Lui qui était dans la condition de Dieu,
il n'a pas jugé
bon de revendiquer son droit
d'être traité
à l'égal
de Dieu ;
mais au contraire,
il se dépouilla lui-même
en prenant la condition de serviteur.
Devenu semblable aux hommes
et reconnu comme un homme à son comportement
il s'est abaissé lui-même
en devenant obéissant jusqu'à mourir,
et à mourir sur une croix.
C'est pourquoi Dieu l'a élevé
au-dessus de tout ;
il lui a conféré
le Nom
qui surpasse
tous les noms,
afin qu'au
Nom de Jésus,
aux cieux,
sur terre et dans l'abîme,
tout être vivant tombe à genoux,
et que toute langue proclame :
« Jésus Christ est le Seigneur »,
pour la gloire de Dieu le Père.
À nous pleins d'agressivité,
la douceur, aujourd'hui, s'appelle la tendresse.
Et en prenant le risque de vivre la tendresse,
je vis dangereusement.
Essayez ! ... vous serez heureux.
À nous les nantis, les vainqueurs, les gens de la réussite,
la justice, aujourd'hui, s'appelle aussi la solidarité, la fraternité, le partage.
Et en prenant le risque de vivre la solidarité, la fraternité, le partage,
je vis dangereusement.
Essayez ! ... et vous serez heureux.
À nous aux moeurs légères et contaminées par la corruption et la facilité,
la pureté s'appelle aussi, aujourd'hui, la franchise, la transparence.
Et en prenant le risque de vivre la franchise, la transparence,
je vis dangereusement.
Essayez ! ... vous serez heureux.
À nous les semeurs de zizanie, de violence et de rivalités,
la paix, aujourd'hui, s'appelle aussi le développement, la chance, pour que l'autre trouve sa place.
Et en prenant le risque de travailler au développement et de permettre à l'autre de prendre toute sa place,
je vis dangereusement.
Essayez ! ... et vous serez heureux.
Normand Barré
Réflexion pour le dimanche des Rameaux B
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 14, 1-39
La fête de la Pâque et des pains sans levain allait avoir lieu dans deux jours. Les chefs des prêtres et les scribes cherchaient le moyen d'arrêter Jésus par ruse, pour le faire mourir. Car ils se disaient : « Pas en pleine fête, pour éviter une émeute dans le peuple. »
Jésus se trouvait à Béthanie, chez Simon le lépreux. Pendant qu'il était à table, une femme entra, avec un flacon d'albâtre contenant un parfum très pur et de grande valeur. Brisant le flacon, elle le lui versa sur la tête. Or, quelques-uns s'indignaient : « A quoi bon gaspiller ce parfum ? On aurait pu le vendre pour plus de trois cents pièces d'argent et en faire don aux pauvres. » Et ils la critiquaient. Mais Jésus leur dit : « Laissez-la ! Pourquoi la tourmenter ? C'est une action charitable qu'elle a faite envers moi. Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous, et, quand vous voudrez, vous pourrez les secourir ; mais moi, vous ne m'aurez pas toujours. Elle a fait tout ce qu'elle pouvait faire. D'avance elle a parfumé mon corps pour mon ensevelissement. Amen, je vous le dis : Partout où la Bonne Nouvelle sera proclamée dans le monde entier, on racontera, en souvenir d'elle, ce qu'elle vient de faire. »
Judas Iscariote, l'un des Douze, alla trouver les chefs des prêtres pour leur livrer Jésus. A cette nouvelle, ils se réjouirent et promirent de lui donner de l'argent. Dès lors Judas cherchait une occasion favorable pour le livrer.
Le premier jour de la fête des pains sans levain, où l'on immolait l'agneau pascal, les disciples de Jésus lui disent : « Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour ton repas pascal ? » Il envoie deux disciples : « Allez à la ville ; vous y rencontrerez un homme portant une cruche d'eau. Suivez-le. Et là où il entrera, dites au propriétaire : 'Le maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples ?' Il vous montrera, à l'étage, une grande pièce toute prête pour un repas. Faites-y pour nous les préparatifs. » Les disciples partirent, allèrent en ville ; tout se passa comme Jésus le leur avait dit ; et ils préparèrent la Pâque.
Le soir venu, Jésus arrive avec les Douze. Pendant qu'ils étaient à table et mangeaient, Jésus leur déclara : « Amen, je vous le dis : l'un de vous, qui mange avec moi, va me livrer. » Ils devinrent tout tristes, et ils lui demandaient l'un après l'autre : « Serait-ce moi ? » Il leur répondit : « C'est l'un des Douze, qui se sert au même plat que moi. Le Fils de l'homme s'en va, comme il est écrit à son sujet ; mais malheureux celui qui le livre ! Il vaudrait mieux pour lui qu'il ne soit pas né. »
Pendant le repas, Jésus prit du pain, prononça la bénédiction, le rompit, et le leur donna, en disant : « Prenez, ceci est mon corps. » Puis, prenant une coupe et rendant grâce, il la leur donna, et ils en burent tous. Et il leur dit : « Ceci est mon sang, le sang de l'Alliance, répandu pour la multitude. Amen, je vous le dis : je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu'à ce jour où je boirai un vin nouveau dans le royaume de Dieu. »
Après avoir chanté les psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers. Jésus leur dit: « Vous allez tous être exposés à tomber, car il est écrit : Je frapperai le berger, et les brebis seront dispersées. Mais, après que je serai ressuscité, je vous précéderai en Galilée. » Pierre lui dit alors : « Même si tous viennent à tomber, moi, je ne tomberai pas. » Jésus lui répond : « Amen, je te le dis : toi, aujourd'hui, cette nuit même, avant que le coq chante deux fois, tu m'auras renié trois fois. » Mais lui reprenait de plus belle : « Même si je dois mourir avec toi, je ne te renierai pas. » Et tous disaient de même.
Ils parviennent à un domaine appelé Gethsémani. Jésus dit à ses disciples : « Restez ici ; moi, je vais prier. » Puis il emmène avec lui Pierre, Jacques et Jean, et commence à ressentir frayeur et angoisse. Il leur dit : « Mon âme est triste à mourir. Demeurez ici et veillez. » S'écartant un peu, il tombait à terre et priait pour que, s'il était possible, cette heure s'éloigne de lui. Il disait : « Abba... Père, tout est possible pour toi. Éloigne de moi cette coupe. Cependant, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux ! » Puis il revient et trouve les disciples endormis. Il dit à Pierre : « Simon, tu dors ! Tu n'as pas eu la force de veiller une heure ? Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation : l'esprit est ardent, mais la chair est faible. » Il retourna prier, en répétant les mêmes paroles.
Il n'est pas nécessaire d'ajouter beaucoup à ce texte. Une chose cependant mérite qu'on s'y arrête un peu : l'échec apparent de Jésus.
Qui de nous n'a pas rencontré l'échec ? un examen raté, une relation brisée , une demande d'emploi qui se termine par "on vous écrira " ... Plus on a mis de coeur dans un projet, plus l'échec risque de nous briser, de nous décourager. Plus encore, tous nos projets sont futiles puisqu'un jour nous mourrons!
Dès la naissance de Jésus, il y a eu le massacre des innocents. Sa prédication échoue souvent. Jésus n'arrive pas à aider des gens de bonne volonté à faire le saut dans l'inconnu pour le suivre, tel...le jeune homme riche. Jésus se heurte à la mauvaise foi, au racisme. Ses disciples ont été lents à comprendre et un l'a renié. Jésus est arrêté et mis à mort. Et pourtant, devant tous ces échecs, Jésus reste libre et n'a jamais baissé les bras : pourquoi ?
St Paul dans la deuxième lecture, décrit l'attitude de Jésus dans sa vie et sa passion: se dépouiller de ses propres intérêts, de ses propres peurs et de ses propres besoins pour le salut des autres; chercher à consoler les coeurs brisés et à réconforter ceux qui sont désespérés malgré ses propres misères; poursuivre sa route en espérant malgré le rejet de son peuple, l'humiliation et la souffrance. C'est ce que le Christ a fait. Qui dira encore que se passion fut un échec? Les 2003 ans d'histoire chrétienne sont là pour le démontrer.
Jésus a annoncé le royaume de Dieu, ouvert à tous les hommes et toutes les femmes. Il a parlé du royaume de Dieu, il l'a fait découvrir. C'est notre mission de chercher ensemble à agir pour l'avancement du royaume de Dieu. En agissant par amour, sans calculer, sans intérêt de domination, on fait toujours ce qui est juste. C'est le seul moyen pour répandre la bonne nouvelle du Christ. Le péché nous empêche de répandre la bonne nouvelle. Le péché ce sont toutes les attitudes, les choses qui ne vont pas dans le sens de l'amour de Dieu. Ce sont les fautes, les rejets, les événements de nos vies où n'avons pas agi selon la parole de Dieu. Ce sont toutes les fois ou nous n'avons pas pu pardonner, ou nous n'avons pas accepté Dieu dans notre vie, ou nous nous sommes pris pour Dieu.
La célébration de la semaine sainte nous invite à épouser l'attitude de Jésus. C'est une attitude de compassion et d'abandon pour être les serviteurs de Dieu en étant au service les uns des autres.
Serge Lefebvre