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«Choisir avec qui on fait route»


Josué réunit toutes les tribus d'Israël
à Sichem ;
puis il appela
les anciens d'Israël, avec les chefs,
les juges
et les commissaires ; ensemble
ils se présentèrent devant Dieu.

Craignez donc
le Seigneur
et servez-le
dans l'intégrité
et la fidélité.
Écartez les dieux
que vos pères
ont servis au-delà
de l'Euphrate
et en Égypte ;
servez le Seigneur. S'il ne vous plaît pas de servir le Seigneur, choisissez aujourd'hui
qui vous voulez servir :
les dieux que vos pères servaient au-delà de l'Euphrate,
ou les dieux
des Amorites
dont vous habitez
le pays.
Moi et les miens, nous voulons
servir le Seigneur. »

Le peuple répondit : « Plutôt mourir
que d'abandonner
le Seigneur
pour servir
d'autres dieux ! 
C'est le Seigneur notre Dieu
qui nous
a fait monter,
nous et nos pères,
du pays d'Égypte, cette maison d'esclavage ;
c'est lui qui,
sous nos yeux,
a opéré tous ces grands prodiges
et nous a protégés tout le long
du chemin
que nous avons parcouru,
chez tous les peuples au milieu desquels nous sommes passés. Et même
le Seigneur
a chassé devant nous tous ces peuples, ainsi que les Amorites
qui habitaient
le pays.
Nous aussi,
nous voulons servir le Seigneur,
car c'est lui
notre Dieu. »

Réflexion pour le 21e dimanche ordinaire B

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 6, 60-69

Beaucoup de ses disciples, qui avaient entendu, s'écrièrent :
« Ce qu'il dit là est intolérable, on ne peut pas continuer à l'écouter ! »

Jésus connaissait par lui-même ces récriminations des disciples. Il leur dit : « Cela vous heurte ?  Et quand vous verrez le Fils de l'homme monter là où il était auparavant ?... C'est l'esprit qui fait vivre, la chair n'est capable de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie.  Mais il y en a parmi vous qui ne croient pas. »

Jésus savait en effet depuis le commencement qui étaient ceux qui ne croyaient pas, et celui qui le livrerait.  Il ajouta : « Voilà pourquoi je vous ai dit que personne ne peut venir à moi si cela ne lui est pas donné par le Père. »

A partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s'en allèrent et cessèrent de marcher avec lui.  Alors Jésus dit aux Douze : « Voulez-vous partir, vous aussi ? » 

Simon-Pierre lui répondit : « Seigneur, vers qui pourrions-nous aller ? Tu as les paroles de la vie éternelle.  Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint, le Saint de Dieu. »


Tout a commencé dans l'euphorie générale, par un mouvement d'enthousiasme. Rappelez-vous, au début de ce chapitre 6 de saint Jean, cette foule qui suivait Jésus. Environ cinq mille hommes et la multiplication des pains. Comment douter que Jésus soit « le prophète, celui qui doit venir dans le monde » ! Mais Jésus poursuit avec « Je suis le pain de vie ». Cette parole est intolérable,  impénétrable. Beaucoup ne le supportent pas et abandonnent Jésus. Loin de retenir ceux qui restent, Jésus dit simplement aux douze : « Vous aussi, vous voulez vous en aller ? »

Certainement, cette parole rebute et déconcerte. Le langage de l'Évangile est très fort. L'ensemble de l'évangile est scandaleux et insupportable. À force de persévérance, nous y découvrons l'aliment qui apaise sa faim et la lumière qui l'éclaire. Evidemment, cela choque les uns, déçoit les autres, mais cela exige de chacun et de chacune la décision de la foi : je refuse de croire et je m'en vais, ou, je crois et je reste.  Et c'est là, justement, le risque de la foi : croire, c'est aller à Dieu, c'est prendre le risque d'un engagement total à la suite du Christ.

Il faut choisir avec qui on fait route,
Il faut choisir entre de fausses croyances et la vraie foi.

L'église n'est plus la seule à proposer une interprétation de la vie et de la mort. D'autres groupes et tendances sont là pour expliquer l'univers, à leur manière, et, il faut choisir. Il faut choisir Dieu, il faut opter pour la vie avec Dieu, sinon, c'est perdu.

«Voulez-vous partir vous aussi?» dit Jésus à ses apôtres. «Non, quant à nous, nous croyons» a répondu Pierre. Il faut choisir nous aussi. Nous ne pouvons pas servir deux maîtres en même temps. Les idoles sont souvent tentantes. Malgré les noms divers qu'elles portent, elles ont les mêmes effets. Elles passent avant le service et l'écoute de Dieu. Elles accaparent les rêves de vie, l'idéal, le coeur. C'est l'argent, le travail, la jouissance sous toutes ses formes. Il faut choisir, il faut se choisir, son appartenance, son identité, elle ne nous est plus donnée quasi automatiquement comme dans le temps. Et, quand il s'agit de la foi, la seule décision humaine ne suffit pas: «Personne ne peut venir à moi si cela ne lui est pas donné par le Père». La foi est un don à demander, à honorer, à prier. Avoir la foi: c'est faire confiance, c'est s'abandonner, c'est s'appuyer sur Dieu.

Quand je fais confiance à Jésus, je crée des liens d'amour total avec lui, j'écoute ses invitations à le suivre, j'accueille sa vie dans ma vie, sa résurrection dans tous mes combats. Pierre et les disciples mettent toute leur confiance en Jésus, en personne d'autre, et surtout, ils ne mettent pas leur confiance en eux-mêmes, mais en celui qui les a choisis. Ils attendent tout de Dieu, qui lui, il donne que nous pouvons venir au Christ, venir à sa suite.

Les Douze restent. Et nous? Allons-nous rester ? Il n'y a pas d'autre vers qui on pourrait aller. « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as des paroles de vie éternelle. »


Serge Lefebvre,
d'après diverses sources