Puis Amazias
dit à Amos :
« Va-t'en d'ici
avec tes visions, enfuis-toi
au pays de Juda ; c'est là-bas
que tu pourras gagner ta vie
en faisant ton métier de prophète.
Mais ici,
à Béthel,
arrête de
prophétiser ;
car c'est un sanctuaire royal,
un temple du royaume. »
Amos répondit
à Amazias :
« Je n'étais
pas prophète
ni fils de prophète ; j'étais bouvier,
et je soignais
les figuiers.
Mais le Seigneur
m'a saisi quand j'étais derrière
le troupeau,
et c'est lui
qui m'a dit : '
Va, tu seras
prophète
pour mon peuple Israël.'
Que faites-vous lorsque
quelqu'un
refuse
de vous écouter ?
Vous lancez-vous dans une argumentation logique?
Perdez-vous contenance ?
Vous mettez-vous
en colère ?
Vous retirez-vous tranquillement
mais
fermement ?
Ou réagissez-vous d'une autre
manière
encore ?
Que pouvez-vous attendre
que Dieu
fasse
à travers vous ?
Réflexion pour le 15e dimanche ordinaire B
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 6, 7-13
Jésus appelle les Douze, et pour la première fois il les envoie deux par deux. Il leur donnait pouvoir sur les esprits mauvais, et il leur prescrivit de ne rien emporter pour la route, si ce n'est un bâton ; de n'avoir ni pain, ni sac, ni pièces de monnaie dans leur ceinture. «Mettez des sandales, ne prenez pas de tunique de rechange. » Il leur disait encore : « Quand vous avez trouvé l'hospitalité dans une maison, restez-y jusqu'à votre départ. Si, dans une localité, on refuse de vous accueillir et de vous écouter, partez en secouant la poussière de vos pieds : ce sera pour eux un témoignage. » Ils partirent, et proclamèrent qu'il fallait se convertir. Ils chassaient beaucoup de démons, faisaient des onctions d'huile à de nombreux malades, et les guérissaient.
Après son rejet de sa ville natale lu dans le texte de dimanche dernier, Jésus va de village en village en enseignant. Il ne reste pas sur son échec apparent. Il fait route. Il proclame sa bonne nouvelle à tous. C'est ainsi qu'il s'arrête pour appeler auprès de lui les douze, puis il les envoie en mission. L'évangile dit qu'« il leur donnait pouvoir sur les esprits mauvais et leur prescrivit de ne rien emporter pour la route ». Allez, et ils vont. Sans se soucier. Comme Amos, ce prophète qui, chassé par le prêtre de Béthel, répondra : « je n'étais pas prophète, je n'étais pas fils de prophète, j'étais bouvier, je traitais les figuiers ; mais le Seigneur m'a dit: Va ! Prophétise à Israël mon peuple. »
Jésus s'est arrêté pour prendre du temps avec ses disciples, pour les reconnaître comme amis et collaborateurs. Il a pris le temps nécessaire pour les préparer à leur mission. Il a partagé avec eux sa vision, son espérance et sa vocation. Jésus a envoyé ses apôtres, deux par deux, comme un curé avec son vicaire Mais, aujourd'hui ... c'est plutôt un prêtre pour trois paroisses, avec ses collaborateurs.
Jésus n'envoie pas chacun des disciples dans une direction en lui disant 'débrouille-toi !' . Il les a préparés, et il leur a donné le même don que lui avait : le don des guérisons. Puis, ils vont deux par deux ? Imaginez les discussions et les frictions possibles. Est-ce qu'il n'aurait pas été plus efficace de les envoyer un par un ? Cela aurait permis d'annoncer la Bonne Nouvelle à deux fois plus de monde dans un même temps ! Pourquoi deux par deux ? D'abord, pour que leur parole unanime soit accueillie comme vraie. Jésus envoie ses apôtres par petits groupes, car le témoignage n'est pas le fait d'une personne, mais bien d'une communauté.
Nous aussi Jésus nous appelle auprès de lui. Tous, nous avons le devoir du témoignage chrétien, chacun selon le service qui nous a été demandé, chacun selon sa vocation propre. Nous sommes des apôtres modernes. Nous sommes des acteurs dans l'histoire de l'évangile. Jésus veut nous envoyer dans le monde, pour proclamer la bonne nouvelle, pour l'apporter aux faibles et malades et pour donner sens à nos vies et à celle des autres. Nous aussi, nous formons des équipes. Notre paroisse, notre unité pastorale, est constituée de plusieurs comités voués à des ministères. Ce travail par équipe nous permet d'être plus présent, de faire plus et d'être plus représentatifs de notre diversité. Cela contribue à l'émulation, à notre encouragement, à notre respect mutuel et à l'authenticité de notre témoignage. Mais ce travail en commun peut aussi être difficile. Pour pouvoir tenir bon, les disciples, comme nous, ont besoin de l'autorité spirituelle de Jésus.
La mission d'évangélisation c'est de témoigner comme des paroles vivantes. Ce qui compte le plus pour Jésus, n'est pas d'abord la réussite des disciples, mais plutôt leur cheminement. Jésus envoie ses disciples en tant qu'acteurs pour qu'ils puissent s'approprier l'évangile. Il les envoie pour qu'ils puissent découvrir avec leurs propres yeux et oreilles la bonne nouvelle de Dieu pour tous les hommes. Il les envoie pour qu'ils mettent en pratique son enseignement de l'amour, l'annonce du royaume de Dieu et la conversion.
Jésus nous demande la même chose. L'Esprit Saint nous accompagne. Il nous permet de nous édifier les uns les autres dans notre travail en commun. Il nous permet d'apporter une parole d'espérance et une présence libératrice auprès de nos frères et soeurs. L'envoi en mission fait partie intégrale de la foi chrétienne. Nous sommes ainsi tous des missionnaires, envoyés là où nous sommes aujourd'hui pour témoigner de notre espérance. Devons tous laisser nos travaux en plan, abandonner nos familles, nos communautés comme saint François d'Assise? Il ne nous est pas demandé de faire l'impossible, de vivre comme on vivait au 13e siècle! Mais l'exigence demeure : Jésus nous enseigne qu'il faut nous désencombrer pour annoncer avec vérité la Bonne Nouvelle. Pour être disponibles à l'esprit de Dieu, il faut être allégés.
Serge Lefebvre
d'après diverses sources