Homélie du 25e dimanche du Temps Ordinaire
prononcée à l'église Saint-François d'Assise le 23 septembre 2001
L'évangile d'aujourd'hui est une parabole. Jésus ne nous donne pas une leçon de banditisme. Sans doute exaspéré par la lenteur de ses auditeurs à accepter et à vivre son Évangile, il leur donne une leçon amère. Il cherche à leur faire honte avec cette histoire du gérant malhonnête adroit. C'est comme si, aujourd'hui, je comparais la pauvreté de notre vie chrétienne à la philanthropie généreuse de certains athées ou au zèle intempestif des baptistes et des témoins de Jéhovah. « Les fils de ce monde sont plus habiles que les fils de la lumière »
La question que nous pose Jésus aujourd'hui est la suivante : « Que sommes-nous prêts à investir en temps, en préoccupations et même en argent pour nous occuper de notre vie spirituelle et de celle des autres? Sommes-nous aussi ingénieux et aussi astucieux que le gérant malhonnête pour prévoir notre entrée un jour en éternité? »La question a de quoi nous surprendre dans un temps où la religion ne doit pas faire peur. Nous ne la posons pas souvent, mais elle est bonne et à propos.
La réponse n'est pas nécessairement négative. Notre vie de foi, notre vie à la suite de Jésus est une préoccupation pour nous. La preuve, c'est que nous sommes ici. Dimanche dernier, j'ai demandé des bénévoles pour participer à la campagne de vaccination contre la méningite, quinze personnes se sont inscrites. Hélène a demandé des choristes, trois personnes se sont ajoutées à la chorale. Cette fin de semaine, Bernadette Doucet et Monique Voghel ne sont pas avec nous. Accompagnées de trois parents, elles animent un camp de préparation à la confirmation. J'ai visité le groupe hier, j'ai célébré l'Eucharistie au camp. Avec beaucoup d'adresse et d'enthousiasme, ces cinq paroissiens transmettent notre foi aux jeunes .
Les Paroles de Jésus aujourd'hui ne nous font pas peur, elles nous entraînent et nous encouragent. Notre foi est une grande richesse. À chaque mois, je suis invité à une réunion de ressourcement spirituel que se donne un groupe de jeunes couples. Samedi dernier, nous parlions évidemment des actes de terrorisme qui venaient d'être commis aux États-Unis. Un des participants a dit : « Nous sommes chanceux nous autres les catholiques d'avoir une religion ouverte comme la nôtre. » Il avait raison, nous sommes chanceux de connaître le vrai de Dieu, un Dieu Père qui ne peut faire peur. Nous sommes chanceux de nous savoir frères et soeurs de Jésus et, à cause de cela, d'avoir comme commandement de nous aimer. De nous aimer sans limite de race, de couleur, de religion.
Cette richesse nous avons à la partager. C'est cela que nous demande Jésus avec son histoire de gérant malhonnête. J'entends dire parfois :
« Chez nous et avec nos amis on ne parle jamais de religion. » Si on veut dire qu'on évite de créer des conflits, qu'on ne veut pas faire de prosélytisme et encore moins la morale aux nôtres, je suis parfaitement d'accord. Mais si on veut dire qu'on refuse d'affirmer notre foi, d'en témoigner clairement devant les nôtres, je ne suis aucunement d'accord. «Ce que je vous dis dans l'ombre, dites-le au grand jour On ne cache pas la lumière sous le boisseau », a dit Jésus.
Sur le plan personnel, ne pourrions-nous pas être plus frondeurs, plus adroits pour dire notre foi, la transmettre à nos enfants, nos voisins, à nos compagnons de travail? Ne sommes-nous pas timides? On nous regarde. Nous avons plus d'influence que nous le pensons. Et surtout nous avons un grand bienfait à apporter à ceux que nous aimons.
Sur le plan communautaire, sur le plan paroissial, nous avons de gros chantiers à mettre en place pour redonner vie à notre Église et réévangéliser notre monde. En particulier avec la laïcisation de nos écoles, à partir de l'an prochain , il faudra assumer la formation religieuse de nos enfants, les catéchiser et peut-être catéchiser aussi leurs parents. Nous aurons à conduire nos enfants à l'église pour les cours de catéchèse le samedi comme nous les conduisons à l'aréna pour la partie d'hockey. Il y aura des camps de formation comme ceux que vivent actuellement nos confirmands. Ça prendra du personnel, de l'argent et beaucoup de bénévolat.
Mais l'investissement en vaut le peine. Nous pouvons espérer faire mieux que ce qui se fait actuellement. Les fils de la lumière seront aussi adroits que les fils des ténèbres.
Jean-Louis Auger