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«Le bon pasteur»




À côté
des
églises vides
et des
comités de pastorale qui tombent,
il y a des Églises
qui se bâtissent
avec des pierres vraiment vivantes.










À côté des enfants qu'on fait baptiser pour le folklore,
il y a des parents
qu choisissent
Jésus
et son Église,
et il y a
des services
de pastorale
du baptême
qui se développent hardiment,
et il y a des communautés
qui prennent
de plus et plus
en charge
leurs baptisés.








À côté des chrétiens qui «assistent»
à la messe,
il y a tous ceux
qui se rassemblent pour se rencontrer
et célébrer
leur Dieu.




À côté
de ceux
qui veulent
faire taire
les enfants
pour prier
tout seul,
il y a ceux
qui se penchent
vers eux
et leur
apprennent
à prier.



Il y a tout cela
dans notre Église
et bien d'autres merveilles encore

Léon Brillon
Réflexion pour le quatrième dimanche de Pâques B


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 10, 11-18

Je suis le bon pasteur, le vrai berger. Le vrai berger donne sa vie pour ses brebis. Le berger mercenaire, lui, n'est pas le pasteur, car les brebis ne lui appartiennent pas : s'il voit venir le loup, il abandonne les brebis et s'enfuit ; le loup s'en empare et les disperse. Ce berger n'est qu'un mercenaire, et les brebis ne comptent pas vraiment pour lui. Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît, et que je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis.

J'ai encore d'autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie : celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur.  Le Père m'aime parce que je donne ma vie pour la reprendre ensuite.  Personne n'a pu me l'enlever : je la donne de moi-même. J'ai le pouvoir de la donner, et le pouvoir de la reprendre : voilà le commandement que j'ai reçu de mon Père. » 

Il  faut parfois écarter certaines images saintes, celles qui forment un écran entre Dieu et nous, entre Jésus et nous. L'image du Bon Berger est une de ces images. Non pas l'image que Jésus nous a donné dans l'évangile, non pas celles du Bon Berger qui donne sa vie, c'est à dire de Jésus crucifié, mais celle du Bon Berger romantique, caressant ses brebis, les laissant se blottir dans ses bras, cette image qui s'adresse à nos désirs les plus infantiles d'être protégés, bercés, cajolés !

"Je suis le bon berger" . En disant cela, Jésus signifie à ses auditeurs: "Je suis Dieu", rien de moins que Dieu lui même, venant en personne pour paître son troupeau. Et ses auditeurs ne s'y sont pas trompés, car à la fin du chapitre ils apportent des pierres en vue de le lapider pour blasphème. Jésus ne se contente pas de l'affirmer. Il nous donne des signes pour le reconnaître.

Jésus est le vrai berger ou le bon berger, et non pas un mercenaire, parce qu'il prend totalement en charge ses brebis. Il court pour eux tous les risques et va jusqu'à mourir pour elles. Le mercenaire, celui qui cherche son intérêt, celui qui ne s'y intéresse que pour l'argent, celui-là n'y engage rien de lui-même. Il ne crée pas de liens, de liens personnels.

Jésus est le bon berger parce qu'il a une connaissance intime de toutes ses brebis, comme qu'il a avec le Père. Jésus dit "je connais mes brebis". Et il les connaît du même amour personnel par lequel il connaît son Père. Cette connaissance est une relation d'amour total et absolument gratuit car elle le conduit jusqu'à se dessaisir de sa vie pour ses brebis.

Jésus est le vrai berger parce qu'il n'y a pas de limites à son troupeau dont toute l'humanité doit un jour faire partie. Jésus parle de brebis qui lui appartiennent mais ne sont pas de cette bergerie.  Même si elles ne sont pas du même bercail, elles sont "siennes" et il doit aussi les guider.  Un jour viendra, à un moment que personne ne connaît ni ne peut prévoir, où il y aura un seul troupeau et un seul pasteur.

Jésus est le vrai et bon berger dans le sommet de son engagement, de son passage pascal. Jésus se dit totalement disponible pour donner sa vie pour ses brebis, et cette disponibilité, en absolue pauvreté, lui permet de reprendre sa vie. Jésus aime en  engageant son coeur jusqu'au bout, il aime d'une connaissance personnelle. Son amour est un amour qui s'est fait vulnérable, un amour qui s'est livré.

Il y a un seul commandement, un seul, c'est qu'il n'y ait plus deux orientations de notre cur qui se disputent notre temps et notre attention, C'est qu'il n'y ait plus deux amours mais un seul.  Il n'y a qu'un seul commandement: "Aimez vous les uns les autres, comme je vous ai aimés"

Ces signes de l'amour qui vient de Dieu, nous devons les reproduire dans notre amour des autres. En fin de semaine dernière se vivait un camp de confirmation avec 37 jeunes. Tous ont fait  leur première communion et veulent être confirmés. Nous avons parlé des témoins de Dieu dans notre vie.  En les interpellant sur ce qu'ils voudraient faire plus tard, il est clair que la vocation ne fait pas partie de leurs souhaits profonds. Même à Pâques le message du Christ demeure résolument absent de la radio et de la télé.

On ne cesse pas de parler de crise des vocations. Il manque  de milieux porteurs qui pourraient faciliter l'accueil et le oui à l'appel de Dieu. Portons dans notre prière d'une façon particulière, en ce jour, tous ceux et celles qui imitent le bon berger de l'Évangile, et se consacrent à la communauté : les prêtres et agent(es) de pastorale en particulier.  Prions aussi pour que tous ceux et celles qui ont reçu de telles  responsabilités résistent à la tentation d'agir comme des mercenaires pour qui les brebis ne comptent pas.

Serge Lefebvre
d'après diverses sources