Homélies...
Accueil
Homélies
« Qui est juste aux yeux  de Dieu?»

Vore relation
avec Dieu est-elle vraie?















Est-ce la relation
à la manière
du pharisien?















Est-ce la relation
à la manière
du publicain?













Homélie du 30e dimanche du Temps Ordinaire prononcée
à l'église Saint-François d'Assise le 28 octobre 2001


Je me souviens d'une dame qui m'avait fait venir chez elle pour me parler de ses difficultés matrimoniales. Elle me disait : « D'une certaine manière, mon mari est parfait. Il est riche et il me donne tout. Regardez mes rideaux, mes meubles. J'ai tout. J'ai même sa carte de crédit. Ce qui me manque, c'est lui. » Dieu pourrait dire la même chose du pharisien de l'Évangile. J'ai lu quelque part en préparant cette homélie que le pharisien a une perfection sphérique. La boule de sa vertu est tellement parfaite qu'il n'y a pas de fissures par lesquelles Dieu pourrait entrer.

Il est suffisant devant Dieu. Il n'a pas besoin de sa grâce, de ses dons, de son amour. Dieu est son débiteur. Il l'a payé, il l'a acheté. Il lui a versé deux journées de jeûne par semaine et le dixième de tout ce qu'il a gagné. N'est-ce pas suffisant? Il peut faire ce qu'il veut des les cinq journées qui lui restent et des neuf dixièmes de tout ce qu'il gagne.

Sa relation avec Dieu est fausse. A bien y penser, pour lui, Dieu n'existe pas. C'est lui qui est Dieu, c'est lui qui est le premier. Dieu, comme le publicain, comme tous les autres hommes, doit l'admirer et le servir. La distance qu'il y a entre Dieu et lui ne peut pas être plus grande, Dieu n'existe pas.

C'est tout le contraire avec le publicain. La boule de sa vertu est rugueuse et toute fissurée. Le pharisien a raison de dire de lui qu'il est voleur, injuste, adultère. Il le reconnaît lui-même et il reconnaît qu'il n'a aucun droit devant Dieu. Le publicain n'achète pas, ne paye pas Dieu. Il n'a rien pour payer. Il quémande. Il dit dans sa prière : « Mon Dieu prends pitié du pécheur que je suis ». Sa relation avec Dieu est vraie, authentique. Dieu est Dieu et lui est lui. Dieu est grand et lui est petit. Dieu est parfait et lui est pécheur. Il en résulte qu'il n'y a pas de  distance entre Dieu est lui. Il est l'enfant de Dieu, il le sait et Dieu le sait. Il demande à Dieu et Dieu lui répond.

Le texte nous dit que, rentré chez lui, le publicain est devenu juste. Ça ne veut pas nécessairement dire qu'il n'a plus péché, qu'il n'a plus jamais fait de bêtises,  qu'il est devenu parfait mur à mur comme le pharisien. Ça veut dire qu'il a été pardonné et que son coeur a été transformé. Il a rencontré Dieu et il est devenu l'ami de Dieu. Ce n'est pas deux jours de jeûne, le dixième de son avoir qu'il a donné à Dieu, c'est toute sa vie, c'est toutes ses possibilités, c'est tout son avoir qu'il lui donne. Nous le verrons dimanche prochain dans la peau de Zachée.

Un chrétien catholique se doit d'être pratiquant. Il est toujours demandé et il est normal de prier tous les jours, de participer régulièrement aux messes dominicales, de faire pénitence durant le carême, de célébrer le pardon durant l'avent et le carême, d'avoir le soucis de ne pas blesser le prochain, de faire des dons aux pauvres et à son Église, etc. C'est très bien, il faut faire cela. Tout cela. Mais la question qu'il nous faut continuellement nous poser, la question que nous pose l'évangile de ce jour, pourquoi, faisons-nous cela, pour qui faisons-nous cela? Pour nous, pour être satisfaits de nous à la manière du pharisien ou pour Dieu à la manière du publicain?

Jean-Louis Auger