Homélies...
Accueil
«Le riche et le pauvre se sont rencontrés»
Homélies


Les ouvriers de l'Évangile,
ce sont aussi
tous ces jeunes  baptisés-confirmés
de la dernière JMJ
à Toronto 
appelés eux aussi 
à être
«sel de la terre»
et
«lumière du monde».








Tous jeunes et adultes,
nous sommes
appelés  à
«travailler à la vigne», appelés à
être témoins
et transmetteurs
de la bonne nouvelle qu'est Jésus Christ.










N'oublions à aucun moment que
nous avons à être témoins au coeur
des réalités humaines
et que nous avons
à servir le bien
de l'homme.








Heureux ceux
qui peuvent,
un jour,
comprendre la démesure
de l'amour
de Dieu.







Heureux ceux
qui ont
un coeur de pauvre:
le Royaume des cieux
est à eux!


Réflexion pour  le 25e dimanche ordinaire A


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 20, 1-16
 
Jésus disait à ses disciples :
« Le Royaume des cieux est comparable, en effet, à un maître de maison qui sortit de grand matin, afin d'embaucher des ouvriers pour sa vigne. Il convint avec les ouvriers d'une pièce d'argent pour la journée et les envoya à sa vigne. Sorti vers la troisième heure, il en vit d'autres qui se tenaient sur la place, sans travail, et il leur dit: "Allez, vous aussi, à ma vigne, et je vous donnerai ce qui est juste". Ils y allèrent. Sorti de nouveau vers la sixième heure, puis vers la neuvième, il fit de même. Vers la onzième heure, il sortit encore, en trouva d'autres qui se tenaient là et leur dit: "Pourquoi êtes-vous restés là tout le jour, sans travail?" "C'est que, lui disent-ils, personne ne nous a embauchés." Il leur dit: "Allez, vous aussi, à ma vigne." Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant: "Appelle les ouvriers, et remets à chacun son salaire, en commençant par les derniers pour finir par les premiers." Ceux de la onzième heure vinrent donc et reçurent chacun une pièce d'argent. Les premiers, venant à leur tour, pensèrent qu'ils allaient recevoir davantage; mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d'argent. En la recevant, ils murmuraient contre le maître de maison: "Ces derniers venus, disaient-ils, n'ont travaillé qu'une heure, et tu les traites comme nous, qui avons supporté le poids du jour et la grosse chaleur." Mais il répliqua à l'un d'eux: "Mon ami, je ne te fais pas de tort; n'es-tu pas convenu avec moi d'une pièce d'argent? Emporte ce qui est à toi et va-t'en. Je veux donner à ce dernier autant qu'à toi. Ne m'est-il pas permis de faire ce que je veux de mon bien? Ou alors ton oeil est-il mauvais parce que je suis bon?" Ainsi, les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers. »


Quelques siècles avant Jésus, un marchant juif avait rassemblé l'une des plus grandes fortunes de son temps, et il était réputé  pour sa grande sagesse. Il a laissé des pensées qui ont été préservées jusqu'à nos jours. L'une de celles-ci dit « Le riche et le pauvre se sont rencontrés. Dieu est leur créateur. Le riche et le pauvre se sont rencontrés. Dieu est leur lumière.  »

Cette rencontre entre le riche et le pauvre, dans la parabole des ouvriers de la onzième heure, est une rencontre remplie de justice et de respect. La parabole a été racontée dans une société où beaucoup de personnes étaient marginalisées ou vivaient au-dessous du seuil de pauvreté. Il ne faut pas limiter le message de Jésus à des sentiments moraux. La proclamation de Jésus qui brise le principe du salaire en récompense d'un rendement, et la promesse d'un monde dans lequel même les ouvriers de la dernière heure reçoivent ce qu'il leur faut pour vivre ne peuvent pas être comprises uniquement dans un sens spirituel et religieux. 

Jésus n'est pas un sentimental qui ne peut faire face à la réalité. Dans la parabole, Jésus parle du Royaume de Dieu comme d'une communauté ouverte à tous, sans hiérarchie, sans égard à la position sociale et à la fortune. Les mythes et exigences en vigueur à l'époque ne sont pas très éloignés, pour l'essentiel, des mythes et des exigences qui déterminent la société actuelle.  C'était et c'est resté jusqu'à aujourd'hui une provocation extraordinaire et une remise en cause de l'organisation sociale en vigueur. C'est un élément important du sens de la vie et du choix d'un mode de vie.
Gandhi a réfléchi sur cette parabole. Il a répété tout au long de sa vie que l'être humain est fondamentalement moral même s'il est capable d'avidité, d'immoralité et de manque de coeur. Gandhi affirme simplement qu'on ne peut comprendre l'humanité si on ne reconnaît pas que l'être humain est aussi capable de justice et d'amour. Il a écrit un petit  livre Unto This Last (traduit en français sous le titre Les ouvriers de la dernière heure) qui est un cri de colère contre l'injustice et l'inhumanité.  Dans son livre il déduit de la logique du Royaume de Dieu que la justice et l'humanité ne sont pas compatibles avec la logique du rendement et de la maximalisation du profit. Le maître de maison paie tous ses ouvriers de la même façon, non parce qu'il sous-paie ceux qui ont supporté la fatigue et la chaleur du jour, mais parce que tous les hommes ont des besoins identiques.

La logique du Royaume de Dieu une logique de justice qui prend pour critère les besoins de la personne. Celui qui accepte la logique du Royaume de Dieu pose un regard neuf sur la société et les conceptions qui la marquent. Dieu souhaite la libération et la communion de tous, avec une option particulière pour les pauvres, les malades et les opprimés.

La miséricorde de Dieu n'a pas d'autre limite que celle de l'amour.   Nous sommes tous l'oeuvre de l'amour et de la miséricorde de Dieu. Qui que nous soyons, nous sommes tous infiniment aimés de Dieu en Jésus Christ.

Heureux ceux qui, dans les paraboles de Jésus, se reconnaissent davantage dans les ouvriers de la dernière heure que dans ceux de la première!

Heureux ceux qui, à la suite de Jésus, sont partisans d'une société qui n'exclut personne, placent d'autres priorités et agissent autrement que ceux qui pensent d'abord et surtout à leurs affaires, à leur profit et à leur sécurité!


Serge Lefebvre
d'après diverses sources