Homélies...
Accueil
Homélies
« Que cherchez-vous? »
Chantez au Seigneur
un chant nouveau !
Car il a fait des prodiges.


Sa droite
et son bras saint
lui sont venus en aide.


Que la mer retentisse avec tout
ce qu'elle contient,

Que le monde
et ceux qui l'habitent éclatent d'allégresse,

Que les fleuves battent des mains,
que toutes les montagnes
poussent des cris
de joie,
devant le Seigneur !


Car il vient
pour juger
la terre;
Il jugera le monde
avec justice,
et les peuples
avec équité.







Comment savoir
ce que Dieu
attend de nous ?
Le plus étonnant,
c'est d'abord
que Dieu
ne s'impose pas.





Que cherchez-vous? Cette question
s'adresse aux disciples de tous les temps:
il est impossible
de trouver un sens
à sa propre vie
si on ne le cherche
pas vraiment.




Reconnaître Jésus comme le Maître,
le chercher,
faire route avec lui
et demeurer
auprès de lui
sont autant d'attitudes fondamentales
pour toutes les générations
de disciples.



Réflexion pour le 2e dimanche ordinaire B

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 1, 35-42

Le lendemain, Jean Baptiste se trouvait de nouveau avec deux de ses disciples. Posant son regard sur Jésus qui allait et venait, il dit : « Voici l'Agneau de Dieu. » Les deux disciples entendirent cette parole, et ils suivirent Jésus. Celui-ci se retourna, vit qu'ils le suivaient, et leur dit : « Que cherchez-vous ? » Ils lui répondirent : « Rabbi (c'est-à-dire : Maître), où demeures-tu ? » Il leur dit : «Venez, et vous verrez. » Ils l'accompagnèrent, ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. C'était vers quatre heures du soir.

André, le frère de Simon-Pierre, était l'un des deux disciples qui avaient entendu Jean Baptiste et qui avaient suivi Jésus. Il trouve d'abord son frère Simon et lui dit : « Nous avons trouvé le Messie (autrement dit : le Christ). André amena son frère à Jésus. Jésus posa son regard sur lui et dit : « Tu es Simon, fils de Jean ; tu t'appelleras Képha » (ce qui veut dire : pierre).


Dans le dialogue que l'évangile rapporte entre deux disciples de Jean Baptiste et Jésus, on nous dit que celui-ci allait et venait, comme un promeneur, comme quelqu'un qui n'est pas du tout préoccupé par ses affaires... Il est ouvert, disponible. À ceux qui se mettent à le suivre, il demande simplement :  « Que cherchez-vous? » Cette question suppose une réponse. C'est la première parole de Jésus dans l'évangile de Saint Jean. Il appelle, il propose, et il attend une réponse personnelle. Chaque être qui veut suivre le Christ doit d'abord discerner le sens de son cheminement.

« Que cherchez-vous? » À cette question de Jésus, les deux premiers disciples répondent par une autre question: « Rabbi, où demeures-tu? »  Les disciples ne demandent pas quelque chose, mais quelqu'un. « Venez et vous verrez » dit Jésus. Pour rencontrer Dieu, il faut d'abord accepter de venir, c'est-à-dire de bouger, quitter, se mettre en route. Ensuite vous verrez,  c'est-à-dire vous aurez l'occasion de vous faire une idée par vous-mêmes. Dieu ne force jamais la main.  Les deux disciples ont accompagné Jésus, ils virent où il demeurait, et ils restèrent avec lui jusque vers quatre heures du soir... Le langage est inapte à livrer le mystère d'une personne. En introduisant les disciples dans le secret de sa demeure, Jésus ouvre la porte au mystère de sa personne. On aimerait savoir ce qu'il s'est dit. Ce qu'on sait, c'est la suite : leur enthousiasme, leur engagement sur le chemin du serviteur, leur témoignage fécond jusqu'à maintenant...

« Que cherchez-vous? » Pour le rencontrer, Jésus a besoin d'intermédiaires. André et l'autre disciple ont besoin de Jean Baptiste pour découvrir Jésus et le suivre. Et si son frère n'était pas venu lui dire nous avons trouvé le Messie, Simon ne serait pas devenu Pierre... Jésus se rencontre dans une chaîne de témoins. Nous avons une place dans cette aventure. Derrière nous, des gens qui nous ont proposé cette rencontre. Devant nous, des gens viendront à la foi parce que nous aurons été proches d'eux, dans la vérité de notre expérience spirituelle. Être apôtre, c'est  recevoir et accueillir la Parole de Dieu. C'est ouvrir les yeux pour voir ce qui s'accomplit et porter cette parole. C'est la laisser être efficace et agir dans notre propre coeur. Venir, voir, demeurer, rester : c'est le cheminement de la foi.

«Que cherchez-vous? » Cette question est posée à chacun et chacune de nous aujourd'hui. Je ne peux répondre pour personne d'autre que moi-même. L'activité, l'agir risque  de m'étouffer au point de ne plus savoir ce que je cherche. Au point de ne plus savoir ce que mon coeur désire. Dans la tourmente des engagements qui se suivent à un rythme soutenu, dans la multiplicité des demandes à satisfaire, dans  l'éparpillement des projets à réaliser, le coeur s'assèche vite et dépérit. Nous nous donnons tellement de mal pour notre confort, nos loisirs, notre sécurité... et nous restons sur notre appétit. Bien souvent, nous ne pouvons définir ce vide qui nous poursuit partout et depuis toujours. Nous comblons ce vide en nous construisant des rêves de bonheur. Nous cherchons désespérément ce que notre coeur possède déjà. Nous sommes des affamés d'absolu. Nous sommes porteurs de vie éternelle. Nous souffrons de solitude, d'une absence et nous sommes habités par un Amour qui nous dépasse et nous possède. Nous sommes tourmentés par le besoin de vivre. Une fête habite silencieusement notre coeur. Nous rêvons de beauté et de paix. Notre coeur est inondé de gloire et de lumière. Nous aspirons au repos alors que notre coeur repose dans la Paix. Est-ce vraiment possible?

« Que cherchez-vous ? » Oserons-nous quitter nos habitudes et nos certitudes pour voir où demeure Jésus ? « Venez et vous verrez », nous dit Jésus.


Serge Lefebvre
d'après diverses sources
Autres Réflexions