le célébrant prend pour lui-même et donne aux participants  des petits morceaux du pain supérieur et de celui du milieu.

Deuxième partie : La coupe des plaies.

Les Juifs mangeaient des herbes amères la nuit de la pâque en les trempant dans de l'eau salée et vinaigrée. Cette eau est dans la coupe des plaies. Jésus et ses disciples ont fait cela avant de passer à table. Ce sont les herbes amères de  l'assiette du Séder, un mot Hébreu qui veut dire ordre.

On présente une assiette du Séder qui contient les six nourritures traditionnelles de la pâque.
1. Le persil ou le céleri. Le vert représente la vie. Avant de manger la vie, on trempe le persil ou le céleri dans l'eau salée qui représente les larmes de la vie. C'est une façon de dire que la vie sans la rédemption est comme trempée dans les larmes.
2. L'oignon. Cette herbe amère est encore un rappel que la vie est amère sans la rédemption du Christ.
3. Le raifort. Il pique quand on le mange. C'est un rappel que l'esclavage sous toutes ses formes est quelque chose d'amer.
4. Des pommes râpées auxquelles on ajoute du miel, du vin doux, des raisins et de la cannelle. C'est une espèce de pâte qui représente le mortier que les Israélites utilisaient pour faire des briques pour Pharaon. Cette pâte est le symbole de l'esclavage.
5. Un oeuf dont la coquille a été brunie. Cet oeuf est une marque de chagrin pour la destruction du deuxième temple, pour la mort de Jésus en croix. On a aussi disposé dans l'assiette des oeufs durs pour chacun des participants.
Après la présentation de l'assiette du Séder, chaque convive trempe des morceaux  qu'elle contient,  puis les pains qui ont été distribués, dans la coupe des plaies (elle contient de l'eau salée et vinaigrée) . Quand c'est terminé on récite la bénédiction suivante:

" Béni sois-tu,  Seigneur notre Dieu, Roi de l'Univers qui a créé toutes
choses ."

Le sixième élément de l'assiette est un os. Il interviendra plus tard, après le repas. Il y a d'abord une lecture.

Jn, Ch 6, 51-58
Je suis le pain vivant, descendu du ciel. Qui mangera ce pain vivra à jamais. Et même, le pain que je donnerai, c'est ma chair pour la vie du monde. " Les Juifs alors se mirent à discuter fort entre eux ; ils disaient : " Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? " Alors Jésus leur dit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme et ne buvez son sang, vous n'aurez pas la vie en vous. Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour. Car ma chair est vraiment une nourriture et mon sang vraiment une boisson. Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. De même que le Père, qui est vivant, m'a envoyé et que je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi. Voici le pain descendu du ciel ; il n'est pas comme celui qu'ont mangé les pères et ils sont morts ; qui mange ce pain vivra à jamais. "


Troisième partie : Le repas et la coupe de la rédemption
                              (ou la coupe  des délivrances).

Les  participants prennent leur repas autour d'une table en U . Après le repas, il y a la lecture suivante.

Luc Ch 22
Le jour des pains sans levain où l'on devait immoler la pâque arriva, et Jésus envoya Pierre et Jean, en disant: Allez nous préparer la pâque, afin que nous la mangions... Ils partirent, et trouvèrent les choses comme il le leur avait dit; et ils préparèrent la Pâque. Lorsque l'heure fut venue, il se mit à table, et les apôtres avec lui. Et il leur dit : " J'ai ardemment désiré manger cette pâque avec vous avant de souffrir; car je vous le dis, jamais plus je ne la mangerai jusqu'à ce qu'elle s'accomplisse dans le Royaume de Dieu. Puis, ayant reçu une coupe, il rendit grâces et dit : " Prenez ceci, et partagez entre vous ; car, je vous le dis, je ne boirai plus désormais du produit de la vigne jusqu'à ce que le Royaume de Dieu soit venu. " Puis, prenant du pain, il rendit grâces, le rompit et le leur donna,  en disant : " Ceci est mon corps, donné pour vous ; faites cela en mémoire de moi. " Il fit de même pour la coupe après le repas, disant : " Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang, versé pour vous.

Le dernier pain était partagé entre les participants après le repas lorsqu'ils étaient rassasiés. Il était mangé en souvenir de l'agneau pascal qui est le 6ème élément de l'assiette du Séder. Puis on buvait la troisième coupe, la coupe de la rédemption.

Cet os nous rappelle les sacrifices d'agneaux qui étaient faits à l'époque où Jésus vivait sur cette terre. Dieu a envoyé Jésus pour être notre sacrifice.

Le dernier pain sans levain est consacré. Le célébrant le partage  parmi les participants qui communient. 

Dans l'Ancien Testament, on parle de l'Esprit de Dieu, du Dieu créateur qui est invisible. On parle également dans l'Ancien Testament de Dieu qui se révèle dans la personne de son Fils. Les trois pains que nous avons partagé représentent Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint-Esprit. L'Évangile  n'est  pas un message réservé aux sages, aux théologiens C'est une alliance nouvelle par laquelle chacun, que l'on soit petit ou grand, a la possibilité de connaître Dieu personnellement. Jésus est venu pour annoncer la vie éternelle. Par son sang versé pour nous, par son corps brisé pour nous, nous avons l'assurance de la vie éternelle.


Quatrième partie : La coupe de louange

Pour conclure le repas de la pâque, c'est tout à fait logique que nous le célébrions avec la coupe de louange. Après avoir célébré la rédemption finale en Jésus, nous célébrons avec des chants de louange. Dans l'un des évangiles, après le repas de la pâque, Jésus est monté avec les apôtres sur le mont des oliviers en chantant des hymnes. C'était probablement les Psaumes 113 à 118 qui s'appellent les psaumes de louange.

La cérémonie se termine avec le psaume suivant

Psaume 116
J'aime l'Eternel, car il entend ma voix, mes supplications;
Car il a penché son oreille vers moi; et je l'invoquerai toute ma vie.
Les liens de la mort m'avaient environné, et les angoisses du sépulcre m'avaient saisi; j'étais en proie à la détresse et à la douleur.
Mais j'invoquai le nom de l'Eternel: O Eternel, sauve mon âme!
L'Eternel est miséricordieux et juste, notre Dieu est plein de compassion;
l'Eternel garde les simples; j'étais malheureux, et il m'a sauvé.
Mon âme, retourne à ton repos, car l'Eternel t'a fait du bien.
Oui, tu as délivré mon âme de la mort,
mes yeux des larmes,
mes pieds de la chute.
Je marcherai devant l'Eternel, sur la terre des vivants.
J'avais confiance, lorsque je disais: Je suis bien malheureux!
Je disais dans mon angoisse: Tout homme est trompeur.
Comment rendrai-je à l'Eternel tous ses bienfaits envers moi?
J'élèverai la coupe des délivrances, et j'invoquerai le nom de l'Eternel;
j'accomplirai mes voeux envers l'Eternel, en présence de tout son peuple.
Elle a du prix aux yeux de l'Eternel, la mort de ceux qui l'aiment.
Ecoute-moi, ô Eternel! car je suis ton serviteur,
ton serviteur, fils de ta servante. Tu as détaché mes liens.
Je t'offrirai un sacrifice d'actions de grâces,
et j'invoquerai le nom de l'Eternel;
Jjaccomplirai mes voeux envers l'Eternel, En présence de tout son peuple,
dans les parvis de la maison de l'Eternel,
au milieu de toi, Jérusalem!
Louez l'Eternel!


Après la célébration, on peut poursuivre avec une période d'adoration.

Serge Lefebvre
D'après diverses sources
Textes ... C.P.P.
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Un instrument de Paix
Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix,
Là où est la haine, que je mette l'amour.
Là où est l'offense, que je mette le pardon.
Là où est la discorde, que je mette l'union.
Là où est l'erreur, que je mette la vérité.
Là où est le doute, que je mette la fois.
Là où est le désespoir, que je mette l'espérance.
Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.
Là où est la tristesse, que je mette la joie.

O Seigneur, que je ne cherche pas tant à être consolé qu'à consoler,
à être compris qu'à comprendre, à être aimé qu'à aimer.
Car c'est en se donnant qu'on reçoit,
c'est en s'oubliant qu'on se retrouve,
c'est en pardonnant qu'on est pardonné,
c'est en mourant qu'on ressuscite à l'éternelle vie.

Prière attribuée à Saint François d'Assise





















(1 Corinthiens 11, 23-26)
Frères, moi, Paul, je vous ai transmis ce que j'ai reçu de la tradition qui vient du Seigneur:
la nuit même où il était livré, le Seigneur Jésus prit du pain, puis, ayant rendu grâce, il le rompit et dit: «Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi. » Après le repas, il fit de même avec la coupe en disant: «Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi. -Ainsi donc, chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez à cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne.                                   
























POUR QU'IL N'Y AIT
QUE LA PAIX !

Pour qu'il n'y ait que la paix,
Pour qu'il n'y ait que l'amour,
Et pour qu'éclate au grand jour
La vérité à jamais !
Guide-nous, François,
Par ta vie d'Évangile.

Comme on chérit un enfant,
Comme on devine un ami,
Comme on saisit la moment
De partager les soucis.
Donne-nous, François,
Même coeur d'Évangile.

Pour que l'amour soit aimé,
Que la pardon soit donné,
Que vive dans l'unité
L'Église-communauté!
Garde-nous, François,
De vrais nids d'Évangile.

Tu as rompu ta mission,
Au coeur de la création;
Que même fidélité
Nous engage à travailler!
Conduis-nous, François,
Au chemin d'Évangile.

Fort de l'Esprit du Seigneur,
Plein de zèle et de ferveur,
Tu reçois la vocation
De rebâtir sa maison.
Instruis-nous, François,
Par ta vie d'Évangile.

Riche de ta pauvreté,
Tu vis la simplicité,
Tu mets au monde la joie,
Au sein de son désarroi.
Fait de nous, François,
Les fils de l'Évangile.

Notre Père dans les cieux,
Toi, seul grand, seul merveilleux,
Que l'amour de ton amour
Nous consume chaque jour!
Brûle-nous, François,
Au feu de l'Évangile.

(Cantique en l'honneur de saint François d'Assise;
paroles et musique:
Raymonde Pelletier,
Les Éditions Fatima, 1986)


















(Marc 14.32-36) :
"Ils allèrent ensuite dans un lieu appelé Gethsémané, et Jésus dit à ses disciples : Asseyez-vous ici, pendant que je prierai.

Il prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, et il commença à éprouver de la frayeur et des angoisses.

Il leur dit : Mon âme est triste jusqu'à la mort ; restez ici, et veillez.

Puis, ayant fait quelques pas en avant, il se jeta contre terre, et pria que, s'il était possible, cette heure s'éloigne de lui.


Il disait : Abba, Père, toutes choses te sont possibles, éloigne de moi cette coupe!

Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux."























Jean 4:13-14 :
" Jésus lui répondit : Quiconque boit de cette eau aura encore soif ;
mais celui qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura jamais soif,
et l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d'eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle. "




















Luc 24, 1-12

Le premier jour de la semaine, de grand matin, les femmes se rendirent au sépulcre apportant les aromates qu'elles avaient préparés. Elle trouvèrent la pierre roulée, sur le côté du tombeau elles entrèrent, mais ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus. Elles ne savaient que penser. Parce que deux hommes se présentèrent à elles, avec un vêtement éblouissant. Et saisies de craintes, elles baissaient le visage vers le sol. Ils leurs dirent, pourquoi chercher le vivant parmi les morts. Il n'est pas ici. Il est ressuscité. Rappelez-vous ce qu'il vous a dit, quand il était encore en Galilée. Il faut que le fils de l'homme soit livré aux mains des pécheurs qu'il soit crucifié et que le troisième jour, il ressuscite. Alors elles se rappelèrent, ces paroles. Revenues du tombeau elles rapportèrent tout cela, aux onze et à tous les autres. C'étaient Marie Madeleine, Jeanne et Marie mère de jacques les autres femmes, qui les accompagnaient disaient la même chose aux apôtres. Mais ces propos, leur semblèrent délirant et ils ne les croyaient pas. Pierre cependant, courut au tombeau. Mais en se penchant il ne vit que le linceuil et s'en retourna chez lui tout étonné de ce qui était arrivé.

Homélies