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«Le Roi qui vient»


Je regardais,
au cours des visions de la nuit,
et je voyais venir, avec les nuées
du ciel,
comme un Fils d'homme ;
il parvint jusqu'au Vieillard,
et on le fit avancer devant lui.


Et il lui fut
donné domination, gloire et royauté ; tous les peuples, toutes les nations
et toutes les langues le servirent.


Sa domination est une domination éternelle,
qui ne passera pas,
et sa royauté,
une royauté
qui ne sera pas détruite.


Voici qu'il vient parmi les nuées,
et tous les hommes le verront,
même ceux
qui l'ont transpercé ; et,
en le voyant,
toutes les tribus
de la terre
se lamenteront.


Oui, vraiment !
Amen !


Je suis l'alpha
et l'oméga,
dit le Seigneur Dieu, je suis celui
qui est,
qui était
et qui vient,
le Tout-Puissant.
Réflexion pour le 34e dimanche ordinaire B

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 18,33-37

Alors Pilate rentra dans son palais, appela Jésus et lui dit : « Es-tu le roi des Juifs ? »
Jésus lui demanda : « Dis-tu cela de toi-même, ou bien parce que d'autres te l'ont dit ? 
Pilate répondit : « Est-ce que je suis Juif, moi ? Ta nation et les chefs des prêtres t'ont livré à moi : qu'as-tu donc fait ? » 
Jésus déclara : « Ma royauté ne vient pas de ce monde ; si ma royauté venait de ce monde, j'aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. Non, ma royauté ne vient pas d'ici. » 
Pilate lui dit : « Alors, tu es roi ? »
Jésus répondit : « C'est toi qui dis que je suis roi. Je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Tout homme qui appartient à la vérité écoute ma voix. »

Dans le monde antique, le roi, le royaume, la cité, l'état étaient non seulement des idées politiques, mais aussi des symboles religieux chargés d'espérance. La célébration du Christ, roi de l'univers, n'est pas  une réflexion sur le gouvernement des hommes. Nous sommes dans un autre ordre des choses. Cet évangile dit que Jésus est venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité.  Jésus  est la lumière qui nous fait voir  les hommes et les choses tels qu'ils sont.  Jésus fait voir la vérité,  il donne un à notre existence et notre mort.  La fête du Christ, roi de l'univers, propose une réponse au sens même du monde, elle donne signification à l'univers.

Nous sommes  invités à lutter contre l'idolâtrie de toutes ces choses qui tentent de prendre la place de Dieu dans le monde et dans notre vie. Proclamer que le Christ est le roi de l'univers, signifie accepter qu'il règne concrètement sur notre vie, sur notre petite vie bien à nous, si remplie de tellement de soucis et de préoccupations. Sa royauté transfigure toute notre existence.

Ce n'est pas une révolution que Jésus annonce. Il a toujours parlé de son royaume de manière imagée. Il l'a comparé au figuier à l'approche de l'été : des bourgeons éclatent, puis des feuilles d'un vert tendre et des fruits. Pour lui, ce royaume ne pouvait être constitué que de pauvres, de pacifiques, de gens humbles et  miséricordieux. La violence ne peut pas en ouvrir les portes. Le royaume, tant de fois annoncé par Jésus, c'est un changement dans la condition humaine.

Jésus veut tout pénétrer de son Esprit, de sa vérité et de sa vie: le domaine privé comme le domaine public, le monde de la famille comme le monde du travail et des loisirs. Il est impossible de tracer une frontière visible entre le royaume de Dieu et le royaume du monde; les deux réalités sont étroitement mêlées, aussi bien dans l'Église que dans la société et dans l'État.

Jésus avait confié sont message à Nicodème. Il lui en avait confié le secret, une nuit :   «Nul, à moins de renaître d'en  haut, ne peut entrer dans le royaume de Dieu... Le vent souffle où il veut, tu entends sa voix mais tu ne sais ni d'où il vient ni où il va».

Jésus devant Pilate a témoigné d'une vérité qui dépasse celles des politiciens, des historiens, des scientifiques et de tous les sociologues. Pilate avait demandé à Jésus : Es-tu le roi des Juifs? Pour chacun de nous, la question est celle-ci : es-tu celui qui règne dans mon coeur et sur  mon esprit? 

Serge Lefebvre