Célèbre journaliste de la télévision française, Emmanuel de la Taille court pendant près de trente ans de succès en succès. "J'étais un drogué des plaisirs de ce monde", avouera-t-il. Un bon jour pourtant, dans les années 90, sans crier gare, Dieu débarque chez lui. Sa vie prendra alors un nouveau virage. L'enfant du siècle s'arrimera à l'enfant de Dieu. "Au fond, je suis tombé sur Dieu en recherchant la vie, dira-t-il. Je crois qu'avoir la foi, c'est entrer de plain-pied dans la vie."
C'est peut-être là, la manière habituelle de Dieu d'entrer chez nous. Une fin d'après-midi d'automne, sur la route, Jésus débarque chez André et Jean. Il leur laisse son adresse : "Venez et vous verrez..." Au moment où ils lavent leurs filets, avant de partir pour la pêche, il dessine leur mission. "Je ferai de vous des pêcheurs d'hommes."
Quand Jésus rentre à la maison du Père, c'est encore sur la route qu'il donne rendez-vous à ses disciples. Il les rassemble en Galilée, la Galilée des nations, le premier siège des Nations unies, là où toute l'humanité est au rendez-vous, sur la montagne, donc tout près du coeur de Dieu, là où on l'entend battre.
Il leur confie alors la mission de débarquer sur toutes les plages du monde, et il les envoie comme des témoins. Il n'en fait pas des stars, des vedettes, des héros. Il ne les revêt pas de l'armure de la certitude d'avoir toute la vérité et d'avoir réponse à tout. Il les envoie avec leurs doutes, leurs questions, leur fragilité. Il les charge d'aller porter l'Amour qui l'a brûlé tout au long de sa vie. "Tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre." Nous savons qu'il n'y a qu'un véritable pouvoir, celui de l'Amour. Tout est possible quand on aime.
Il les envoie pour toutes les nations et toutes les cultures, pour les enfants de l'ère des robots et des ordinateurs et de l'agriculture industrielle. Il les envoie pour tout le monde, pour les exclus et les étrangers, pour tout visage, toute race, toute religion, jusqu'au bout du monde et au bout du temps. Cest que Dieu a besoin de tous, de tous les mal-aimés et de tous les fatigués aussi... Et il a besoin de nous avec nos joies, mais aussi nos misères et nos peurs.
Un jour, Dieu s'amène chez la poétesse française Marie Noël. Elle vient de vivre des moments terribles, des véritables cauchemars. Elle dit alors à Dieu-. "Je n'ai rien à vous donner, ou plutôt rien que le dégoût de vivre, l'ennui, la stérilité, la torpeur, les épouvantes." Dieu lui répond : "Donne!" Et Marie Noël de répliquer : "Seigneur! voilà que, comme un chiffonnier, vous allez, ramassant des déchets, des immondices. Qu'en voulez-vous faire, Seigneur ?" Et Dieu de répondre : "Le Royaume des cieux".
Allons donc, n'attendons pas que les autres viennent vers nous pour nos célébrations. Allons d'abord vers eux. Après, le goût de célébrer les prendra peut-être, et ils viendront. Mais allons !
Je sais, c'est désinstallant de partir vivre sur la terre de l'autre, en terre étrangère. Allons donc ! Ne restons pas entre les quatre murs de notre Église. Notre Église n'est rien d'autre qu'une auberge sur la route. Conununiquons le goût de la route et de la marche. L'engagement n'est rien d'autre.
Allons, de partout faisons des partenaires du goût de vivre et de l'Amour. Un disciple, c'est un partenaire de Dieu et de ses frères et soeurs.
Allons apprendre ensemble le métier d'homme et de femme, partager ensemble nos pauvretés, oser Dieu aujourd'hui. Plongeons au coeur de la vie pour que Dieu la fasse grandir en nous, comme l'eau fait éclater l'enveloppe de la semence mise en terre. Cette eau, c'est l'Eau vive, c'est la vie communautaire et amoureuse du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
Allons, aux quatre coins du monde, non comme des conquérants, mais comme des amis qui savent accueillir les autres, qui se soucient de leur confier leur plus important secret : la Vie nouvelle que Jésus nous a partagée à travers ses paroles et son enseignement
Heureux qui tient ses mains dépliées,
la tendresse de Dieu coule sur ses doigts.
Heureux qui plante la paix à l'aube de chaque jour,
Dieu enfanteen lui une nouvelle création.
Allons ! L'aube se lève. La mission est toujours commencement. "Voulez-vous, nous dit Jésus, être avec moi pour vivre l'aventure de l'Amour jusqu'au bout du monde et du temps ? Voulez-vous débarquer... et faire des partenaires ? "
Allons... ensemble, nous sommes missionnaires.
Normand Barré
Jean 1, 35-42
Le lendemain,
Jean Baptiste
se trouvait
de nouveau
avec deux
de ses disciples.
Posant son regard sur Jésus
qui allait et venait,
il dit :
« Voici l'Agneau de Dieu. »
Les deux disciples entendirent
cette parole,
et ils suivirent Jésus.
Celui-ci se retourna,
vit qu'ils le suivaient,
et leur dit :
Que cherchez-vous ? »
Ils lui répondirent :
« Rabbi (c'est-à-dire : Maître), où demeures-tu ? »
Il leur dit :
«Venez,
et vous verrez. »
Ils l'accompagnèrent, ils virent où il demeurait,
et ils restèrent auprès de lui ce jour-là.
C'était vers quatre heures du soir.
André,
le frère de Simon-Pierre,
était l'un des deux disciples qui avaient entendu Jean Baptiste et qui avaient suivi Jésus.
Il trouve d'abord son frère Simon et lui dit : « Nous avons trouvé le Messie (autrement dit : le Christ).
André amena
son frère à Jésus.
Jésus posa son regard sur lui et dit :
« Tu es Simon, fils de Jean ; tu t'appelleras Képha » (ce qui veut dire : pierre).