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Homélie du 21e dimanche du Temps Ordinaire prononcée à l'église Saint-François d'Assise le 26 août 2001


« N'y aura-t-il que peu de gens à être sauvés? » Jésus ne répond pas à cette question qui lui est posée.  Pourquoi ne répondons-nous pas à certaines questions? Ordinairement parce que nous ne savons pas la réponse. Jésus ne sait pas le nombre de personnes qui seront sauvés, la réponse n'est pas entre ses mains.

Si on m'avait demandé hier soir : « Y aura-t-il beaucoup de monde à la messe demain matin? »  Je n'aurais pas pu répondre. J'essaie de célébrer une bonne messe; je prépare l'homélie, les introductions, la musique. Je ne sais pas qui va décider de venir ou de ne pas venir. La réponse n'est pas entre mes mains.

C'est la même chose pour Jésus. Il est venu sauver tout le monde,
« rassembler les hommes de toute nation et de toute langue » avons-nous lu dans la première lecture. Il a offert sa vie pour cela. Sans doute il a le goût de répondre : « Tout le monde sera sauvé, je veux que tout le monde soit sauvé. »  Mais il ne sait pas qui voudra de son salut.

Il sait seulement ce qu'il faut faire pour y accéder. « Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite », dit-il. La phrase peut surprendre, mais c'est le gros bon sens. Jésus n'affirme pas que la porte est difficile à traverser, que le chemin qui y mène est pénible à gravir, il dit que la porte est étroite, qu'on ne peut y passer qu'un par un.

On n'entrera pas au ciel en « gang ». On ne sera pas sauvé parce que l'on fait partie d'un peuple choisi, qu'on a été baptisé, qu'on est catholique, ou encore parce qu'on a pratiqué telle dévotion un certain nombre de fois.

La porte étroite dont il est question dans l'Évangile d'aujourd'hui, ce n'est pas un objet, un lieu, c'est une personne. « Je suis la porte », a dit Jésus; « personne ne va au Père sans passez par moi ».   On ne trouve la porte du ciel qu'en suivant Jésus, qu'en agissant comme lui, qu'en aimant comme lui, qu'en faisant comme lui la volonté du Père. « Ce n'est pas celui qui dit Seigneur, Seigneur, qui entrera dans le Royaume des cieux, mais celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux. »

Jésus n'a que faire des semblants, des façades. « Nous avons mangé et bu en ta présence, tu as enseigné sur nos places », lui disent, dans l'Évangile, des gens qui veulent se faire ouvrir le ciel. - « Oui, mais m'avez-vous écouté, qu'avez-vous fait de ma Parole, de mon Évangile, de ma vie, de ma mort?...  Je ne vous connais pas. » Ce que Jésus connaît, ce qu'il reconnaît, c'est notre coeur, le fond de notre coeur. C'est notre vie, la vérité de notre vie.

Nous aurons des surprises au ciel.  « Des premiers seront  derniers et des derniers seront premiers », dit Jésus à la fin de l'Évangile. Il y a des gens dont la vie morale nous pose question, des marginaux, des exclus, des personnes non en règle avec l'Église officielle et que nous retrouverons en bonne place au ciel. Il y a des distants, des non catholiques, même des athées, des gens dont les opinions, les contestations nous agacent que nous retrouverons en bonne position au ciel. Peut-être sans le savoir, ils auront suivi Jésus et passé par la porte étroite.

Nous, nous savons. Nous connaissons Jésus; nous connaissons son Évangile. Nous savons où est la porte. Nous sommes gratifiés, nous sommes chanceux. Mais ça ne suffit pas. Il ne suffit pas de savoir, il faut faire. C'est ce que nous dit Jésus aujourd'hui.

Y aura-t-il beaucoup de monde au ciel? Comme Jésus, je ne sais pas. La réponse n'est pas entre mes mains. Ce que je sais, c'est ce qu'il faut faire pour y aller. Et comme vous, j'ai bien l'idée d'y aller. C'est pour cela que je suis ici; que je me nourris de Jésus dans sa Parole et dans son Pain de vie pour le suivre et passer par la porte étroite.

Jean-Louis Auger
Homélies
« Je suis venu rassembler les hommes
de toute nation et de toute langue»

Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite.
La porte étroite dont il est question dans l'Évangile d'aujourd'hui, ce n'est pas un objet, un lieu, c'est une personne. « Je suis la porte », a dit Jésus.











Ce n'est pas celui qui dit Seigneur, Seigneur, qui entrera dans le Royaume des cieux, mais celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux.
































Ce que Jésus connaît, ce qu'il reconnaît, c'est notre coeur, le fond de notre coeur. C'est notre vie, la vérité de notre vie.