Voir aussi
Les billets de l'abbé Christian Rodembourg
Voir aussi
Les billets de l'abbé Christian Rodembourg
APPROFONDIR NOTRE FOI CHRÉTIENNE

LES GESTES DE LA PRIÈRE !

Il y a de nombreux gestes variés et riches de sens dans notre liturgie chrétienne. Parfois, on croit qu'il n'existe que le geste que l'on pose par tradition ou par conviction personnelle tout en oubliant qu'à côté de ce geste précis qu'on affectionne tant, il en existe d'autres aussi riches et traditionnels, mais oubliés, mal compris voire délibérément ignorés... !

Cette semaine, j'aimerais découvrir ou redécouvrir avec vous - en ce temps pascal - une attitude tellement belle et riche de sens : être debout tout au long de la prière eucharistique, attitude extrêmement ancienne dans l'Église puisque saint Justin en parle déjà dans une Apologie au milieu du IIè. siècle ! Et, de son côté, dans son commentaire sur le psaume 133, saint Hilaire donne une savoureuse explication de la prière debout... celui qui prie debout court vers Dieu !

Dom Robert Legall la décrit comme étant la principale des attitudes liturgiques exprimant la disponibilité de l'homme à la rencontre avec son Dieu, son attention humble, son désir de rejoindre le Seigneur !

Ainsi, debout pour la prière eucharistique, nous établissons solidement notre fondement en Jésus après avoir écouté sa Parole et nous laissons jaillir l'action de grâce. Cette attitude démontre la vigilance et la disponibilité de notre corps et de notre coeur.

Dom Guy-Marie Oury, moine bénédictin, écrit que la prière debout, sans fléchir les genoux, est un signe de foi du chrétien en la résurrection du Christ. (...) La participation déjà acquise à la Résurrection et à l'Ascension du Christ invite le chrétien à prier debout. (...) La prière debout est donc une sorte d'anticipation sur l'éternité, les chrétiens étant, les dimanches et pendant tout le temps pascal, l'image des élus de l'Apocalypse.

Quant à Tertullien, dans son écrit intitulé De Corona (3,4), il considère comme interdit de jeûner et d'adorer à genoux le dimanche, et d'ajouter que nous jouissons de la même immunité de Pâques à la Pentecôte !

L'Église a retenu jusqu'à ce jour cette richesse de la tradition.

Pierre Dufresne dans Prions en Église de Juin 1999 renvoie au Bulletin national de liturgie (25) qui s'inspire de la présentation générale du Missel Romain (21) rappelant que lors de la consécration, les fidèles peuvent aussi rester debout et s'incliner après avoir regardé l'hostie et le calice. Il renvoie également au document Célébrer le Jour du Seigneur à la télévision qui sert de préparation pour les messes télévisées de Radio-Canada qui stipule que : Durant toute la prière eucharistique, il serait bon que l'assemblée se tienne debout, signe de résurrection. Au moment de l'élévation, tous regardent le pain, puis la coupe, et peuvent faire une inclination en même temps que le prêtre.