Mes frères,
si quelqu'un
prétend avoir la foi,
alors qu'il n'agit pas, à quoi cela sert-il ?
Cet homme-là
peut-il être sauvé
par sa foi ?
Supposons que
l'un de nos
frères
ou l'une de nos soeurs
n'aient pas de quoi s'habiller,
ni de quoi
manger
tous les jours ;
si l'un de vous
leur dit :
« Rentrez tranquillement
chez vous ! Mettez-vous
au chaud,
et mangez
à votre faim ! »
et si vous ne leur donnez pas
ce que réclame
leur corps,
à quoi cela sert-il ?
Ainsi donc,
celui qui n'agit pas, sa foi est
bel et bien morte,
et on peut lui dire :
« Tu prétends
avoir la foi,
moi je la mets
en pratique. Montre-moi
donc ta foi
qui n'agit pas ;
moi, c'est par
mes actes que je te montrerai ma foi.
Le Seigneur Dieu
m'a ouvert l'oreille,
et moi,
je ne me suis
pas révolté,
je ne me suis
pas dérobé.
J'ai présenté
mon dos
à ceux qui
me frappaient,
et mes joues
à ceux qui m'arrachaient
la barbe.
Je n'ai pas protégé mon visage
des outrages
et des crachats.
Le Seigneur Dieu
vient à mon secours ; c'est pourquoi
je ne suis pas
atteint par les outrages,
c'est pourquoi
j'ai rendu
mon visage
dur comme pierre : je sais que
je ne serai pas confondu.
Il est proche,
celui qui me justifie. Quelqu'un veut-il plaider contre moi ? Comparaissons ensemble.
Quelqu'un a-t-il
une accusation
à porter contre moi ?
Qu'il s'avance !
Voici le Seigneur Dieu qui vient prendre ma défense : qui donc me condamnera ?
Réflexion pour le 24e dimanche ordinaire B
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 8, 27-35
Jésus s'en alla avec ses disciples vers les villages situés dans la région de Césarée-de-Philippe. Chemin faisant, il les interrogeait :
« Pour les gens, qui suis-je ? »
Ils répondirent :
« Jean Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres, un des prophètes.»
Il les interrogeait de nouveau :
« Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »
Pierre prend la parole et répond :
« Tu es le Messie. »
Il leur défendit alors vivement de parler de lui à personne.
Et, pour 1a première fois, il leur enseigna qu'il fallait que le Fils de l'homme souffre beaucoup, qu'il soit rejeté par les anciens, les chefs des prêtres et les scribes, qu'il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite.
Jésus disait cela ouvertement. Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches. Mais Jésus se retourna et, voyant ses disciples, il interpella vivement Pierre :
« Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »
Appelant la foule avec ses disciples, il leur dit :
« Si quelqu'un veut marcher derrière moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix, et qu'il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra; mais celui qui perdra sa vie pour moi et pour l'Évangile la sauvera.
Qui est Jésus pour moi, aujourd'hui, en cet instant même? Qui est Jésus pour nous? Notre réponse oriente toute notre vie, toute notre manière de vivre en société. Ce texte peut soutenir notre réflexion aujourd'hui alors que nous nous souvenons des événements du 11 septembre (Le World Trade Center à New York en 2001, ainsi que des événements au Chili en 1973...)
Qui est Jésus pour moi, aujourd'hui, en cet instant même? Il ne s'agit pas ici de répondre de manière mécanique et stéréotypée, comme si c'était une leçon apprise. Suivant la réponse que je donne personnellement à cette question, ma vie sera ou ne sera pas transformée en profondeur. L'apôtre Pierre s'est défait de ses idées erronées sur le Messie et sur le Royaume jusqu'au point où il a accepté la perspective des choses telle que Jésus les avait fait passer.
Qui est Jésus pour moi, aujourd'hui, en cet instant même? Cette question de Jésus est une invitation à savoir en qui, en quoi et pourquoi nous croyons. Jésus veut faire des disciples et non pas des adeptes. Il veut faire des disciples appelés à apprendre, à témoigner dans une relation vivante. Jésus nous sollicite comme partenaires, il nous invite à le reconnaître comme le Messie, l'envoyé du Père, et il nous propose de marcher fidèlement à sa suite. Jésus nous appelle à être conscients de la situation du monde. Le regard, l'attention et l'action de la communauté sont dirigés par Jésus vers le monde. Jésus est le sauveur du monde, et il compte sur nous.
Suivre Jésus demande à chacun que l'on accepte de vivre les moments difficiles avec foi, courage et espérance. Comme Pierre nous souhaiterions peut-être un Messie sans problème, sans souffrance? Comme Pierre nous sommes devant une réalité que nous voudrions différente, mais qui ne l'est pas. Comme à Pierre, Jésus nous dit: « Si vous voulez marcher derrière moi, prenez votre croix et suivez-moi. » Jésus nous appelle à vivre et il nous appelle aussi à participer à son oeuvre de création en donnant la vie et en la développant jusqu'au bout. Il faut traduire cela par le temps gratuit que l'on donne, par l'attention aux autres, par cette capacité de regarder les événements et les personnes avec sérénité, avec une certaine sagesse. Jésus impose l'exigence de ne jamais nous estimer détenteurs de la vérité, mais témoins de la vérité. Remettre en question sa foi, c'est accepter d'apprendre à se connaître soi-même par le Christ. Il ne s'agit pas de s'asseoir jusqu'à ce que tout s'éclaire, jusqu'à ce que tout soit compris pour enfin se lever et partir . Non, ce n'est pas ainsi que ça marche ! C'est en chemin qu'un disciple apprend, en marchant et en étant, sur ce chemin, transformé peu à peu. Parce que tout ne devient pas clair en un instant ...
Nous devons nous interroger sur la façon dont nous suivons Jésus dans son engagement à faire la volonté du Père. Si Jésus nous appelle à nous poser et reposer la question de son identité, c'est parce qu'il sait qu'en nous s'affrontent les deux réponses, les deux tendances possibles: « Je sais qui est Jésus, on me l'a enseigné, je connais l'Église, et ma paroisse, j'ai une idée assez précise, voire bien arrêtée, de la façon dont elle structure mon équilibre, et contribue à la bonne marche de la société » Ou alors: « Tu es le Christ; par la relation vivante et toujours nouvelle qui m'unit à toi, et avec toi aux autres, j'apprends à connaître qui je suis en vérité. »
A quoi suis-je disposés à renoncer pour accueillir la nouveauté de l'appel? Pour qui est-ce que je vis? Est-ce pour moi, mon confort, ma réussite - même spirituelle -, l'image que je me fabrique de moi-même, de ma paroisse, comme croyant ou disciple de Jésus ? Ou pour le Jésus que je découvre ?
Nous sommes faits à l'image de Dieu, ainsi nous pouvons faire jaillir la vie, c'est-à-dire allumer une étoile dans le coeur des autres.
Serge Lefebvre,
d'après diverses sources