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«Notre royaume, celui de tous»


Là, le bien règne
et il n'y a pas
de place
pour l'hypocrisie.
Car la jalousie
et les rivalités mènent
au désordre
et à toutes sortes d'actions malfaisantes.

Au contraire,
la sagesse qui vient de Dieu
est d'abord droiture, et par suite
elle est paix, tolérance, compréhension ;
elle est pleine
de miséricorde
et féconde
en bienfaits,
sans partialité
et sans hypocrisie.

C'est dans la paix qu'est semée
la justice,
qui donne son fruit aux artisans
de la paix.

D'où viennent
les guerres,
d'où viennent
les conflits
entre vous ?
N'est-ce pas justement de tous
ces instincts
qui mènent
leur combat
en vous-mêmes ?

Vous êtes pleins
de convoitises
et vous
n'obtenez rien,
alors vous tuez ; vous êtes jaloux
et vous n'arrivez pas à vos fins,
alors vous entrez
en conflit
et vous faites
la guerre.

Vous n'obtenez rien parce que
vous ne priez pas ;
vous priez, mais vous ne recevez rien parce que
votre prière
est mauvaise :
vous demandez
des richesses
pour satisfaire
vos instincts.

Nous sommes
invités à croire, comme l'enfant
qui a une foi inébranlable,
qui n'a aucun doute qu'il est aimé
et qui,
en toute sécurité, sent qu'il ne sera pas abandonné
par ceux et celles
qui l'aiment.

Le tout petit
ne s'inquiète pas
de ses lendemains, ne cherche pas
à être le meilleur mais vit humblement en toute confiance. Telle devrait être notre foi
en ce Dieu d'amour; ne nous inquiétons pas de l'importance, du rang ou de la place que nous occupons dans la société.
Comme l'enfant, croyons et reconnaissons les bontés du Christ.

Réflexion pour le 25e dimanche ordinaire B

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 9, 30-37

En partant de là, Jésus traversait la Galilée avec ses disciples, et il ne voulait pas qu'on le sache. Car il les instruisait en disant :
« Le Fils de l'homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. »
Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles et ils avaient peur de l'interroger. Ils arrivèrent à Capharnaüm, et, une fois à la maison, Jésus leur demandait :
« De quoi discutiez-vous en chemin ? »
Ils se taisaient, car, sur la route, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand.
S'étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit :
« Si quelqu'un veut être le premier, qu'il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. »
Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d'eux, l'embrassa, et leur dit :
« Celui qui accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c'est moi qu'il accueille. Et celui qui m'accueille ne m'accueille pas moi, mais Celui qui m'a envoyé. »


Dans l'évangile d'aujourd'hui, nous rencontrons des disciples qui sont motivés par le désir de réussir. Ils se disputent et argumentent pour déterminer lequel d'entre eux mériterait d'être placé au plus haut rang dans le royaume de Jésus. Ils sont motivés par des ambitions humaines, ils  sont désireux de connaître le rang qui leur sera attribué dans le royaume à venir. Un sentiment d'insécurité s'installe alors entre les disciples puisque certains d'entre eux semblent avoir une place privilégiée auprès de Jésus. Les disciples n'étaient pas encore capables d'interpréter les paroles et les actions de Jésus. Ils ne comprenaient pas encore qu'il les préparait à annoncer et à transmettre le message du Royaume qu'il allait bientôt établir.

Nous aussi, nous avons du mal à comprendre. Dans l'Église, c'est bien connu, on ne parle pas de pouvoir mais bien de service. Et pourtant... l'Église est composée d'humains. Elle n'échappe pas aux rivalités, aux querelles internes, aux manigances douteuses, à la course aux promotions ou aux meilleurs postes. Entre l'idéal évangélique et la réalité vécue, il y a toute une distance! Faut-il s'en étonner? Qu'est-ce qui peut rendre le coeur des hommes et des femmes si dur, si cruel ? Pourquoi ce besoin de dominer, d'être fort, tout puissant?

L'inquiétude vécue par les disciples fournit à Jésus une occasion de transmettre son message: celui qui veut être considéré le premier ou le plus grand, doit d'abord prendre la dernière place et être le serviteur de tous. Il doit être disponible afin de répondre aux besoins des autres et de les servir sans attendre de récompense en retour. Jésus prend un enfant dans ses bras et il dit aux disciples: quiconque accueille un enfant en mon nom, m'accueille moi et mon Père, celui qui m'a envoyé dans ce monde. Puisqu'au temps de Jésus, les enfants étaient maltraités et considérés comme des citoyens de seconde classe, Jésus enseignait ainsi à considérer et à accueillir les humbles et les plus négligés de la société. L'enfant demande soin et protection, accueil et tendresse, temps et dévouement. Tous comprennent cette réalité. En attirant à lui un enfant, en l'embrassant, Jésus enseigne en acte. Jésus indique quel chemin il emprunte, un chemin qui n'est pas une voie de privilège. Le chemin de Jésus est un chemin d'accueil et de service.  Le chemin que Jésus recommande à ses disciples est  celui qui est le sien. Jésus nous invite à tendre la main aux plus démunis et à croire en l'amour inconditionnel de Dieu. À travers les enseignements de Jésus, nous avons appris, et apprenons toujours, à implanter la paix dans le monde. Jésus affirme que l'authentique grandeur humaine, la dignité profonde du croyant réside dans l'humble service d'autrui.

Jésus dit aussi qu'il sera le Fils méprisé, livré aux mains des hommes, le Fils au service de ses frères et soeurs.  La Convention sur les Droits de l'Enfant est entrée en vigueur en 1990  elle a été ratifiée par 188 pays, mais pas par les États-Unis. Cette convention prévoit le droit à un niveau de vie suffisant pour assurer le développement, à tous les niveaux, de l'enfant. Elle prévoit également l'élimination de la violence et de l'exploitation sexuelle et économique des enfants, bien qu'il n'y ait pas de référence spécifique aux fillettes. Deux projets de protocoles facultatifs relatifs à cette convention sont à l'étude depuis 1998. L'un concerne la vente des enfants, la prostitution et la pornographie juvéniles, et l'autre, la participation des enfants aux conflits armés. Voilà peut-être ce que veut dire " être livré aux mains des hommes " . Il est malheureusement facile de multiplier les exemples de ceux et celles qui sont livrés pieds et poings liés à ceux qui les torturent, les massacrent ou simplement les exploitent. L'homme ou la femme,  si grand, peut devenir  si méprisable «livré aux mains des hommes».  Le terrorisme à l'échelle du monde est un cri d'alarme contre l'exploitation des pays pauvres par les pays riches, contre la primauté de l'économique, du déficit zéro, contre l'humiliation de l'être humain.

L'Évangile indique des chemins à suivre qui ne sont pas nécessairement à la mode économique. Accueillir le Dieu de Jésus, c'est accueillir un Dieu qui a besoin de nous, qui a besoin de notre amour, et qui a besoin de notre coeur. Accueillir le Dieu de Jésus c'est ouvrir les mains, comme on ouvre son coeur. La nature humaine est capable du meilleur et du pire. Aimer comme Jésus, accueillir toute personne comme Jésus, s'efforcer de pardonner comme Jésus, donner une chance aux moins favorisés, comme Jésus; c'est le programme de toute une vie. On s'y applique, on s'y exerce, on chemine dans cette voie plus qu'on n'y parvient. Mais c'est ainsi qu'on grandit.



Serge Lefebvre,
d'après diverses sources