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«L'essentiel dans la vie»


Frères
bien-aimés,
chacun devrait
être toujours
prêt à écouter,
lent à parler,
lent à se mettre
en colère,
car la colère
de l'homme n'accomplit pas
ce que Dieu
attend
du juste. 


C'est pourquoi
vous devez
rejeter
tout ce qui salit,
tout ce qu'il
vous reste
de méchanceté,
pour accueillir humblement
la parole
de Dieu
semée en vous ;
elle est capable
de vous sauver.


Mettez
la Parole
en application,
ne vous contentez pas de l'écouter :
ce serait
vous faire
illusion.


Car écouter
la Parole
sans la mettre
en application,
c'est ressembler
à un homme
qui se regarde
dans une glace,
et qui,
aussitôt après,
s'en va
en oubliant
de quoi
il avait l'air.


Au contraire, l'homme
qui se penche
sur la loi parfaite, celle de la liberté,
et qui s'y tient,
celui qui
ne l'écoute pas
pour l'oublier,
mais l'applique
dans ses actes, heureux
sera-t-il
d'agir ainsi. 


Si quelqu'un
croit être
un homme religieux, alors qu'il
ne sait pas
mettre un frein
à sa langue,
il se trompe lui-même,
sa religion
ne mène
à rien.

Devant Dieu
notre Père,
la manière
pure
et irréprochable
de pratiquer
la religion,
c'est de venir
en aide
aux orphelins
et aux veuves
dans leur malheur,
et de se
garder propre
au milieu
du monde.
Réflexion pour le 22e dimanche ordinaire B

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 7, 1-23

Les pharisiens et quelques scribes étaient venus de Jérusalem. Ils se réunissent autour de Jésus,  et voient quelques-uns de ses disciples prendre leur repas avec des mains impures, c'est-à-dire non lavées. -  Les pharisiens en effet, comme tous les Juifs, se lavent toujours soigneusement les mains avant de manger, fidèles à la tradition des anciens ; et au retour du marché, ils ne mangent pas avant de s'être aspergés d'eau, et ils sont attachés encore par tradition à beaucoup d'autres pratiques : lavage de coupes, de cruches et de plats. -  Alors les pharisiens et les scribes demandent à Jésus : « Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens ? Ils prennent leurs repas sans s'être lavé les mains. »  Jésus leur répond : « Isaïe a fait une bonne prophétie sur vous, hypocrites, dans ce passage de l'Écriture :
'Ce peuple m'honore des lèvres,mais son coeur est loin de moi.
Il est inutile, le culte qu'ils me rendent ;
les doctrines qu'ils enseignent ne sont que des préceptes humains.'
Vous laissez de côté le commandement de Dieu pour vous attacher à la tradition des hommes. »

Il leur disait encore : « Vous rejetez bel et bien le commandement de Dieu pour observer votre tradition.  En effet, Moïse a dit : Honore ton père et ta mère. Et encore : Celui qui maudit son père ou sa mère sera mis à mort.  Et vous, vous dite: 'Supposons qu'un homme déclare à son père ou à sa mère : Les ressources qui m'auraient permis de t'aider sont corbane, c'est-à-dire offrande sacrée.'  Vous l'autorisez à ne plus rien faire pour son père ou sa mère,  et vous annulez la parole de Dieu par la tradition que vous transmettez. Et vous faites beaucoup de choses du même genre. »

Il appela de nouveau la foule et lui dit : « Écoutez-moi tous, et comprenez bien.  Rien de ce qui est extérieur à l'homme et qui pénètre en lui ne peut le rendre impur. Mais ce qui sort de l'homme, voilà ce qui rend l'homme impur. »

Quand il eut quitté la foule pour rentrer à la maison, ses disciples l'interrogeaient sur cette parole énigmatique. Alors il leur dit : « Ainsi, vous aussi, vous êtes incapables de comprendre ? Ne voyez-vous pas que tout ce qui entre dans l'homme, en venant du dehors, ne peut pas le rendre impur,  parce que cela n'entre pas dans son coeur, mais dans son ventre, pour être éliminé ? » C'est ainsi que Jésus déclarait purs tous les aliments.

Il leur dit encore : « Ce qui sort de l'homme, c'est cela qui le rend impur. Car c'est du dedans, du coeur de l'homme, que sortent les pensées perverses : inconduite, vols, meurtres,  adultères, cupidités, méchancetés, fraude, débauche, envie, diffamation, orgueil et démesure.  Tout ce mal vient du dedans, et rend l'homme impur. »

La tradition des anciens, que les Juifs pieux observaient, était contraire à la loi de Moïse. Ils y omettaient certaines choses, en ajoutaient d'autres, et en interprétaient d'autres à leur guise. Les disciples étaient des Galiléens loin de la stricte Jérusalem, de simples travailleurs qui avaient du mal à se conformer à tous ces détails. Jésus dénonce donc un système religieux imaginé par l'homme pour lui-même. Sous prétexte de piété, cet enseignement rabaisse l'homme et la femme. Les pharisiens étaient à l'origine des chercheurs de Dieu qui voulaient mettre Dieu dans tous les gestes de leur vie. Le temps et la nature humaine, les ont conduit à s'éloigner du sens réel de la loi. Il leur manquait l'essentiel de cette loi, c'est-à-dire l'amour de l'homme pour Dieu. Cet amour est le premier et le plus grand commandement, et l'amour du prochain est le second. 

C'est à cet esprit de la loique Jésus les appelle. C'est du dedans, du coeur de l'homme que sortent les pensées à l'origine des comportements mauvais.

Saint Jacques nous donne le meilleur moyen de nous mettre à l'écoute de Dieu : c'est de se comporter comme lui qui fait attention aux pauvres, à ceux qui sont faibles, aux enfants, aux veuves, aux personnes âgées. En donnant notre attention aux plus petits de la terre, nous rendons le vrai culte à Dieu. La meilleure façon de l'honorer est d'honorer les pauvres, les faibles, ceux qui sont démunis dans la vie.

À l'origine de nos actions de chrétiens, il y a la gratuité de Dieu. La vitalité de nos communautés paroissiales s'appuie sur le don généreux et gratuit des talents, du temps et des aumônes de chacun et de chacune. Nos prières puisent à la liturgie de l'Église, se nourrissent de la parole de Dieu et s'expriment dans des gestes et des paroles animés de "tendresse et de bonté, d'humilité, de douceur et de patience".

Les femmes et les hommes que nous rencontrons, s'attendent à voir en nous des signes du Royaume de justice, de paix, de réconciliation et d'amour que Dieu veut instaurer. Faisons de notre paroisse des maisons ouvertes à tous. Ce que nous avons reçu de ceux et celles qui sont venus avant nous, transmettons-le aux autres générations, embelli de notre propre couleur paroissiale.  Et ceci, sans tomber dans la nostalgie du passé, dans les habitudes de la tradition.  Nous devons être prêts à quitter la tradition en faveur de la recherche de l'essentiel. Les gestes extérieurs ne sont importants que s'ils reflètent notre spiritualité.  Nous ne pourrons construire le Royaume de Dieu que par une attitude de vérité, en ayant comme référence Jésus lui-même.

Nous devons toujours être à la recherche de l'essentiel. L'oeil humain ne perçoit pas l'intérieur caché par l'enveloppe, par la chair. Celui qui dirige son regard vers l'Esprit de Dieu perçoit l'intérieur d'une personne et ne se préoccupe ni de sa position sociale, ni de sa parenté, ni des avantages à en tirer. Il contemple ce que la chair ne voit pas et sait que l'essentiel dans la vie est ce qui est à l'intérieur de la personne qu'il rencontre. Il n'existe rien de plus précieux.

Serge Lefebvre,
d'après diverses sources