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Homélie du 22e dimanche du Temps Ordinaire prononcée
à l'église Saint-François d'Assise le 2 septembre 2001


Près de chez moi, il y a une cour d'école. De temps en temps, je regarde les enfants jouer. Ils crient, ils rient, mais aussi, ils se chicanent souvent. Ils se chicanent parce qu'ils n'ont pas gagné, parce qu'ils ne sont pas les premiers.

Les adultes aussi se chicanent parce qu'ils ne sont pas les premiers. Nombre de graves  problèmes politiques dans le monde et chez nous se régleraient facilement s'il n'y avait pas de luttes de pouvoir et de recherches d'intérêts personnels. Nombre de petits et gros conflits dans nos familles, dans nos paroisses, dans nos mouvements, ont peu à faire avec le sujet du conflit et beaucoup à faire avec nos susceptibilités, notre goût de dominer, d'être considérés, d'avoir la première place.

C'était comme cela au temps de Jésus. Dans l'Évangile d'aujourd'hui, il se sert du comportement des convives, à un banquet où il est invité, pour introduire une nouvelle manière de penser le pouvoir, un nouvel ordre de valeurs. Jésus ne donne pas une manière astucieuse pour avoir la première place sans que ça paraisse. Il change le lieu de la première place. Des premiers deviennent derniers et des derniers deviennent premiers.

Le premier, ce n'est plus celui qui est le plus gros, le plus fort,  celui qui a le plus d'argent, celui qui court le plus vite, celui qui est la plus grande vedette. Le premier, c'est celui qui pense le plus à l'autre, vit pour l'autre, lui donne la place, lui donne sa place, le sert.

« Quand tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles », dit Jésus au maître de la maison à la fin de l'Évangile d'aujourd'hui. Il ne faut pas prendre ces paroles au pied de la lettre. C'est une image, une image qu'il faut comprendre. Jésus ne nous demande pas d'inviter à notre table de temps à autres des éclopés de la vie, de transformer notre maison en Accueil Bonneau quelques jours par année. Ce ne serait pas mal, mais ça ne suffit pas, c'est trop facile. Il nous invite  à une attitude continuelle, à une manière d'être qui nous rend attentifs et compatissants, généreux et bons pour les souffrants, les malheureux, « les mal-pris », ceux de la société mais aussi ceux qui vivent chez nous. Jésus nous demande de considérer comme nos proches, comme des membres de notre famille, comme nos amis, les gens qui ont besoin de nous. « Si vous n'aimez que ceux qui vous aiment ... si vous ne faites du bien qu'à ceux qui vous en font ... si vous ne prêtez que quand vous êtes sûrs qu'on vous rendra, quelle récompense attendez-vous? », a dit Jésus.

Pour suivre Jésus, nous n'avons pas nécessairement à bouleverser notre vie, nous avons à bouleverser notre coeur. Un jour, un riche industriel a demandé à mère Thérésa s'il lui fallait vendre tous ses biens pour être fidèle à l'Évangile : « Non », a répondu Mère Thérésa.  « Ne vendez pas votre entreprise et n'abandonnez pas votre fonction. Par vos investissements et votre talent vous faites vivre des centaines de travailleurs et de familles. Mais apprenez à les connaître par leur nom et aimez chacun de vos employés surtout les plus humbles. Soyez à l'écoute de leurs besoins et de leurs difficultés. Vous n'êtes pas propriétaire mais gérant. Apprenez à gérer pour Dieu. »

Nous ne sommes propriétaires de rien et de personne, nous sommes serviteurs de tous et plus particulièrement des pauvres. Cette manière de penser, cette manière de vivre n'est pas naturelle. Elle ne fait pas partie des murs du monde ou c'est plutôt : « Au plus fort la poche. »  « Mon argent je l'ai gagné, je peux en faire ce que je veux. »

Cette manière de penser, cette manière de vivre, c'est celle de Jésus. Il nous invite à la pratiquer comme lui-même l'a pratiquée pour qu'un jour il puisse nous inviter à sa table, nous donner la première place,  en  disant : « Venez les bénis de mon Père; j'ai eu faim et vous m'avez donné à manger, j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire. Tout ce que vous avez fait à ces petits, c'est à moi que vous l'avez fait. »


Jean-Louis Auger
Homélies
« Quand tu donnes un festin, invite des pauvres,
des estropiés, des boiteux, des aveugles »





Ne prenez pas les premières places, dit Jésus, ne vous croyez pas les meilleurs. Accueillez les pauvres, les exclus, les étrangers.










L'orgeilleux est loin de Dieu car il est trop occupé de lui-même, il croit tout bien faire et tout savoir.




















Quand nous venons à la messe, nous sommes un peu des pauvres, des boiteux, des aveugles invités à ta table, Seigneur.


Apprends-nos à être plus forts, sans dominer les autre.


Apprends-nous à être meilleurs tous ensemble, sans oublier personne.


Apprends-nous à être les premiers à répondre à ton amour.