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«Fonctionner avec une autre logique»



En Jésus,
le Fils de Dieu,
nous avons
le grand prêtre
par excellence,
celui qui a pénétré au-delà des cieux ; tenons donc ferme l'affirmation
de notre foi. 


En effet,
le grand prêtre
que nous avons
n'est pas incapable, lui,
de partager
nos faiblesses ;
en toutes choses,
il a connu l'épreuve comme nous,
et il n'a pas péché.



Avançons-nous
donc avec
pleine assurance
vers le Dieu tout-puissant
qui fait grâce,
pour obtenir miséricorde
et recevoir,
en temps voulu,
la grâce
de son secours.




Que faire
de notre orgueil ? Reconnaître simplement
que nous sommes ordinaires,
et ainsi
nous serons libérés de tous les jeux,
les mensonges,
les trompe-l'oeil
que l'orgueil
aime tant !



La libération
de l'orgueil
permet de vivre
en acceptant
ses limitations.







Dieu est devenu
au milieu de nous celui qui sert
en personne.



Chaque fois que Jésus se présente, qu'il parle
du Royaume de Dieu, qu'il apporte
aux pauvres
la générosité
du Père,
aux pécheurs
son pardon,
Jésus parle
et vit en Fils.
Il vit pour le Père. C'est le sens du
mot " Servir "
utilisé par Jésus
le Fils.

Réflexion pour le 29e dimanche ordinaire B

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 10, 35-45

Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s'approchent de Jésus et lui disent : « Maître, nous voudrions que tu exauces notre demande. »  Il leur dit : « Que voudriez-vous que je fasse pour vous ? »  Ils lui répondirent : « Accorde-nous de siéger, l'un à ta droite et l'autre à ta gauche, dans ta gloire. »  Jésus leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire, recevoir le baptême dans lequel je vais être plongé ? »  Ils lui disaient : « Nous le pouvons. » Il répond : « La coupe que je vais boire, vous y boirez ; et le baptême dans lequel je vais être plongé, vous le recevrez.  Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, il ne m'appartient pas de l'accorder, il y a ceux pour qui ces places sont préparées. »

Les dix autres avaient entendu, et ils s'indignaient contre Jacques et Jean.  Jésus les appelle et leur dit : « Vous le savez : ceux que l'on regarde comme chefs des nations païennes commandent en maîtres ; les grands leur font sentir leur pouvoir.  Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur. Celui qui veut être le premier sera l'esclave de tous :  car le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »


Comme chaque année, ce dimanche est la journée missionnaire mondiale et la lecture évangélique se prête bien à une réflexion à propos de la mission chrétienne. Jésus vient d'annoncer qu'il va être condamné, humilié, battu et mis à mort. Mais, Jacques et Jean n'ont pas voulu entendre. Ils suivent Jésus en marche vers Jérusalem où ils croient qu'il va prendre le pouvoir. Ils cherchent donc à se placer dans des postes d'autorité, de louange et de pouvoir. Ils croient que cela leur apportera le bonheur et de l'importance. De plus, ils demandent les premières places comme un don, une faveur.

Quand les autres disciples ont eu vent de la demande de Jacques et de Jean, ils se sont indignés. Il en a résulté une division parmi les disciples. Cela a  brisé l'unité et créé de la division. Jésus répond à Jacques et Jean par une question déconcertante : « Pouvez-vous boire la coupe que moi, je dois boire, ou être baptisés du baptême dont moi, je serai baptisé? » Cette question rappelle aux disciples leur rôle de  collaborateur, de missionnaire. La mission des apôtres est de suivre Jésus dans leur condition de serviteur, de travailler pour l'ensemble de la communauté, et non pour eux-mêmes. D'une personne à l'autre, le type de mission varie tout comme le niveau de difficultés. Impossible de demeurer les bras croisés à regarder passer le train. Cette coupe à boire, ce n'est pas n'importe laquelle. C'est celle-là même où Jésus a bu, c'est-à-dire sa passion et sa mort. Il ne s'agit cependant pas d'aller comme lui jusqu'au martyre. Il suffit de se faire présent et agissant.

Jésus était venu pour servir les autres. Le point fondamental d'une vie de serviteur, c'est une humilité profonde qui pousse une personne à prendre le rôle du serviteur de plein gré.  Peu importe le statut social d'une personne. Qu'il soit roi ou valet. Esclave ou homme libre. Riche ou pauvre. Fort ou faible. Dieu appelle tous les chrétiens  à vivre en tant que serviteur les uns des autres. Cela se vérifie à tous les niveaux, en tous domaines. Dans nos familles et sur les lieux de travail.

Le piège est de penser que « commander et organiser, c'est servir » : tout dépend de la manière dont on commande et organise. Le pouvoir ne peut devenir service que par le chemin de l'amour. Dans notre société, il est tout naturel d'essayer d'avoir les places d'honneur. C'est un changement radical de valeurs que Jésus propose. Il nous demande de fonctionner avec une autre logique, avec un autre type de relations entre nous. Il nous demande de bannir de nos relations tout type d'autoritarisme, toute envie de briller aux dépens des autres. Il nous demande de vivre autrement, de comprendre toute notre vie autrement : non pas comme une course à la réussite et aux premières places, mais comme une marche faite d'attentions aux autres, un vie consacrée à exercer le goût des autres.

Cela devrait être ce qui nous guide dans notre vie d'Eglise en communauté. Une communauté qui cherche sans cesse à être attentive aux autres, à  écouter et non pas à se placer aux premières places du monde.

Cela devrait être ce qui nous guide dans notre vie. Est-ce que j'applique cela dans ma vie ? Est-ce que nous appliquons cela dans notre communauté, dans notre famille. Nous pouvons  choisir une autre voie, celle que propose l'Evangile. Par vos paroles, nos gestes, notre attitude, nous pouvons montrer que le plus important sur cette terre, c'est d'être attentif. Être attentif aux autres, aux merveilles de la création, être attentif à soi-même, être attentif à Dieu. L'essentiel, ce n'est pas la compétition, mais l'envie d'aider, ce n'est pas la réussite personnelle, mais le goût des autres et de Dieu. Le secret du bonheur se situe d'abord dans le don de sa vie, dans la générosité.

La mission, c'est un peu cela aussi. C'est s'abandonner pour s'en remettre avec confiance à celui qui veille sur son peuple. C'est renoncer à vouloir tout contrôler. C'est accepter de se retrouver dans un lieu, ou une position, que nous n'aurions pas choisi. Être grand, ce n'est pas régner sur les autres, mais être à leur service. Il n'y a pas de plus grand amour, il n'y a pas de plus grand bonheur que de donner sa vie pour les autres.
 
Serge Lefebvre