Homélie du 4ième dimanche de Pâques
prononcée à l'église Saint-François d'Assise le 21 avril 2002
Jésus parlait ainsi aux pharisiens:
Amen, amen, je vous le dis: celui qui entre dans la bergerie sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit. Celui qui entre par la porte, c'est lui le pasteur, le berger des brebis. Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir. Quand il a conduit dehors toutes ses brebis, il marche à leur tête, et elles le suivent car elles connaissent sa voix. Jamais elles ne suivront un inconnu, elles s'enfuiront loin de lui, car elles ne reconnaissent pas la voix des inconnus.
Jésus employa cette parabole en s'adressant aux pharisiens, mais ils ne comprirent pas ce qu'il voulait leur dire. C'est pourquoi Jésus reprit la parole:
Amen, amen, je vous le dis: je suis la porte des brebis. Ceux qui sont intervenus avant moi sont tous des voleurs et des bandits; mais les brebis ne les ont pas écoutés. Moi, je suis la porte. Si quelqu'un entre en passant par moi, il sera sauvé; il pourra aller et venir, et il trouvera un pâturage. Le voleur ne vient que pour voler, égorger et détruire. Moi je suis venu pour que les hommes aient la vie, pour qu'ils l'aient en abondance.
J'ai déjà lu quelque chose de très intéressant sur l'élevage des brebis, dans un petit livre écrit par un pasteur protestant, agronome de profession. La brebis est un animal doux, affectueux mais très fragile. Elle a besoin d'un berger pour vivre et survivre. Pour trouver son pâturage, éviter les prédateurs, retrouver sa route si elle s'égare.
Jésus prend l'image du berger pour se définir, pour dire qui il est, qui il est pour nous. Il n'est pas le voleur qui trompe les brebis ; ni le mercenaire, l'employé qui accomplit un travail. Il est le pasteur, le bon berger qui aime ses brebis ; il les connaît chacune par leur nom, les fait passer par la porte, marche à leur tête et les conduit vers de bons pâturages.
Nous qui nous inquiétons trop facilement, entendons-le bien nous dire aujourd'hui :
« Moi, je suis la porte, si quelqu'un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra aller et venir, et il trouvera un pâturage. »
« Moi je suis venu pour que les hommes aient la vie, pour qu'il l'ait en abondance. »
Soyons avec lui bon pasteur. C'est là, notre première et seule vocation. Ce n'est pas pour rien qu'on nous fait lire cet Évangile en ce dimanche de prières pour les vocations. Son métier de berger, Jésus ne veut pas l'exercer sans notre collaboration.
Autour de nous et dans le monde, beaucoup de gens sont des brebis fragiles. Égarés, ils cherchent une route. Ils n'ont pas ce qu'il leur faut pour vivre et être heureux. C'est vrai pour leur vie matérielle, c'est vrai pour leur vie spirituelle. C'est vrai pour des individus, c'est vrai pour des pays.
Jésus est aujourd'hui le bon berger par tous ceux et celles qui se préoccupent de faire vivre. Nous sommes le bon berger avec Jésus lorsque que, par nos gouvernements ou d'autres manières, nous favorisons la paix et le développement dans le monde. Quand nous nous donnons, pour ici et pour ailleurs, des moyens, des politiques efficaces pour venir au secours du pauvre, du malade, du souffrant. Nous sommes le bon berger avec Jésus, toutes les fois que nous posons des gestes concrets qui apportent l'espérance, lorsque nous disons la parole qui éclaire et réconforte. Lorsque que nous nommons quelqu'un par son nom, nous le considérons comme une personne. Nous lui permettons de s'épanouir, que ce soit à la maison, sur notre rue, à l'école ou au travail. Nous conduisons alors la brebis vers de verts pâturages.
Enfin, c'est évident, nous serons le bon berger avec Jésus en le faisant connaître, Lui et son Évangile. En montrant où est la Porte qui mène à la vie. C'est ce que nous voulons faire en particulier avec nos enfants. Nos écoles sont devenues non confessionnelles. C'est dérangeant, ce n'est pas ce que nous voulions, mais c'est peut-être une grâce que nous avons. Cette situation nous amènera à prendre nos responsabilités. C'est maintenant à la maison et en paroisse que nous donnerons une éducation religieuse à nos enfants. Parents, grands-parents, prêtres, agentes de pastorale, nous les conduirons vers de verts pâturages. C'est ce à quoi nous appelle Jésus en ce dimanche des vocations.
Jean-Louis Auger