En effet,
annoncer
l'Évangile,
ce n'est pas là
mon motif d'orgueil, c'est une nécessité
qui s'impose à moi ;
malheur à moi
si je n'annonçais pas l'Évangile !
Certes,
si je le faisais de moi-même,
je recevrais une récompense
du Seigneur.
Mais
je ne le fais pas
de moi-même,
je m'acquitte de la charge que Dieu
m'a confiée.
Alors, pourquoi recevrai-je une récompense ?
Parce que j'annonce l'Évangile
sans rechercher
aucun avantage matériel,
ni faire valoir
mes droits de prédicateur
de l'Évangile.
Oui, libre
à l'égard de tous,
je me suis fait
le serviteur de tous
afin d'en gagner
le plus grand nombre possible.
Et avec les Juifs,
j'ai été comme un Juif, pour gagner les Juifs.
Avec ceux qui sont sujets de la Loi,
j'ai été comme un
sujet de la Loi,
moi qui ne le suis pas, pour gagner les sujets de la Loi.
Avec les sans-loi,
j'ai été comme un sans-loi,
moi qui ne suis pas
sans loi de Dieu,
mais sous
la loi du Christ,
pour gagner les sans-loi.
Avec les faibles,
j'ai été faible,
pour gagner les faibles.
Je me suis fait
tout à tous
pour en sauver
à tout prix
quelques-uns.
Et tout cela,
je le fais
à cause de l'Évangile, pour bénéficier,
moi aussi,
du salut.
Réflexion pour le 5e dimanche ordinaire B
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 1, 29-39
En quittant la synagogue, Jésus, accompagné de Jacques et de Jean, alla chez Simon et André. Or, la belle-mère de Simon était au lit avec de la fièvre. Sans plus attendre, on parle à Jésus de la malade. Jésus s'approcha d'elle, la prit par la main, et il la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait.
Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous les malades, et ceux qui étaient possédés par des esprits mauvais. La ville entière se pressait à la porte. Il guérit toutes sortes de malades, il chassa beaucoup d'esprits mauvais et il les empêchait de parler, parce qu'ils savaient, eux, qui il était.
Le lendemain, bien avant l'aube, Jésus se leva. Il sortit et alla dans un endroit désert, et là il priait. Simon et ses compagnons se mirent à sa recherche. Quand ils l'ont trouvé, ils lui disent : « Tout le monde te cherche. » Mais Jésus leur répond : «Partons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame la Bonne Nouvelle ; car c'est pour cela que je suis sorti. »
Il parcourut donc toute la Galilée, proclamant la Bonne Nouvelle dans leurs synagogues, et chassant les esprits mauvais.
Saint Marc veut nous raconter une journée-type de Jésus. Qu'a donc compris Marc et qu'il essaie de transmettre par son récit de guérison et des exorcismes sur les esprits mauvais? Il n'y a pas de formule magique. Le contenu de l'enseignement de Jésus, c'est sa vie même. L'Évangile de Dieu proclamé par Jésus, c'est sa propre présence au milieu de nous, c'est une présence qui nous enseigne et qui nous guérit de toutes les détresses. C'est le lien entre les miracles de Jésus et l'éveil de la foi qui intéresse Marc. Quel regard portons-nous sur les miracles de guérison? Pour Marc, la guérison spectaculaire de la belle-mère de Pierre ne suggère pas seulement l'extraordinaire pouvoir de Jésus. C'est la signification générale du miracle qui intéresse Marc: la guérison des corps vise celle des coeurs.
L'enthousiasme à l'égard d'un guérisseur de talent est souvent ambigu: tout ce que Capharnaüm compte d'éclopés et de possédés se presse devant la maison de Simon et d'André. C'est une vraie cour des miracles! Alors, parce qu'on ne voit en lui qu'un faiseur de prodiges, Jésus se dérobe, il se réfugie dans la solitude et la prière, à la recherche du vrai sens de sa mission: n'est-il pas d'abord le semeur sorti pour répandre la Parole? Les miracles ne sont jamais que les lettres de crédit du Messager: ce qui compte, c'est sa Parole: c'est elle, et non ses miracles, qui doit nous retourner.
Marc nous montre que l'évolution de la démarche spirituelle de Jésus commence dès le début de l'évangile. Jésus nous indique ainsi le chemin à suivre : marcher lentement mais sûrement sur les pas de Dieu et accepter de croître graduellement dans son amour sans brûler les étapes. Ouvrir nos coeurs à la puissance rénovatrice de la Parole. C'est cela qui importe. L'Évangile apporte un message de paix, d'amour, et de restauration de l'âme par le salut en Jésus. L'Évangile contribue à la guérison des coeurs blessés. Il contribue au rapprochement des coeurs grâce au renversement des barrières raciales, sociales et ethniques. Il contribue à donner des valeurs morales, familiales et spirituelles sûres à qui ne sait plus où se trouvent ces repères.
Certains chrétiens pratiquent des réunions de prière où on implore Dieu pour des guérisons. Une telle prière faite avec confiance est bonne. Mais toute prière de demande doit être purifiée par l'importance qui doit être donnée à l'amour dans la guérison. Dans la prière pour le souffrant, c'est la compassion de Dieu qui est demandée. Cette compassion doit être aussi présente dans la vie de ceux qui prient. On ne peut demander à Dieu de guérir un frère, une soeur qu'en étant en même temps prêt à manifester soi-même une grande compassion. Pour aider à la guérison, la bonté, la tendresse sont des forces précieuses. Le plus grand miracle de Dieu n'est pas de guérir la malade de sa maladie - ce qu'il fait aussi - c'est de lui donner un coeur capable de supporter patiemment sa peine et de rendre grâce avec le Christ dans la foi et l'espérance.
Demander le miracle de la guérison des coeurs, c'est demander que nous devenions capables de reconnaître la capacité d'amour de tous et que nous devenions capables de répondre à cet amour. Jésus venu guérir les corps et les coeurs espère en retour l'engagement total de notre foi. Une fois délivrés du mal de vivre, il faut, nous aussi, comme la belle-mère de Simon, consacrer nos forces retrouvées à servir le Seigneur. C'est vraiment difficile de s'élever à ce niveau de foi ! L'idée d'être serviteur nous répugne. Pourtant Jésus lui-même est un serviteur de Dieu. Toute sa vie consiste à rechercher dans la prière la volonté du Père et à l'accomplir aussitôt : "Partons afin que je proclame la Bonne Nouvelle, c'est pour cela que je suis sorti."
Le service essentiel de Jésus est l'annonce de l'Évangile. Comme Saint-Paul l'a dit, cela doit être notre service, une nécessité qui s'impose à nous. Évangéliser, c'est être à l'écoute des autres, puis éveiller la foi. C'est faire advenir le Royaume de Dieu.
Serge Lefebvre
d'après diverses sources