La Résurrection
c'est bien plus qu'une vie
après la mort,
qu'un simple
retour à la vie.
C'est une vie
pour aujourd'hui.
La Résurrection
ce n'est pas une explication
de la mort
et de l'après-mort.
La Résurrection
c'est Quelqu'un,
Dieu en
Jésus de Nazareth
venu vivre
chaque jour
la Résurrection,
nous révéler
que la vie a
le dernier mot,
si nous le voulons.
La Résurrection
c'est l'aventure,
le combat, l'engagement
du don de sa vie chaque jour.
La Résurrection
c'est recommencer l'histoire de la vie chaque matin,
c'est s'atteler
à la tâche
de repousser toujours un peu plus les frontières
de la mort.
La Résurrection,
c'est l'histoire de toute la vie
de Jésus,
Jésus a vécu
en ressuscité.
Vivre la Résurrection aujourd'hui
c'est accueillir et redonner confiance aux rejetés
de la société :
les malchanceux, ceux qui ont
des handicaps,
ceux qui sont seuls, les clochards,
les chômeurs.
En ne craignant
pas de
nous engager
à la suite de Jésus dans les mêmes causes que lui,
en tendant
comme lui
la main
aux exclus
et aux réprouvés,
en mettant fermement nos pas dans la trace
de ses pas,
nous vivons de sa vie.
Pâques,
c'est une histoire
qui se passe aujourd'hui,
dans nos rues,
parce que la Galilée c'est la rue
de nos villes,
c'est l'atelier de l'usine,
c'est le bureau de travail,
c'est une cellule de prison,
c'est la chambre d'hôpital
Pâques
c'est une orientation nouvelle
de ma vie.
Réflexion pour le matin de Pâques A-B-C
Jean 20, 1-9
Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin, alors qu'il fait encore sombre. Elle voit que la pierre a été enlevée du tombeau. Elle court donc trouver Simon-Pierre et l'autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l'a mis.»
Pierre partit donc avec l'autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble, mais l'autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il voit que le linceul est resté là ; cependant il n'entre pas. Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau, et il regarde le linceul resté là, et le linge qui avait recouvert la tête, non pas posé avec le linceul, mais roulé à part à sa place.
C'est alors qu'entra l'autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut. Jusque-là, en effet, les disciples n'avaient pas vu que, d'après l'Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d'entre les morts.
Sans doute la fête de Noël est plus populaire, mais c'est la fête de Pâques qui est la plus importante pour nous, chrétiens. Elle est la fête chrétienne la plus ancienne et la fête centrale de l'année liturgique. Elle célèbre la résurrection du Christ, sa victoire sur la mort. Sans la foi dans la résurrection, il n'y aurait pas de christianisme. L'église chrétienne n'aurait jamais commencé; le mouvement de Jésus se serait estompé comme de la vapeur en même temps que son exécution. Le christianisme subsiste ou s'écroule avec la vérité de la résurrection. C'est la bonne nouvelle de la victoire de la vie.
L'évangile nous raconte que le dimanche matin, les disciples de Jésus ont trouvé son tombeau vide. La pierre qui semblait fermer définitivement le tombeau, qui semblait réduire à rien une aussi belle espérance, cette pierre est roulée. Jésus est ressuscité, c'était donc vrai, la Vie est possible !
Comment expliquer le tombeau vide? Qui a roulé la pierre du tombeau ? Jésus ne s'est pas présenté à quelques-uns seulement, mais à beaucoup, et les témoignages de ces personnes s'accordent! Si les apparitions du Christ avaient été de simples visions, elles n'auraient pas eu d'effets si durables et si fulgurants. Les visions auraient laissé la place à la dépression. Mais, il n'y a pas des témoins de la résurrection, il n'y a que des témoins du ressuscité. Il n'y a pas de preuves matérielles de la résurrection, il y a la foi de ceux qui ont expérimenté Jésus ressuscité. Les preuves ne sont probantes que pour celui qui est déjà convaincu. La résurrection a transformé la vie des disciples. Au lieu de la dépression, les disciples ont été changés après la résurrection. Ils ont été convaincus par l'Esprit de Dieu.
Pâques c'est la vie, c'est le renouveau : tout devient possible. Pâques, c'est la fête de toutes celles et tous ceux qui, d'une manière ou d'une autre, témoignent pour la vie contre toutes les formes de morts. Mais, en ce matin de Pâques, nous éprouvons à la fois joie et douleur: la joie de célébrer la Résurrection, et la douleur parce que nous nous trouvons face au mystère du mal sur notre terre: la haine, les démolitions, les humiliations et les meurtres. Les chefs de cette terre ne marchent pas, en ces jours, selon les lois de Dieu, mais selon des visions de mort qui leur sont propres. La grâce de la Résurrection doit renouveller tous nos rapports avec Dieu et avec toute personne humaine. Et que chacun remplisse son rôle dans ce long combat, afin d'y introduire une vie nouvelle et une force nouvelle qui est celle de l'esprit. Car dans ce combat c'est la dignité de l'homme qui est bafouée et la vie humaine n'a plus de valeur.
Un clochard s'est mis à chanter dans le fond du wagon du métro. À la station suivante, trois filles montent en riant et l'une d'elles lance au pauvre clochard sur un ton ironique et plaisantin. «Allez, chante une chanson et tu auras quelque chose!» L'homme a souri tristement. Et la fille d'insister: «Allez, chante encore; deux chansons, deux fois quelque chose! » Le clochard s'est éloigné vers l'autre bout du compartiment...
Alors, une voix s'est fait entendre, une voix ferme est montée parmi les gens dans le compartiment: «C'est beaucoup de mépris pour le malheur!» C'était une voix de femme qui s'adressait à une autre femme. La fille, un moment interloquée, renvoie avec colère l'apostrophe: «Qu'est-ce qu'elle veut celle-là ? On t'a rien demandé à toi !»
Et la dame de reprendre calmement «Ce n'est pas la peine de me tutoyer, mademoiselle. J'ai simplement dit: «C'est beaucoup de mépris pour le malheur.» Essayez de comprendre ! » Dans le compartiment ce jour-là, nous avons senti qu'il se passait quelque chose de grand. Et me rappelant cet événement, je me disais: «Pâques était au rendez-vous, ce jour-là. Dieu est ressuscité, Il est vivant.»
Justement la Résurrection c'est bien plus qu'une vie après la mort. C'est une vie pour aujourd'hui. Pas juste une vie après la mort, mais contre la mort. La Résurrection n'est pas une explication de la mort et de l'après-mort. La Résurrection c'est Quelqu'un, Dieu avec nous aujourd'hui, Dieu en Jésus de Nazareth venu vivre chaque jour la Résurrection, nous révéler que la vie a le dernier mot, si nous le voulons. La Résurrection c'est l'aventure, le combat, l'engagement du don de sa vie chaque jour, c'est recommencer l'histoire de la vie chaque matin, c'est s'atteler à la tâche de repousser toujours un peu plus les frontières de la mort. C'est l'histoire de toute la vie de Jésus, Jésus a vécu en ressuscité et c'est en le regardant que je comprends un peu mieux la Résurrection. Jésus casse les tabous, fissure les consciences trop sûres d'elles-mêmes, fait écrouler les préjugés, ébranle les pouvoirs abusifs et les institutions sclérosées.
Quand Jésus partage le repas avec les pécheurs, les exclus, quand il cueille Zachée dans son arbre, il leur redonne confiance en eux. C'est ça vivre la Résurrection. Aujourd'hui c'est accueillir et redonner confiance aux rejetés de la société: les malchanceux, ceux qui ont des handicaps, ceux qui sont seuls, les clochards, les chômeurs.
Quand Jésus demande à boire à la Samaritaine, c'est toutes les ethnies qu'il accueille.
Quand Jésus dénonce les attitudes rigides et autoritaires des pharisiens, c'est contre tous ceux qui se font les juges et les propriétaires des autres, c'est contre tous les gourous du monde qu'il s'en prend. Il défend la liberté, c'est ça vivre la Résurrection.
Quand Jésus dit les béatitudes, il prend la défense de l'homme et vient dénoncer tous les bonheurs illusoires, il écrit la charte des droits de l'homme.
Quand Jésus... et quand toi tu prends la relève à la suite de jésus et que tu chantes la vie, Pâques s'appelle Aujourd'hui.
(un texte de Normand Barré)
Nous qui croyons en la force et la gloire de la Résurrection, notre rôle est de garder vivante en nous l'espérance. Avec Jésus nous sommes ressuscités. C'est la Bonne Nouvelle de Pâques. Ce n'est pas une promesse pour après la mort. C'est une réalité pour aujourd'hui, accessible seulement à ceux qui vivent de Jésus ressuscité, qui consentent à entrer dans cette expérience de vie nouvelle. Ce tombeau ouvert ouvre notre esprit et notre cur. Notre mémoire prend vie et reprend vie. Allons parmi les peuples du monde et proclamons la paix !
Serge Lefebvre
d'après diverses sources