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« Cet homme fait bon accueil aux pécheurs »
Homélie du 24e dimanche du Temps Ordinaire
prononcée à l'église Saint-François d'Assise 16 septembre 2001


J'ai choisi la lecture complète de l'évangile plutôt que la lecture brève, même si elle est passablement plus longue. J'aime beaucoup cette parabole de l'enfant prodigue et je pense qu'il est bon pour chacun de nous, aujourd'hui, de la réentendre. Je serai plus bref dans l'homélie

Regardons bien le visage, le vrai visage de notre Dieu. Son enfant s'est trompé, son enfant l'a trompé. Il ne laisse pas monter sa colère. Il n'entretient pas sa colère. Il attend, il espère le retour de son enfant. Quand il le voit, il court vers lui, se jette à son cou. Il ne le laisse pas dire la belle phrase préparée d'avance : « J'ai péché contre le ciel et contre toi, je ne mérite plus d'être appelé ton fils » Il est son fils, il ne peut être autre. « Vite, apportez le plus beau vêtement, mettez-lui une bague au doigt, tuez le veau gras. Mangeons et festoyons. Mon fils que voilà était mort, il est revenu à la vie. »

L'attitude du père frise l'injustice pour le fils aîné. C'est le moins qu'on puisse dire. Le fils a raison de se plaindre. Dans les autres paraboles de l'évangile d'aujourd'hui, le souci de la brebis perdue au détriment des autres, la recherche de la pièce d'argent sont de toute évidence exagérés et déraisonnables. Ça n'a pas d'importance puisque ce sont des paraboles. Et ces paraboles nous disent qui est notre Dieu, quel est son pardon, quelle est sa compréhension pour nous, quel est son amour.

L'attitude du père nous libère de la crainte de Dieu, nous enlève  l'inquiétude pour notre salut éternel; mais aussi, elle oriente et influence  notre vie. « Soyez parfait comme votre père céleste est parfait », a dit Jésus.

Nous avons vécu la semaine dernière des actes monstrueux de terrorisme à New York et à Washington. Nous en sommes encore choqués, affligés pour les victimes et surtout inquiets pour demain. On a écrit à la une dans la Presse vendredi dernier : « La vengeance viendra. »  Le président Bush a parlé de première guerre du 21e siècle. Il faut  contrer le terrorisme et la violence, s'assurer que de tels actes ne se répéteront pas et pour cela prendre des moyens efficaces. Mais il est loin d'être sûr que les armes soient les seuls moyens efficaces. Dans le pays où il y a deux mille ans, Jésus a raconté les paraboles que nous venons d'entendre, chaque semaine des Palestiniens posent des actes de terrorisme comme ceux commis à New York. Moins graves et moins cruels parce qu'ils n'en pas les moyens. Et Israël répond par des actes de répression. C'est l'escalade de la violence. Elle  n'apporte aucune solution aux conflits. Répondre au terrorisme en ensevelissant les gens sous les bombes ne fait pas taire le cri de la souffrance et n'arrête pas l'injustice.

Jésus est venu mettre fin à la loi du talion : « Oeil pour oeil, dent pour dent ». Il l'a remplacé par sa loi de l'amour.

Pour trouver une solution à nos conflits, nos grands conflits mondiaux et nos petits conflits personnels, n'oublions pas de regarder ce père qui attend sur son perron et  de le regarder assez pour nous apercevoir qu'il aime.

Mardi soir dernier, le jour des attentats, une amie m'envoyait un courriel. Troublée par les événements de la journée, elle avait besoin de parler à quelqu'un, elle m'a choisi.

« Pas facile de comprendre, nous assistons impuissants. J'espère que ta journée fut plus constructive. On a beaucoup à faire pour construire un monde de paix et d'amour. Peut-être, suffirait-il de mettre un peu plus d'amour autour de nous. Et donner le goût aux jeunes de poursuivre »


Jean-Louis Auger




Regardons bien le visage, le vrai visage de notre Dieu.













Les paraboles nous disent qui est notre Dieu, quel est son pardon, quelle est sa compréhension pour nous, quel est son amour.


















Pour trouver une solution à nos conflits, nos grands conflits mondiaux et nos petits conflits personnels, n'oublions pas de regarder ce père qui attend sur son perron et  de le regarder assez pour nous apercevoir qu'il aime.