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«Rêvons l'Église de demain»
Homélies

Avons-nous
le courage de
remettre en cause
les erreurs de
notre propre
vision de l'église ?








Comment nous, chrétiens,
sommes-nous,
au quotidien,
solidaires de
nos agents de pastorale,
de nos prêtres ?








Ce n'est pas 
"aux autres"
que s'adresse
la parabole,
mais à nous.
Non pas à
mon voisin,
mon frère,
ma soeur,
mon conjoint,
mais à moi!








On raconte
qu'un jour,
un paroissien
plus qu'occasionnel
vint se plaindre
à son curé
du mauvais temps
en lui disant :


"Alors!
Vous ne pouvez
plus demander
un peu de soleil
là-haut ?"


Et le prêtre,
qui n'était pas né
de la dernière pluie,
de lui répondre :


"C'est que,
vous savez,
on n'est plus
assez nombreux
à l'Église
pour bien
le demander
ensemble
à Dieu!"




Comment rêvons-nous l'Église de demain ?


Réflexion pour  le 27e dimanche ordinaire A


Évangile de Jésus Christ selon  saint Matthieu 21, 33-43

Jésus disait aux chefs des prêtres et aux pharisiens:

« Écoutez une autre parabole. Un homme était propriétaire, et il planta une vigne; il l'entoura d'une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour; puis il la loua à des vignerons et partit en voyage. Quand approcha le moment des fruits, il envoya ses serviteurs aux vignerons pour en recevoir les fruits. Mais les vignerons se saisirent de ses serviteurs, battirent l'un, tuèrent l'autre, en lapidèrent un troisième. De nouveau il envoya d'autres serviteurs, plus nombreux que les premiers, et ils les traitèrent de même.

Finalement il leur envoya son fils, en se disant: Ils respecteront mon fils. Mais les vignerons, en voyant le fils, se dirent par-devers eux: Celui-ci est l'héritier : venez! tuons-le, que nous ayons son héritage. Et, le saisissant, ils le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent. Lors donc que viendra le maître de la vigne, que fera-t-il à ces vignerons-là? »

Ils lui disent:
« Il fera misérablement périr ces misérables, et il louera la vigne à d'autres vignerons, qui lui en livreront les fruits en leur temps. »

Jésus leur dit:
« N'avez-vous jamais lu dans les Écritures: La pierre qu'avaient rejetée les bâtisseurs c'est elle qui est devenue pierre de faîte; c'est là l'oeuvre du Seigneur et elle est admirable à nos yeux? Aussi, je vous le dis: le Royaume de Dieu vous sera retiré pour être confié à un peuple qui lui fera produire ses fruits. »


L'instinct d'accaparement, la soif de pouvoir, le goût du contrôle sont des réalités bien humaines. L'évangile d'aujourd'hui met en scène des employés peu consciencieux qui sont prêts à tout pour s'approprier un bien qui ne leur appartient pas: la fin justifie leurs moyens! Dans cette parabole Jésus visait les pharisiens et les docteurs de la loi. Qu'est-ce qui empêchait l'élite religieuse  de comprendre ce que Jésus annonçait? Qu'est-ce qui l'empêchait de reconnaître l'action de Dieu dans le ministère de Jésus.  Qu'est-ce qui l'a empêchée plus tard de reconnaître l'action de Dieu  dans l'émergence des communautés chrétiennes après la résurrection de Jésus? L'élite s'accaparait la loi au profit de son influence au lieu de cultiver la foi en Dieu et de préparer le Royaume de Dieu.

Les chrétiens et chrétiennes doivent sans cesse se laisser déranger, interpeller et remettre en question par l'Évangile plutôt que de l'aménager selon leurs propres idées. Nous ne sommes propriétaires ni de Dieu, ni de son Royaume, ni de son Église, ni de l'Esprit, ni de la vérité. Tout est don de Dieu!

Notre responsabilité de chrétiens est de cultiver ce que nous avons reçu gratuitement, de faire fructifier les dons reçus. Les obligations associées aux sacrements, les conceptions pastorales, les édifices, les structures d'organisation, tout ça est important mais secondaire en regard du Royaume de Dieu. Le Royaume de Dieu nous est confié et il ne faut pas l'oublier.

On se souviendra de ce couple de l'ouest Canadien à qui on a refusé un mariage catholique l'été dernier parce que madame travaillait dans une clinique d'avortements. Ce couple en voulant se marier était-il en quête de sens et soucieux de croissance spirituelle? Faut-il systématiquement interdire l'accès aux sacrements à ce couple? Il faut  inviter les gens à une décision éclairée selon leur conscience personnelle, selon  l'esprit de Jésus et de l'Évangile?  Il serait désastreux que Dieu soit à la merci de nos représentations humaines et de nos conceptions religieuses forcément limitées. On n'est jamais que des vignerons, c'est-à-dire au service du plus grand que soi, le maître de la vigne.

Aujourd'hui, beaucoup de questions se posent sur l'avenir de l'Église.

Questions de fond :
L'Évangile est-il encore capable de toucher les hommes et les femmes de notre temps ?
Questions concrètes:
Nombre de prêtres, de pratiquants, recrutement des catéchètes...
Questions d'approche pastorale :
Notre attitude dénote-t-elle "tout mieux savoir que Dieu" en matière de foi, de morale, de liturgie et de sciences humaines.
Questions de rôle :
Nous qui sommes l'Église actuelle, nous devons nous demander quel accueil nous faisons à ceux et celles qui parlent en son nom et à travers qui Dieu, encore aujourd'hui, se plaît à nous guider et à nous enseigner. La parabole de Jésus nous invite à ne pas malmener ses envoyés.

Plus que jamais, regarder l'avenir et chercher à l'inventer réclame lucidité et audace. C'est alors que l'autre pourra créer du neuf à partir du vieux. L'écoute devient parole de réaction. Nous sommes tous en situation d'accompagner et d'écouter. Jusqu'où aller avec l'autre ? Ceux qui écoutent et  qui accueillent, ceux-là accopagnent sur le chemin de ceux qui viennent.

Comment allons-nous porter le témoignage de l'Évangile chez nous aujourd'hui et dans un avenir proche ? Le propre de Dieu est de créer du neuf. Comment rêvons-nous l'Église de demain ?

Serge Lefebvre
d'après diverses sources