Homélies...
«Un peuple en marche»



Car j'ai eu faim
et vous m'avez donné à manger ;

j'ai eu soif
et vous m'avez donné à boire;

j'étais étranger
et vous m'avez recueilli;

j'étais nu et vous m'avez vêtu;

j'étais malade et
vous m'avez visité ;

j'étais en prison et vous êtes venus vers moi.



Les justes lui répondront :


Seigneur,
quand t'avons-nous vu avoir faim
et t'avons-nous donné à manger ;

ou avoir soif et t'avons-nous donné
à boire?


Quand t'avons-nous vu étranger et t'avons-nous
recueilli ;


ou nu et t'avons-nous vêtu?


Quand t'avons-nous vu malade
ou en prison
et sommes-nous allés vers toi?


Et le roi leur répondra :
Je vous le dis
en vérité,
toutes les fois
que vous avez faits ces choses
à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi
que vous les avez faites.

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Nous sommes tous en situation d'accompagner
et d'écouter.

Jusqu'où aller avec l'autre ?

Ceux qui écoutent, qui accueillent, prennent le chemin de ceux qui viennent, car nous avons toujours à nous faire exister.


Comment allons-nous porter
le témoignage
de l'Évangile
chez nous aujourd'hui  ?




Réflexion pour le septième dimanche de Pâques B

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (17, 11-19)

Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi. Père saint, garde mes disciples dans la fidélité à ton nom que tu m'as donné en partage, pour qu'ils soient un, comme nous-mêmes. Quand j'étais avec eux, je les gardais dans la fidélité à ton nom que tu m'as donné. J'ai veillé sur eux, et aucun ne s'est perdu, sauf celui qui s'en va à sa perte de sorte que l'Écriture soit accomplie.  Et maintenant que je viens à toi, je parle ainsi, en ce monde, pour qu'ils aient en eux ma joie, et qu'ils en soient comblés. Je leur ai fait don de ta parole, et le monde les a pris en haine parce qu'ils ne sont pas du monde, de même que moi je ne suis pas du monde. Je ne demande pas que tu les retires du monde, mais que tu les gardes du Mauvais.  Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. Consacre-les par la vérité : ta parole est vérité. De même que tu m'as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. Et pour eux je me consacre moi-même, afin qu'ils soient, eux aussi, consacrés par la vérité.

Les disciples, comme nous chrétiens, vivent dans le monde, mais ne s'y trouvent pas. De quel monde le texte parle-t-il ?

Quand Jean rapporte la parole de Jésus  « Je me consacre moi-même afin qu'ils soient consacrés par la vérité », qu'est-ce que ça veut dire?

Jean fait simplement dire à Jésus « Je dis et je fais la vérité sans concession. » 
Jésus va quitter le monde pour rejoindre son Père. Les disciples sont dans le monde, et y restent. Ses apôtres doivent faire la volonté du Père. Mais Dieu est respectueux de notre liberté, il veut notre collaboration consciente. C'est ainsi que Dieu nous consacre, nous sanctifie, en nous faisant participer librement à sa vie.

Nous habitons dans un monde matériel, physique, celui que nos sens reconnaissent. C'est le monde que les hommes et les femmes habitent, peuplent, gèrent et qu'ils exploitent. C'est le monde qui est habité, empli de nos valeurs, de nos espoirs, de nos motivations, de nos mythes, de nos cultures. Les disciples et les chrétiens vivent dans ce monde. Nous en sommes dépendants, mais nous n'en sommes pas dépendants parce que c'est l'Esprit qui fait agir les disciples et nous les chrétiens. Ce n'est pas l'esprit matérialiste de ce monde, c'est l'esprit de Dieu, c'est sa parole de vérité, celle qui les sanctifie.

Dieu ne conduit ni le monde, ni l'histoire.  Il laisse la liberté aux hommes et aux femmes. Il envoie ses disciples  dans le monde mais ils ne sont pas des élus qui devraient diriger le monde. Les disciples ne sont pas non plus envoyés dans le monde pour servir le monde,  pour se conformer au monde et à ses exigences. Ils ne sont pas envoyés dans le monde pour entrer dans un système qui serait basé sur des considérations uniquement humaines, sur des principes du monde.

Le service des disciples, le service de l'Église peut être appelé service des hommes, mais uniquement s'il ne s'appuie pas sur la logique du monde. Les disciples sont envoyés dans le monde comme des témoins de Dieu, des témoins de Dieu dans le monde, devant le monde. Bien sûr que ce témoignage, lorsqu'il est manifesté en actes, est un service aux hommes, mais conduit par la parole de vérité, pas par la demande des hommes.

Le simple fait de la présence, de la parole, des actes des disciples est pour le monde une provocation. Ce sont des anormaux, des asociaux, qui vivent hors de la logique, hors du système généralement admis. Leur simple existence est déjà une mise en cause du système.

Apparaissons-nous comme des provocateurs, des empêcheurs de tourner en rond ? Où en est notre témoignage en parole et en actes ? Où en est notre prise de conscience de notre mission, de notre envoi ? Est-ce que nous nous considérons comme des envoyés de Dieu, que nous sommes ?  Une question se pose: témoigner de quoi au juste ? Nous sommes invités à dire tout haut ce que nous aurions entendus « dans le creux de l'oreille.» Le message que Jésus confiait à ses apôtres dans l'intimité ou aux foules venues l'entendre, les Évangiles le proclament. Ce message, nous devons le faire connaître jusqu'aux extrémités de la terre.

Les chrétiens ne peuvent pas vivre comme tout le monde ; nous sommes appelés à suivre le Christ. Dans une société en mutations rapides, nous devons sans relâche réfléchir pour voir comment nous pouvons remplir au mieux notre mission dans ce monde en devenir.  Ce n'est pas l'unité d'un territoire ou d'une confession religieuse ou d'une ethnie ou d'une idéologie religieuse ou politique qui est à rechercher. Il faut rechercher la disposition d'écoute Il faut se préoccuper davantage du prochain souffrant, chrétien ou non,  se déplacer de telle sorte que nous donnions espérance, que nous suscitions bienveillance là où ne règne que scepticisme ou amertume.

Les églises se vident, les prêtres sont peu nombreux, le territoire est précaire, mais la parole vaut plus que toutes les installations et inaugurations. Cette pauvreté reconstituée est comme une nouvelle avancée de la vie de chacun et il se peut, chaque jour, que des vivants se retrouvent à se restaurer ensemble là où il n'y avait que détresse, et à partager la nourriture de la promesse et la joie de la parole retrouvée.

La relation que Dieu veut établir avec chaque homme, et avec l'humanité, n'est pas une relation de jugement, de condamnation, mais une relation de grâce, d'amour. La vérité de Dieu, si elle apporte la lumière et révèle bien des choses, n'est pas là pour condamner, mais pour donner la vie. Et la mort est là, et la haine est là, quand cette lumière est refusée, quand la grâce est refusée, quand l'amour est refusé.

d'après diverses sources