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«Changez de vie, convertissez-vous, croyez à la bonne nouvelle!»
Homélies


Va, travaille à la vigne :

c'est le chantier
de ta vie heureuse,

c'est le chantier
de ta personnalité épanouie,

c'est le chantier de toi-même

pour entrer en pleine possession
de ta vérité personnelle.












Il doit y avoir
accord

entre nos pensées
et nos actes,

entre nos paroles
et nos actes,

entre le faire
et le dire.













Ce ne sont pas
tous ceux qui disent:
Seigneur, Seigneur,
qui entreront
dans le royaume
des cieux,
mais celui
qui fait la volonté
de mon Père
qui est dans les cieux,
dit le Seigneur

(Matthieu 7:21)
Réflexion pour  le 26e dimanche ordinaire A



Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 21, 28-32

Jésus disait aux Juifs :
«Que vous en semble ?  Un homme avait deux fils.  S'adressant au premier, il dit : Mon enfant, va travailler aujourd'hui dans la vigne.  Il répondit : Je n'ai pas envie.  Mais ensuite il s'en repentit et y alla.  S'adressant au second, le père lui en dit autant.  Le fils répondit : Oui, père ; mais n'y alla point.  Lequel des deux a fait la volonté de son père?»
 
«C'est le premier», répondirent-ils. 

Et Jésus leur dit :
«Oui, je vous le déclare, les publicains et les filles de joie vous devancent dans le royaume de Dieu !  Jean est venu à vous dans la voie de la justice, et vous n'avez pas cru en lui ; mais les publicains et les filles de joie ont cru en lui.  Et vous, ce spectacle ne vous a même pas fait changer d'avis dans la suite pour croire en lui.»

Cette parabole est à propos de conversion et de foi.  Elle s'inscrit dans un contexte de controverse entre Jésus et les chefs des prêtres. Ils contestaient Jésus, comme ils avaient contesté la légitimité de Jean-Baptiste. Ils ont un tel amour du pouvoir qu'ils n'envisagent pas  remettre en cause leur pratique, qu'ils sont bloqués, fermés à la Parole. Les autres qui l'accueillent spontanément, mais qui eux-mêmes sont marginalisés par les élites, sont considérés comme maudits, impurs, hors-la-loi...

Cette parabole propose un changement d'état d'esprit de la part des «habitués» ancrés dans leurs habitudes et qui ont la hantise du changement. Il faut remarquer que Jésus ne dit pas : Voilà la vérité. Il dit: Que vous en semble ? Qu'est-ce que vous en pensez? Il fait confiance à la force de la Parole en nous.  

Oeuvrer à construire le Royaume de Dieu, c'est faire preuve d'imagination et de créativité dans notre propre milieu paroissial. C'est inventer en fonction de tous les charismes et les contraintes. Le vin de la vigne, c'est la Parole qui fermente, une fermentation qui prend son temps. Dans le fait d'aller ou de ne pas aller oeuvrer à la vigne, il s'agit d'une affaire de coeur, on peut très bien ne pas y aller tout en accourant à la vigne ; on peut très bien aller à la vigne et en réalité être resté bloqué à ses habitudes. Ça veut dire aussi que chacun d'entre nous est appelé à se demander ce qui le fait courir, ce qui l'amène ici, ce qui le fait chrétien pratiquant, ce qui le séduit vraiment dans la Parole de Dieu... Il s'agit de devenir soi-même en allant à la vigne, il s'agit de sa propre vie, de sa propre existence. Le travail, l'oeuvre à faire, c'était tout simplement de devenir soi-même.

Il faut se mettre au travail dès maintenant en allant oeuvrer à la vigne.  Nous avons tous l'habitude de s'occuper de nos affaires, de nos études, de notre travail, de notre famille, de nos loisirs et de notre religion. Jésus nous le rappelle, gagner notre vie sur terre et s'occuper de religion ne suffit pas. Est-ce accompli comme Dieu le veut? c'est ce que l'on ne se demande pas assez souvent. En accomplissant toutes ces tâches, est-ce le Royaume de Dieu que nous avons en vue?

Nous sommes respectés de tous ceux qui nous entourent;  nous ne faisons de tort à personne; nous remplissons nos devoirs religieux et les soutenons de nos dons; nous respectons toutes les convenances sociales. Nous pratiquons notre religion, nous respectons tout ce qui y touche et nous la  défendons à l'occasion. Nous prions. C'est très bien; mais, avec tout cela, nous sommes peut-être du nombre de ceux qui disent: "Moi, j'y vais, Seigneur", et qui n'y vont point.

Où en suis-je personnellement rendu au niveau de ma foi? Comme chrétien je suis  appelé à me convertir tous les jours pour s'ajuster à la volonté de Dieu.

Quel fils de la parabole me ressemble le plus? Le «grand parleur, petit faiseur» ou le «petit parleur, grand faiseur»? 
  


Serge Lefebvre