Homélies...
Accueil
«L'amour par-dessus tout»


Homélies













Jésus n'est pas venu nous sortir de notre condition terrestre, il a pris la nôtre pour nous montrer comment vivre une vie humaine et lui donner tout son sens.































Puisque vous avez été choisis par Dieu, que vous êtes ses fidèles et ses biens aimés, revêtez votre coeur de tendresse, de bonté, d'humilité, de douceur et de patience. Pardonnez si vous avez des reproches à vous faire.


















La société a aussi sa part à faire pour sauvegarder la famille et nous avons à veiller à ce qu'elle la fasse.




Homélie de la fête de la Sainte-Famille prononcée à l'église
Saint-François d'Assise le 30 décembre 2001

Après le départ des Mages, l'Ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit: «Lève-toi; prends l'enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu'à ce que je t'avertisse, car Hérode va rechercher l'enfant, pour le faire périr.» Joseph se leva; dans la nuit, il prit l'enfant et sa mère, et se retira en Égypte, où il resta jusqu'à la mort d'Hérode. Ainsi s'accomplit ce que le Seigneur avait dit par le prophète: D'Égypte, j'ai appelé mon fils.

Après la mort d'Hérode, I'Ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph en Égypte et lui dit. «Lève-toi; prends l'enfant et sa mère, et reviens au pays d'Israël, car ils sont morts, ceux qui en voulaient à la vie de l'enfant.» Joseph se leva, prit l'enfant et sa mère, et rentra au pays d'Israël. Mais, apprenant qu'Arkélaüs régnait sur la Judée à la place de son père Hérode, il eut peur de s'y rendre. Averti en songe, il se retira dans la région de Galilée et vint habiter dans une ville appelée Nazareth.

Ainsi s'accomplit ce que le Seigneur avait dit par les prophètes. Il sera appelé Nazaréen.


Dans l'atmosphère de Noël, dans les jours qui suivent le rappel de la nativité du  Seigneur, on célèbre la fête de la Sainte Famille.

Le mystère de l'incarnation, ce n'est pas seulement la naissance quelque peu mythique du petit Jésus. C'est Dieu qui apprend à être un homme comme n'importe qui d'entre nous.

On sait peu de chose sur la vie dite cachée de Jésus, mais assez pour savoir qu'il a vécu une vie normale. Jésus, le Fils de Dieu, a eu comme chacun de nous une famille, une famille que nous connaissons bien. Il a eu des parents, Marie et Joseph, des grands-parents, Anne et Joachim et des cousins, Jean-Baptiste, Jean, Jacques que l'Évangile appelle ses frères. Cette famille a connu ses joies, ses fêtes et ses épreuves. Nous la voyons dans l'Évangile de ce jour contrainte à l'exil comme bien des familles dans le monde aujourd'hui qui doivent abandonner leur pays et tous leurs biens. De retour en Israël, elle doit s'établir dans une ville inconnue comme bien des familles aujourd'hui déplacées à cause du travail. C'est dans cette famille que Jésus a été élevé. C'est là qu'enfant il a appris à marcher, à parler, à prier; qu'adolescent, il s'est initié au travail et à la vie en société; qu'adulte, il a exercé le métier laborieux d'un artisan. Toute sa vie, Jésus a été en relation avec sa famille. Sa mère et son cousin étaient au pied de sa croix. Jésus a voulu vivre notre vie et l'a vécue pleinement.

Il nous demande aujourd'hui d'assumer la nôtre. Je l'ai dit dans mon homélie de Noël, Jésus n'est pas venu nous sortir de notre condition terrestre, il a pris la nôtre pour nous montrer comment vivre une vie humaine et lui donner tout son sens. Il peut paraître difficile de prendre exemple sur la famille de Nazareth. Les situations de vie d'aujourd'hui sont bien différentes de celle du premier siècle; elles sont même différentes de celles d'il y a vingt ans. Saint Paul a écrit l'extrait de la lettre que nous avons lu en deuxième lecture vers l'an 50. Le modèle de famille qu'il propose est sans doute dépassé. Entre autres, il ne respecte pas une valeur sacrée de notre temps : l'égalité entre la femme et l'homme et avec raison, il nous agace beaucoup.

Ne cherchons pas dans les textes sacrés des modèles valables pour tous les temps, trouvons un Esprit, celui de Jésus. « Puisque vous avez été choisis par Dieu, que vous êtes ses fidèles et ses biens aimés, revêtez votre coeur de tendresse, de bonté, d'humilité, de douceur et de patience. Pardonnez si vous avez des reproches à vous faire. » C'est dans nos familles que nous avons d'abord à vivre cela. C'est chez nous qu'habite d'abord mon prochain et par le fait même qu'habite Jésus. « Ce que vous faites au moindre de ces petits, c'est à moi que vous le faites. » Les petits ne les cherchons pas à l'autre bout du monde quand ils demeurent chez nous. Le premier lieu de la présence de Dieu au temps de la vie terrestre de Jésus fut sa famille. Ça n'a pas changé. Le premier lieu de présence de Dieu aujourd'hui est notre famille.

Pour que Dieu vive chez nous et qu'il soit bien, il nous faut protéger la famille, entretenir la vie familiale. Chacun de nous a sa part à faire : grands-parents, parents, enfants. Nous n'avons à juger personne, nous avons à aimer tout le monde, nous avons à comprendre tout le monde. Il nous faut passer par-dessus les blessures, les offenses, les bêtises. Même quand ça n'a pas de bon sens, même quand ça va contre nos beaux principes.

La société a aussi sa part à faire pour sauvegarder la famille et nous avons à veiller à ce qu'elle la fasse. On est souvent loin de penser à la famille dans les politiques de nos gouvernements et de nos industries. Les horaires de travail et la charge que l'on impose à certains hommes et certaines femmes détruisent pratiquement toute possibilité de vie familiale. Dans l'industrie et dans les commerces, est-ce que l'on pense qu'en bouleversant les conditions de travail de quelqu'un, on bouleverse la vie d'une famille? Est-ce que l'on pense qu'en congédiant quelqu'un, on congédie ordinairement une famille? Je sais que lorsqu'on administre, on a des décisions difficiles et dérangeantes à prendre,  mais ces décisions, il faut les porter jusque dans sa conscience et les prendre en voyant toutes leurs conséquences, ce qu'on ne fait pas toujours. « Les personnes d'abord » est le mot d'ordre de Développement et Paix pour l'aide au Tiers-monde. Si c'est bon pour le Tiers-monde, ça doit être bon aussi pour nous.


Jean-Louis Auger