Homélies...
Accueil
Homélies
«La vraie vigne : En dehors de moi, vous ne pouvez rien faire »



Après sa conversion, Paul vint
à Jérusalem.


Il cherchait
à entrer dans le groupe des disciples, mais tous avaient peur de lui,
car ils ne pouvaient pas croire
que lui aussi
était un
disciple du Christ.




Alors Barnabé le prit avec lui et le présenta
aux Apôtres ;
il leur raconta ce qui s'était passé :
sur la route, Paul avait vu le Seigneur, qui lui avait parlé ;
à Damas, il avait prêché avec assurance au nom de Jésus.




Dès lors,
Paul allait et venait dans Jérusalem avec les Apôtres,
prêchant avec assurance au nom du Seigneur.




Il parlait aux Juifs de langue grecque, et discutait avec eux.



Mais ceux-ci cherchaient à le supprimer.



Les frères
l'apprirent ;
alors ils l'accompagnèrent jusqu'à Césarée,
et le firent partir
pour Tarse.



L'Église était
en paix dans
toute la Judée,
la Galilée
et la Samarie.



Dans la crainte du Seigneur,
elle se construisait
et elle avançait ;
elle se multipliait avec l'assistance
de l'Esprit Saint.



Réflexion pour le cinquième dimanche de Pâques B


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (15, 1-8)

À l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : «Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l'enlève ; tout sarment qui donne du fruit, il le nettoie, pour qu'il en donne davantage. Mais vous, déjà vous voici nets et purifiés grâce à la parole que je vous ai dite : 'Demeurez en moi, comme moi en vous'. De même que le sarment ne peut pas porter du fruit par lui-même s'il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi. Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi, et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est comme un sarment qu'on a jeté dehors, et qui se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voudrez, et vous l'obtiendrez. Ce qui fait la gloire de mon Père, c'est que vous donniez beaucoup de fruit : ainsi, vous serez pour moi des disciples ».

« En dehors de moi, vous ne pouvez rien faire ». Au moyen-âge on a utilisé abondamment cette citation pour justifier de brûler  les juifs, les sorciers et sorcières, les hérétiques et autres déviants: «  On les jette au feu et ils brûlent. » Autrement dit: Hors de l'Église, pas de salut. Cette parabole n'a vraiment pas ce sens. Elle parle de relations à construire en Dieu et en nous, entre Jésus et nous. Ce sont des images de vie, de croissance enracinées dans la création, dans la nature. Au temps de Jésus comme au nôtre, ces images nous conduisent au fondement de nous-mêmes.

« En dehors de moi, vous ne pouvez rien faire ». Cette parole va un peu à l'encontre de notre manière spontanée de concevoir les choses. Nous avons plutôt l'impression que notre salut, la réalisation de notre vie chrétienne dépendent surtout de nos efforts, de tous ces mille instants de nos journées où nous essayons de conformer notre agir à la volonté de Dieu. Nous avons l'impression que la réussite de notre vie dépend de notre libre adhésion à ce que Dieu attend de nous, de notre adhésion à ses commandements, à sa Loi.  Mais la volonté humaine est fragile et faible.  Le salut ne peut venir que de la grâce de Dieu.  C'est  le coup de pouce pour franchir les moments difficiles, pour nous aider à  mener notre vie, à utiliser notre libre arbitre. Rien de valable ne pourrait sortir de nous si nous étions livrés à nos propres forces. Seule la grâce de Dieu peut nous sauver.

« En dehors de moi, vous ne pouvez rien faire ». Cela ne se traduit pas par une autre  version simpliste : au fond c'est Dieu qui fait tout et nous n'avons qu'à le laisser faire . Dieu n'est pas comme une sorte de metteur en scène qui a écrit d'avance tout le scénario dans lequel nous n'avons qu'à exécuter notre rôle.
Dieu,  loin de s'imposer à nous, nous invite à une relation vécue en toute liberté.
L'homme  et Dieu ne s'affrontent pas.  Le Dieu qui nous est révélé dans la Bible est un Dieu de bonté et de justice. Dieu est à côté de nous, en toute chose. Dieu n'est pas à notre égard comme un rival qui lutterait d'influence avec nous. Dieu nous enveloppe de sa présence aimante. Nous surgissons du coeur même de Dieu. Jésus s'exprime ainsi : « Je suis la vigne, vous êtes les sarments », c'est-à-dire : « Je suis le tout de la vigne et vous, vous êtes les sarments de cette vigne. Vous êtes dans la vigne, c'est-à-dire vous êtes en moi ». Ces liens entre Dieu et nous, entre Jésus et nous, ne sont pas tissés pour nous écraser et, à la limite, pour nous condamner. Comme toute relation humaine vraie et significative, ces liens ne peuvent se construire dans la peur de l'autre et dans l'angoisse. Ils se construisent dans ce qui, en nous, aspire à la vie.

Dieu veut que nous soyons une partie de son Royaume qui porte des fruits - mais il veut aussi que nous employions la foi qu'il nous a donnée pour accomplir plus que ce que nous pouvons faire par nos seuls moyens. Nous sommes libres parce que nous jaillissons  des mains de Dieu. Perpétuellement, Dieu nous crée, Dieu nous fait vivre et exister. Ce que Dieu veut pour nous, c'est notre bonheur et notre liberté.  Il nous veut des partenaires dynamiques.

Ce que nous souhaitons pour nos communautés paroissiales, c'est qu'elles se développent, qu'elles croissent toujours davantage, et qu'elles portent du fruit en abondance. La réalité de nos situations, souvent difficiles, nos manques de moyens, les difficultés financières que nous connaissons parfois, sont autant d'occasions de nous faire perdre courage, et de baisser les bras. La distance qui sépare l'idéal d'Eglise que nous pouvons avoir et les situations réelles et concrètes que nous connaissons peut en décourager plus d'un. L'Evangile d'aujourd'hui  nous encourage à aller de l'avant, et à relever le défi de la foi, sachant bien que notre force et notre dynamisme, notre vitalité dépendent, en définitive, de notre seul enracinement en Jésus, la vraie vigne, et le Chef de l'Eglise.

Jésus est la vigne et nous sommes les sarments portés par lui greffés sur lui, vivants par lui. Quand nous prenons conscience que Dieu traverse notre vie, il y a ouverture. Reliés à Dieu, notre vie est destinée à croître.

Quand un ami traverse ma vie, ma vie se remet à vivre. (Normand Barré)


Serge Lefebvre
d'après diverses sources