

Il faut marcher de très longues routes
Personne ressource: Père Christian Beaulieu
Fondée en 1985 par Christian Beaulieu, prêtre de rue, La Maison du Pharillon accueille, héberge et accompagne en thérapie et en réinsertion sociale les jeunes hommes de 18 à 30 ans aux prises avec des problèmes de polytoxicomanie, d'itinérance, de dépendance et d'isolement. Plus de 1 000 jeunes ont déjà bénéficié du support de l'organisme.
Pierre emprisonné
Résumé de la première soirée recueilli par S. Lefebvre
(Actes 12, 1-25)
A cette époque, le roi Hérode Agrippa se mit à maltraiter certains membres de l'Église. Il supprima Jacques, frère de Jean, en le faisant décapiter. Voyant que cette mesure était bien vue des Juifs, il décida une nouvelle arrestation, celle de Pierre. On était dans la semaine de la Pâque. Il le fit saisir, emprisonner, et placer sous la garde de quatre escouades de quatre soldats ; il avait l'intention de le faire comparaître en présence du peuple après la fête. Tandis que Pierre était ainsi détenu, l'Église priait pour lui devant Dieu avec insistance. Hérode allait le faire comparaître ; la nuit précédente, Pierre dormait entre deux soldats, il était attaché avec deux chaînes et, devant sa porte, des sentinelles montaient la garde. Tout à coup surgit l'ange du Seigneur, et une lumière brilla dans la cellule. L'ange secoua Pierre, le réveilla et lui dit : « Lève-toi vite. » Les chaînes tombèrent de ses mains. Alors l'ange lui dit : « Mets ta ceinture et tes sandales. » Pierre obéit, et l'ange ajouta : « Mets ton manteau et suis-moi. » Il sortit derrière lui, mais, ce qui lui arrivait grâce à l'ange, il ne se rendait pas compte que c'était vrai, il s'imaginait que c'était une vision. Passant devant un premier poste de garde, puis devant un second, ils arrivèrent à la porte en fer donnant sur la ville. Elle s'ouvrit toute seule devant eux. Une fois dehors, ils marchèrent dans une rue, puis, brusquement, l'ange le quitta. Alors Pierre revint à lui, et il dit : « Maintenant je me rends compte que c'est vrai : le Seigneur a envoyé son ange, et il m'a arraché aux mains d'Hérode et au sort que me souhaitait le peuple juif. » S'étant repéré, il arriva à la maison de Marie, la mère de Jean surnommé Marc, où se trouvaient réunies un certain nombre de personnes qui priaient. Il frappa à la porte d'entrée, et une jeune servante nommée Rhodè s'avança pour répondre. Ayant bien reconnu la voix de Pierre, elle en fut si joyeuse qu'au lieu d'ouvrir la porte, elle rentra en courant et annonça que Pierre était là devant la porte. « Tu es folle ! » lui dit-on. Mais elle insistait : « C'est bien vrai ! » Et eux disaient : « C'est son ange. » Cependant Pierre continuait à frapper ; alors ils ouvrirent, ils le virent, et ils n'en revenaient pas. Il leur fit un signe de la main pour les faire taire, et il leur raconta comment le Seigneur l'avait fait sortir de prison ; puis il leur dit : « Annoncez-le à Jacques et aux frères. » Il sortit, et s'en alla vers un autre lieu. Au lever du jour, il y eut une belle agitation chez les soldats : qu'était donc devenu Pierre ? Hérode le fit rechercher sans réussir à le trouver. Ayant fait comparaître les gardes, il donna l'ordre de les emmener. Il quitta alors la Judée et descendit séjourner à Césarée. Hérode était dans une grande colère contre les gens de Tyr et de Sidon. Ceux-ci vinrent tous ensemble le trouver. Ayant gagné à leur cause Blastus, l'officier de la chambre du roi, ils sollicitaient une solution pacifique, car leur pays s'approvisionnait dans celui du roi. A la date fixée, Hérode, ayant revêtu ses habits royaux et siégeant sur son estrade, prononçait devant eux un grand discours. Le peuple l'acclamait à grands cris : « C'est la voix d'un dieu, et non d'un homme ! » Subitement, l'ange du Seigneur le frappa, parce qu'il n'avait pas rendu gloire à Dieu. Rongé par les vers, il expira. La parole de Dieu était féconde et se multipliait. Barnabé et Saul, ayant accompli leur service en faveur de Jérusalem, s'en retournèrent à Antioche, en prenant avec eux Jean surnommé Marc.
Nous devons demander à l'Esprit de nous donner les mots pour comprendre ce qui nous arrive depuis quelque temps, pour comprendre comment passer d'une épreuve à l'espérance. Il faut marcher de très longues routes pour retrouver notre cur d'enfant.
L'abbé Pierre se fit demander un jour par sa nièce : « Mon oncle, c'est quoi vivre?» Il répondit : « Vivre, c'est le temps que Dieu te donne pour creuser une grande place en toi pour que l'amour te traverse de bord en bord. » La vie vous en a peut-être demandé ces dernières années. C'est vrai pour beaucoup d'entre nous. Quand Dieu veut nous faire traverser une nouvelle étape, il commence par nous ouvrir les mains car c'est en nous enlevant quelque chose qu'il nous permet d'avancer. La vie doit se charger de nous enlever ce que l'on a de trop. Sinon, si j'ai les mains liées, comment puis-je prendre la vie à plein bras, comment est-ce que je peux serrer Dieu dans mes bras ? Il faut faire de la place pour ce que Dieu veut nous donner.
On raconte l'histoire d'un enfant qui allait dehors à chaque nuit; il regardait une étoile et il pleurait. Une nuit, l'étoile s'approcha et lui dit : « Pourquoi pleures-tu ?» L'enfant répondit : « Je pleure parce que tu es trop loin, des fois je ne te vois pas car tu te caches dans un nuage et tu me manques. » L'étoile dit à l'enfant : « Ne pleure pas. Je suis loin mais j'existe en toi. On ne voit bien que ce qui est en nous. Je disparais dans les nuages car je suis fatiguée d'être hors de toi. Je dois m'éloigner pour revenir en toi, pour que tu m'y fasses une place. » Quand quelqu'un s'éloigne, quand quelqu'un meurt, c'est toujours qu'on espère être proche d'une autre façon. Il existe à l'intérieur de nous.
Pierre, dans l'extrait des Actes des Apôtres, il est comme nous. Il a dit oui à Jésus il y a des années. Puis, avec la vie, avec les années, il a traversé une crise. Il a dû dire un deuxième oui à Dieu. Un oui beaucoup plus beau. Puis, c'est le cas de beaucoup d'entre nous, il y a un troisième oui qui vient avec la retraite. Ce oui se dit dans les larmes et l'hésitation. Nous sommes vulnérables et nous en sommes encore plus beau. Nous ne nous prenons plus pour un autre. Nous sommes plus humains, plus proches des autres. La Parole peut nous aider. Pierre était condamné à mort. Pourtant il dormait. Vous, vous ne dormez pas quand un mari, un enfant rentre tard. Quand nous sommes jeunes, nous voulons tout gérer; plus tard, c'est la vie qui nous conduit, c'est la vie qui nous fait avancer.
Nous étions treize enfants à la maison. À huit ans et demi, le feu a tout détruit chez nous à l'île d'Orléans, et nous n'étions pas assurés. Le voisin dit à mon père : «Vous ne passerez jamais à travers. » Mon père lui répondit alors : « J'ai eu treize enfants et ils ont toujours eu quelque chose à manger. Maintenant Dieu sera plus que jamais présent pour nous aider. » Mon père est alors allé allumer sa cigarette sur les braises fumantes de la maison. Tout ce qui se reconstruit est toujours fait à partir de ce qui est démoli. Dieu rebâtit ce qu'il a parfois laisser se détruire.
Il y a des signes précurseurs que la grâce va nous toucher. Il y a des signes qu'il se prépare quelque chose. Parfois, un des signes c'est que nous voulons fuir, tout laisser là. J'ai déjà accompagné un homme de 49 ans atteint de cancer. Il m'a raconté que sa voisine avait mis sur pied un groupe de prière. Le groupe se réunissait, priait, et l'encourageait. Sans ce groupe, disait-il, je me serais suicidé et j'aurais raté les plus belles années de ma vie. Les hommes qui trompent leur femme sont testés par le malin; les chrétiens impliqués dans divers mouvements sont parfois plus frappés par le malheur que les incroyants. Vous êtes parfois plus éprouvés par la vie, par vos enfants, mais c'est peut-être nécessaire. Le grand peintre Henri Matisse souffrait d'arthrite à 73 ans. Il aurait dû arrêter de peindre, mais il ne voulait pas arrêter. Il disait qu'il souffrait beaucoup en travaillant mais que de sa souffrance sortait une beauté beaucoup plus grande. Vous ne vivez jamais la douleur pour rien.
Un autre signe qu'il se prépare quelque chose c'est que vous êtes tentés comme jamais. Un jour j'étais en Afrique dans un village où 90% des habitants ont le SIDA. Sachant que j'avais l'expérience de la ferme, on me demanda de venir mirer les ufs dans le poulailler. Les ufs étaient là alignés, tous semblables, et j'étais un peu découragé quand un serpent entre et va directement vers un uf fécondé. Le serpent lui allait droit à son but sans se décourager. Pierre en prison, avec les deux mains attachées, dort d'un sommeil profond. Il s'abandonne à Dieu, il lâche prise. Une lumière se fit à l'intérieur de Pierre. Un ange lui dit alors : attache-toi, lève-toi. Pierre trouve toutes les portes de la prison ouverte. Pas un prisonnier n'avait vu que les portes étaient ouvertes. Pierre lui avait la foi. Il a vu les portes ouvertes. Attachez-vous à votre amour.
En 1968, avant d'être prêtre, j'ai accompagné un condamné à mort de 23 ans. C'était le soir, il devait être pendu à minuit. N'étant pas encore prêtre, je n'avais pas le droit de l'accompagner jusqu'au bout du couloir de la mort. À l'entrée du couloir, je lui mets la main sur l'épaule quand une grande porte de fer se referme sur lui. Je l'entends de l'autre côté dire : « Christian, la grande porte de fer est refermée mais la grande porte de la joie s'ouvre pour moi et pour toujours. » Vous avez des portes fermées derrière vous, mais il faut voir les nouvelles portes qui s'ouvrent à nous.
L'ange de Dieu, quand l'Esprit nous inspire, est bien réel. Ma nièce Marie-Claude a une petite fille Laurence. Laurence demanda un jour à sa maman : « Dis, maman, qui t'a dit que papa sera toujours ton amoureux. » Marie-Claude lui répondit : «C'est un ange qui me l'a dit. Quand je l'ai vu, mon cur s'est mis à battre très fort et j'étais très heureuse. J'ai su que Stéphane serait un jour ton père. » Laurence dit alors à Marie-Claude : « Maman, moi aussi un ange m'a parlé. Ma petite sur pleurait beaucoup et je la trouvais fatigante! J'étais décidé à la frapper. Je me suis approchée, très fâchée. J'étais très proche d'elle et mes deux bras sont partis tout seuls, maman. Je l'ai pris dans mes bras et je lui ai fait un gros câlin en lui disant je t'aime. Un ange m'avait parlé. »
Un photographe a fait, il y a quelques années, un reportage sur les surs de Mère Teresa. Une sur soignait une plaie répugnante d'un lépreux. La photo a fait le tour du monde. Le photographe dit à la sur qu'il serait incapable de faire ce travail même pour un million de dollars. Et la sur de répondre : « Moi non plus, monsieur, car je le fais par amour! C'est quelqu'un d'autre dans moi qui fait cela pour moi. ». Mgr Turcotte raconte cette histoire. Il lui est arrivé d'être découragé de confirmer des enfants que les communautés ne revoyaient jamais, pas plus que leurs parents d'ailleurs. Il priait Dieu de lui donner la force de continuer. Lors d'une confirmation il demande à un enfant d'allure sportive comme lui quel don de l'Esprit il aimerait recevoir. Cet enfant lui répondit : « La force! » Mgr Turcotte lui dit que c'est sans doute pour améliorer ses performances sportives qu'il fait cette demande. L'enfant répondit : « Nous sommes sept à la maison, mais il n'y en a pas un seul qui a la force de se lever le dimanche matin pour venir à la messe. Moi je veux la force pour venir à l'église. Je veux la force de continuer dans mon sport même quand je perds. » Mgr Turcotte lui répondit : « Tu as tout compris! » C'est ça la force de l'ange qui parle en nous.
C'est beau l'ange qui dit à Pierre : Suis-moi! C'est beau la prière. Je me souviens d'un jeune qui consommait beaucoup. Il me dit que sa grand-mère priait beaucoup pour lui, qu'elle disait de nombreux chapelets. Je lui dit : « C'est sûr alors, tu n'as pas le choix, tu dois t'en sortir! » Vous ne devez pas cesser de prier. Pierre sort de la prison. Il va trouver le groupe qui priait pour lui, et on lui dit que c'est impossible qu'il soit là parmi eux! Avant de demander quelque chose à Dieu, pensez-y à deux fois, ce que vous demandez pourrait arriver. Pierre se sera plus jamais le même après cette épreuve. C'est comme pour nous. Après une épreuve, il y a comme quelque chose de différend en nous. Nous deviendrons des personnes de paix. Jacques et Jean ont un jour demandé à Jésus d'être les premiers dans le royaume de cieux. Et Jésus de répondre : « Est-ce que vous savez ce que cela signifie? » Une femme mariée demande souvent d'avoir un trésor de mari, mais, un trésor c'est caché dans un coffre-fort! Il faut utiliser la clef du coffre plusieurs fois pour y avoir accès. L'homme le plus sensible, l'enfant le plus sensible, c'est souvent la personne la plus fermée sur son trésor. Elle se cache derrière une apparente froideur. Les hommes mariés disent eux qu'ils désirent une femme en or, mais l'or ne brille qu'à la lumière. Allumez vos lumières! Un jour quelqu'un ma demandé combien il y avait de béatitudes dans l'évangile et si on pouvait en inventer une nouvelle. Eh bien oui, c'est possible et la nouvelle béatitude c'est : Bienheureux les vasés craqués car la lumière les traverse plus vite que les vases polis et parfaits. Sois lumière pour que l'or brille. Une perle est créée par les larmes d'une huître qui a subi une blessure. La perle se crée avec patience.
Une maman a lu le texte suivant aux funérailles de son fils de dix-sept ans mort suite à un accident de moto.
J'étais debout sur le bord de la plage. J'ai vu un magnifique voilier qui partait au loin. Un voilier beau et jeune comme mon fils. Un voilier gracieux, plein d'avenir. Le voilier disparut à l'horizon quand quelqu'un me dit : « Est-il parti pour toujours? » Je répondis non. Il est toujours là, il est disparu seulement à mon regard. Il est plus lui-même que jamais, il est plus beau que jamais. J'ai l'impression qu'il est attendu par une multitude qui l'accueillera dans la joie. Nous avons peut-être la vue trop faible. Avec la foi nous pouvons les voir.
La soirée se termine avec le témoignage de Ricardo, un jeune homme d'origine portugaise.
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Il faut marcher de très longues routes
Personne ressource: Père Christian Beaulieu
Fondée en 1985 par Christian Beaulieu, prêtre de rue, La Maison du Pharillon accueille, héberge et accompagne en thérapie et en réinsertion sociale les jeunes hommes de 18 à 30 ans aux prises avec des problèmes de polytoxicomanie, d'itinérance, de dépendance et d'isolement. Plus de 1 000 jeunes ont déjà bénéficié du support de l'organisme.
Pierre emprisonné
Résumé de la première soirée recueilli par S. Lefebvre
(Actes 12, 1-25)
A cette époque, le roi Hérode Agrippa se mit à maltraiter certains membres de l'Église. Il supprima Jacques, frère de Jean, en le faisant décapiter. Voyant que cette mesure était bien vue des Juifs, il décida une nouvelle arrestation, celle de Pierre. On était dans la semaine de la Pâque. Il le fit saisir, emprisonner, et placer sous la garde de quatre escouades de quatre soldats ; il avait l'intention de le faire comparaître en présence du peuple après la fête. Tandis que Pierre était ainsi détenu, l'Église priait pour lui devant Dieu avec insistance. Hérode allait le faire comparaître ; la nuit précédente, Pierre dormait entre deux soldats, il était attaché avec deux chaînes et, devant sa porte, des sentinelles montaient la garde. Tout à coup surgit l'ange du Seigneur, et une lumière brilla dans la cellule. L'ange secoua Pierre, le réveilla et lui dit : « Lève-toi vite. » Les chaînes tombèrent de ses mains. Alors l'ange lui dit : « Mets ta ceinture et tes sandales. » Pierre obéit, et l'ange ajouta : « Mets ton manteau et suis-moi. » Il sortit derrière lui, mais, ce qui lui arrivait grâce à l'ange, il ne se rendait pas compte que c'était vrai, il s'imaginait que c'était une vision. Passant devant un premier poste de garde, puis devant un second, ils arrivèrent à la porte en fer donnant sur la ville. Elle s'ouvrit toute seule devant eux. Une fois dehors, ils marchèrent dans une rue, puis, brusquement, l'ange le quitta. Alors Pierre revint à lui, et il dit : « Maintenant je me rends compte que c'est vrai : le Seigneur a envoyé son ange, et il m'a arraché aux mains d'Hérode et au sort que me souhaitait le peuple juif. » S'étant repéré, il arriva à la maison de Marie, la mère de Jean surnommé Marc, où se trouvaient réunies un certain nombre de personnes qui priaient. Il frappa à la porte d'entrée, et une jeune servante nommée Rhodè s'avança pour répondre. Ayant bien reconnu la voix de Pierre, elle en fut si joyeuse qu'au lieu d'ouvrir la porte, elle rentra en courant et annonça que Pierre était là devant la porte. « Tu es folle ! » lui dit-on. Mais elle insistait : « C'est bien vrai ! » Et eux disaient : « C'est son ange. » Cependant Pierre continuait à frapper ; alors ils ouvrirent, ils le virent, et ils n'en revenaient pas. Il leur fit un signe de la main pour les faire taire, et il leur raconta comment le Seigneur l'avait fait sortir de prison ; puis il leur dit : « Annoncez-le à Jacques et aux frères. » Il sortit, et s'en alla vers un autre lieu. Au lever du jour, il y eut une belle agitation chez les soldats : qu'était donc devenu Pierre ? Hérode le fit rechercher sans réussir à le trouver. Ayant fait comparaître les gardes, il donna l'ordre de les emmener. Il quitta alors la Judée et descendit séjourner à Césarée. Hérode était dans une grande colère contre les gens de Tyr et de Sidon. Ceux-ci vinrent tous ensemble le trouver. Ayant gagné à leur cause Blastus, l'officier de la chambre du roi, ils sollicitaient une solution pacifique, car leur pays s'approvisionnait dans celui du roi. A la date fixée, Hérode, ayant revêtu ses habits royaux et siégeant sur son estrade, prononçait devant eux un grand discours. Le peuple l'acclamait à grands cris : « C'est la voix d'un dieu, et non d'un homme ! » Subitement, l'ange du Seigneur le frappa, parce qu'il n'avait pas rendu gloire à Dieu. Rongé par les vers, il expira. La parole de Dieu était féconde et se multipliait. Barnabé et Saul, ayant accompli leur service en faveur de Jérusalem, s'en retournèrent à Antioche, en prenant avec eux Jean surnommé Marc.
Nous devons demander à l'Esprit de nous donner les mots pour comprendre ce qui nous arrive depuis quelque temps, pour comprendre comment passer d'une épreuve à l'espérance. Il faut marcher de très longues routes pour retrouver notre cur d'enfant.
L'abbé Pierre se fit demander un jour par sa nièce : « Mon oncle, c'est quoi vivre?» Il répondit : « Vivre, c'est le temps que Dieu te donne pour creuser une grande place en toi pour que l'amour te traverse de bord en bord. » La vie vous en a peut-être demandé ces dernières années. C'est vrai pour beaucoup d'entre nous. Quand Dieu veut nous faire traverser une nouvelle étape, il commence par nous ouvrir les mains car c'est en nous enlevant quelque chose qu'il nous permet d'avancer. La vie doit se charger de nous enlever ce que l'on a de trop. Sinon, si j'ai les mains liées, comment puis-je prendre la vie à plein bras, comment est-ce que je peux serrer Dieu dans mes bras ? Il faut faire de la place pour ce que Dieu veut nous donner.
On raconte l'histoire d'un enfant qui allait dehors à chaque nuit; il regardait une étoile et il pleurait. Une nuit, l'étoile s'approcha et lui dit : « Pourquoi pleures-tu ?» L'enfant répondit : « Je pleure parce que tu es trop loin, des fois je ne te vois pas car tu te caches dans un nuage et tu me manques. » L'étoile dit à l'enfant : « Ne pleure pas. Je suis loin mais j'existe en toi. On ne voit bien que ce qui est en nous. Je disparais dans les nuages car je suis fatiguée d'être hors de toi. Je dois m'éloigner pour revenir en toi, pour que tu m'y fasses une place. » Quand quelqu'un s'éloigne, quand quelqu'un meurt, c'est toujours qu'on espère être proche d'une autre façon. Il existe à l'intérieur de nous.
Pierre, dans l'extrait des Actes des Apôtres, il est comme nous. Il a dit oui à Jésus il y a des années. Puis, avec la vie, avec les années, il a traversé une crise. Il a dû dire un deuxième oui à Dieu. Un oui beaucoup plus beau. Puis, c'est le cas de beaucoup d'entre nous, il y a un troisième oui qui vient avec la retraite. Ce oui se dit dans les larmes et l'hésitation. Nous sommes vulnérables et nous en sommes encore plus beau. Nous ne nous prenons plus pour un autre. Nous sommes plus humains, plus proches des autres. La Parole peut nous aider. Pierre était condamné à mort. Pourtant il dormait. Vous, vous ne dormez pas quand un mari, un enfant rentre tard. Quand nous sommes jeunes, nous voulons tout gérer; plus tard, c'est la vie qui nous conduit, c'est la vie qui nous fait avancer.
Nous étions treize enfants à la maison. À huit ans et demi, le feu a tout détruit chez nous à l'île d'Orléans, et nous n'étions pas assurés. Le voisin dit à mon père : «Vous ne passerez jamais à travers. » Mon père lui répondit alors : « J'ai eu treize enfants et ils ont toujours eu quelque chose à manger. Maintenant Dieu sera plus que jamais présent pour nous aider. » Mon père est alors allé allumer sa cigarette sur les braises fumantes de la maison. Tout ce qui se reconstruit est toujours fait à partir de ce qui est démoli. Dieu rebâtit ce qu'il a parfois laisser se détruire.
Il y a des signes précurseurs que la grâce va nous toucher. Il y a des signes qu'il se prépare quelque chose. Parfois, un des signes c'est que nous voulons fuir, tout laisser là. J'ai déjà accompagné un homme de 49 ans atteint de cancer. Il m'a raconté que sa voisine avait mis sur pied un groupe de prière. Le groupe se réunissait, priait, et l'encourageait. Sans ce groupe, disait-il, je me serais suicidé et j'aurais raté les plus belles années de ma vie. Les hommes qui trompent leur femme sont testés par le malin; les chrétiens impliqués dans divers mouvements sont parfois plus frappés par le malheur que les incroyants. Vous êtes parfois plus éprouvés par la vie, par vos enfants, mais c'est peut-être nécessaire. Le grand peintre Henri Matisse souffrait d'arthrite à 73 ans. Il aurait dû arrêter de peindre, mais il ne voulait pas arrêter. Il disait qu'il souffrait beaucoup en travaillant mais que de sa souffrance sortait une beauté beaucoup plus grande. Vous ne vivez jamais la douleur pour rien.
Un autre signe qu'il se prépare quelque chose c'est que vous êtes tentés comme jamais. Un jour j'étais en Afrique dans un village où 90% des habitants ont le SIDA. Sachant que j'avais l'expérience de la ferme, on me demanda de venir mirer les ufs dans le poulailler. Les ufs étaient là alignés, tous semblables, et j'étais un peu découragé quand un serpent entre et va directement vers un uf fécondé. Le serpent lui allait droit à son but sans se décourager. Pierre en prison, avec les deux mains attachées, dort d'un sommeil profond. Il s'abandonne à Dieu, il lâche prise. Une lumière se fit à l'intérieur de Pierre. Un ange lui dit alors : attache-toi, lève-toi. Pierre trouve toutes les portes de la prison ouverte. Pas un prisonnier n'avait vu que les portes étaient ouvertes. Pierre lui avait la foi. Il a vu les portes ouvertes. Attachez-vous à votre amour.
En 1968, avant d'être prêtre, j'ai accompagné un condamné à mort de 23 ans. C'était le soir, il devait être pendu à minuit. N'étant pas encore prêtre, je n'avais pas le droit de l'accompagner jusqu'au bout du couloir de la mort. À l'entrée du couloir, je lui mets la main sur l'épaule quand une grande porte de fer se referme sur lui. Je l'entends de l'autre côté dire : « Christian, la grande porte de fer est refermée mais la grande porte de la joie s'ouvre pour moi et pour toujours. » Vous avez des portes fermées derrière vous, mais il faut voir les nouvelles portes qui s'ouvrent à nous.
L'ange de Dieu, quand l'Esprit nous inspire, est bien réel. Ma nièce Marie-Claude a une petite fille Laurence. Laurence demanda un jour à sa maman : « Dis, maman, qui t'a dit que papa sera toujours ton amoureux. » Marie-Claude lui répondit : «C'est un ange qui me l'a dit. Quand je l'ai vu, mon cur s'est mis à battre très fort et j'étais très heureuse. J'ai su que Stéphane serait un jour ton père. » Laurence dit alors à Marie-Claude : « Maman, moi aussi un ange m'a parlé. Ma petite sur pleurait beaucoup et je la trouvais fatigante! J'étais décidé à la frapper. Je me suis approchée, très fâchée. J'étais très proche d'elle et mes deux bras sont partis tout seuls, maman. Je l'ai pris dans mes bras et je lui ai fait un gros câlin en lui disant je t'aime. Un ange m'avait parlé. »
Un photographe a fait, il y a quelques années, un reportage sur les surs de Mère Teresa. Une sur soignait une plaie répugnante d'un lépreux. La photo a fait le tour du monde. Le photographe dit à la sur qu'il serait incapable de faire ce travail même pour un million de dollars. Et la sur de répondre : « Moi non plus, monsieur, car je le fais par amour! C'est quelqu'un d'autre dans moi qui fait cela pour moi. ». Mgr Turcotte raconte cette histoire. Il lui est arrivé d'être découragé de confirmer des enfants que les communautés ne revoyaient jamais, pas plus que leurs parents d'ailleurs. Il priait Dieu de lui donner la force de continuer. Lors d'une confirmation il demande à un enfant d'allure sportive comme lui quel don de l'Esprit il aimerait recevoir. Cet enfant lui répondit : « La force! » Mgr Turcotte lui dit que c'est sans doute pour améliorer ses performances sportives qu'il fait cette demande. L'enfant répondit : « Nous sommes sept à la maison, mais il n'y en a pas un seul qui a la force de se lever le dimanche matin pour venir à la messe. Moi je veux la force pour venir à l'église. Je veux la force de continuer dans mon sport même quand je perds. » Mgr Turcotte lui répondit : « Tu as tout compris! » C'est ça la force de l'ange qui parle en nous.
C'est beau l'ange qui dit à Pierre : Suis-moi! C'est beau la prière. Je me souviens d'un jeune qui consommait beaucoup. Il me dit que sa grand-mère priait beaucoup pour lui, qu'elle disait de nombreux chapelets. Je lui dit : « C'est sûr alors, tu n'as pas le choix, tu dois t'en sortir! » Vous ne devez pas cesser de prier. Pierre sort de la prison. Il va trouver le groupe qui priait pour lui, et on lui dit que c'est impossible qu'il soit là parmi eux! Avant de demander quelque chose à Dieu, pensez-y à deux fois, ce que vous demandez pourrait arriver. Pierre se sera plus jamais le même après cette épreuve. C'est comme pour nous. Après une épreuve, il y a comme quelque chose de différend en nous. Nous deviendrons des personnes de paix. Jacques et Jean ont un jour demandé à Jésus d'être les premiers dans le royaume de cieux. Et Jésus de répondre : « Est-ce que vous savez ce que cela signifie? » Une femme mariée demande souvent d'avoir un trésor de mari, mais, un trésor c'est caché dans un coffre-fort! Il faut utiliser la clef du coffre plusieurs fois pour y avoir accès. L'homme le plus sensible, l'enfant le plus sensible, c'est souvent la personne la plus fermée sur son trésor. Elle se cache derrière une apparente froideur. Les hommes mariés disent eux qu'ils désirent une femme en or, mais l'or ne brille qu'à la lumière. Allumez vos lumières! Un jour quelqu'un ma demandé combien il y avait de béatitudes dans l'évangile et si on pouvait en inventer une nouvelle. Eh bien oui, c'est possible et la nouvelle béatitude c'est : Bienheureux les vasés craqués car la lumière les traverse plus vite que les vases polis et parfaits. Sois lumière pour que l'or brille. Une perle est créée par les larmes d'une huître qui a subi une blessure. La perle se crée avec patience.
Une maman a lu le texte suivant aux funérailles de son fils de dix-sept ans mort suite à un accident de moto.
J'étais debout sur le bord de la plage. J'ai vu un magnifique voilier qui partait au loin. Un voilier beau et jeune comme mon fils. Un voilier gracieux, plein d'avenir. Le voilier disparut à l'horizon quand quelqu'un me dit : « Est-il parti pour toujours? » Je répondis non. Il est toujours là, il est disparu seulement à mon regard. Il est plus lui-même que jamais, il est plus beau que jamais. J'ai l'impression qu'il est attendu par une multitude qui l'accueillera dans la joie. Nous avons peut-être la vue trop faible. Avec la foi nous pouvons les voir.
La soirée se termine avec le témoignage de Ricardo, un jeune homme d'origine portugaise.
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