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«Le Fils qui vient»


« En ce temps-là
se lèvera Michel,
le chef des anges, celui qui veille
sur ton peuple.


Car ce sera
un temps
de détresse
comme il n'y en a jamais eu
depuis que
les nations existent.


Mais
en ce temps-là viendra
le salut
de ton peuple,
de tous ceux
dont le nom
se trouvera
dans le livre
de Dieu.


Beaucoup de gens qui dormaient
dans la poussière
de la terre s'éveilleront :
les uns
pour la vie
éternelle,
les autres
pour la honte
et la déchéance éternelles.


Les sages
brilleront
comme
la splendeur
du firmament,
et ceux
qui sont des
maîtres de justice pour la multitude resplendiront
comme
les étoiles
dans les siècles
des siècles. »





Voici quelle sera l'Alliance
que je conclurai
avec eux,
quand ces jours-là seront passés,
le Seigneur déclare : Je mettrai
mes lois d
ans leur coeur,
je les inscrirai
dans leurs pensées,  et je ne me rappellerai plus
leurs péchés
ni leurs fautes.
Réflexion pour le 33e dimanche ordinaire B

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc  13, 24-32

En ces temps-là, après une terrible détresse, le soleil s'obscurcira et la lune perdra son éclat. Les étoiles tomberont du ciel, et les puissances célestes seront ébranlées. Alors on verra le Fils de l'homme venir sur les nuées avec grande puissance et grande gloire.  Il enverra les anges pour rassembler les élus des quatre coins du monde, de l'extrémité de la terre à l'extrémité du ciel.

Que la comparaison du figuier vous instruise : Dès que ses branches deviennent tendres et que sortent les feuilles, vous savez que l'été est proche. De même, vous aussi, lorsque vous verrez arriver cela, sachez que le Fils de l'homme est proche, à votre porte. Amen, je vous le dis : cette génération ne passera pas avant que tout cela n'arrive.  Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas. Quant au jour et à l'heure, nul ne les connaît, pas même les anges dans le ciel, pas même le Fils, mais seulement le Père.

Cet évangile fait souvent  naître des sentiments de peur, des sentiments de crainte. Nous aimons tellement mieux entendre Jésus parler d'amour, de bonheur, de paix, de réconciliation, et de partage. Les premières lignes de cet évangile peuvent nous remplir de crainte et nourrir les appréhensions de la fin des temps à la vue des innombrables calamités humaines et physiques dont notre terre est submergée. Ce n'est pas bien comprendre le message de Jésus car il ne parlait pas de la fin des temps mais de sa venue, dans un langage symbolique. Le style est symbolique et mystérieux parce que l'intervention de Dieu n'est pas facile à décrypter, et bien des méprises sont possibles. Il y a tout un fossé culturel qui nous nous sépare de ce genre de textes. Ils explicitent leur vision du monde. Ils s'affichent d'une autre époque. Ils faut les  creuser pour découvrir ce qu'ils ont à dire, nous amenant ainsi à le redire en hommes et femmes de notre temps.

Pour les premiers chrétiens, la fin des temps était pour bientôt. Ils en seraient les témoins. Ils en feraient l'expérience. Ce sentiment n'était pas pour eux des jours de malheurs, mais l'occasion de faire la fête des fêtes. Le monde physique n'a plus d'importance, c'est l'entrée dans le Royaume de Dieu. Être avec Jésus: telle est la fin du monde. Marc a utilisé un langage apocalyptique  pour faire ressortir ce cri d'espérance: Jésus vient victorieux. Au-delà de sa mort, la résurrection de Pâques pointe, comme l'aurore après la nuit. Un monde ancien est en voie de disparaître et un monde nouveau  en train de naître.

En attendant, de nombreux événements douloureux surviendront. Nous n'avons qu'à regarder notre monde en ébullition:  toutes ces guerres, toutes ces haines, toutes ses injustices à l'endroit des personnes, des enfants utilisés par des profiteurs avides du pouvoir. Ces événements douloureux, nous les vivons, nous en sommes témoins. Malgré et contre tout, un monde nouveau se construit. Le royaume de Jésus est en marche. L'humanité chemine dans l'espérance: sans toujours le dire avec des mots, elle a hâte, en union avec les premiers chrétiens, que se réalise complètement l'universalité du salut. Les gens apprennent à se parler et un souci de justice inspire d'innombrables initiatives. Le respect de l'autre s'établit progressivement et la responsabilité collective devient de jour en jour  une évidence. L'homme  ne vit plus seul sur sa planète, il réalise que des frères et des soeurs sont là, tout à côté et qu'il en est responsable.

C'est ça construire le Royaume de Dieu. Ce sont des  pas qui annoncent chaque jour que l'ancien monde s'en est allé pour faire place à un monde nouveau.   C'est un peu fou de penser que l'amour est plus fort que le mal, que la vie est plus forte que la mort. Au début, plusieurs des apôtres n'y ont d'ailleurs pas cru. Mais tous ont fini par dire que c'était vrai. Ils nous ont raconté ce qui leur est arrivé quand, après qu'il a été mis à mort, ils ont vu Jésus, vivant, ressuscité, présent au milieu d'eux. Alors ils ont annoncé cette espérance : le malheur ne peut pas toujours être, la détresse ne peut pas toujours subsister, pas plus que l'hiver ne peut durer toujours. Après le malheur, la détresse, viennent le temps du réconfort, de la consolation, de la réconciliation. Dieu n'abandonne pas le monde à ses malheurs, il vient au contraire l'en sauver.

Jésus nous invite à rester dans un temps qui ne passe pas: son temps à Lui, le temps de la Résurrection. L'Eglise, c'est la communauté de ceux qui attendent avec amour le Seigneur. Elle se veut présente dans tout ce qui se passe dans le monde pour y maintenir la lampe de l'espérance. La parole de Dieu ne finit jamais par le mal, la colère, la punition. Le but de Dieu n'est pas de juger et de condamner le monde, mais de sauver tous les hommes. Et comme Dieu aime tous les hommes, sans aucune exception, le prénom de chacun est inscrit dans son coeur à lui, le coeur de Dieu.
 
Serge Lefebvre