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Réflexion pour la fête du Saint-Sacrement
par l'abbé Léon Brillon

On ne parle plus beaucoup de la Fête-Dieu. Cela ne signifie pas que Jésus ne serait plus Dieu, Fils de Dieu, de même nature que le Père! On parle plutôt de la fête du Saint-Sacrement. Cela signifie que le pain est sacrement de la présence réelle de Jésus vivant, comme Jésus est lui-même sacrement de Dieu. Autrement dit, le pain eucharistique est un signe sensible qui nous permet de rencontrer Jésus vivant, aussi réellement que Jésus nous permet lui-même de rencontrer Dieu.

On ne fait plus beaucoup de processions dans les rues, le jour de la Fête-Dieu. Cela ne signifie pas que Jésus ne serait plus le Roi des rois, le Maître et le Seigneur!

Pour célébrer le Saint Sacrement, on choisit des moyens plus adaptés à notre monde pluraliste. Cela signifie qu'on tient beaucoup à être vrai dans les célébrations liturgiques et qu'on se rappelle que notre Maître n'a jamais voulu s'imposer: il s'est fait serviteur et non pas roi; et, s'il est roi, c'est par son Esprit qu'il veut régner plutôt que par la force.

On n'expose plus beaucoup le Saint Sacrement. Cela ne signifie pas que la présence réelle de Jésus ne serait plus signifiée par le pain.

On célèbre plus d'eucharisties que de Saluts du Saint Sacrement. Cela signifie qu'on désire s'unir à Jésus comme des membres à un corps et refaire avec lui le geste qu'il a fait. Cela signifie aussi qu'on veut se laisser animer par son Esprit, communier à ses sentiments, ses idées, ses désirs, prier et rendre grâce avec lui. Cela signifie surtout qu'on veut proclamer la mort de Jésus et annoncer son retour.

On ne communie plus beaucoup  sur la langue. Cela ne signifie pas que Jésus ne mériterait plus le respect qu'on doit à Dieu. On reçoit plutôt le pain dans la main. Cela signifie que Dieu s'est fait l'un des nôtres et qu'on désire l'accueillir comme un frère. Cela peut même aller jusqu'à signifier qu'on est prêt à travailler avec lui, «la main dans la main», à la transformation du monde selon le projet du Père, en se laissant vraiment conduire par son Esprit.

Il y a beaucoup d'autres réalités qu'on n'exprime pas comme autrefois... Et cela ne signifie pas qu'on soit arrivé à la perfection!

proposé par
Serge Lefebvre
Homélies
Donnez-leur vous-même à manger
Frères, moi, Paul, je vous ai transmis ce que j'ai reçu de la tradition qui vient du Seigneur: la nuit même où il était livré, le Seigneur Jésus prit du pain, puis, ayant rendu grâce, il le rompit et dit: «Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi. » Après le repas, il fit de même avec la coupe en disant: «Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi. -Ainsi donc, chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez à cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne.