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«Apaiser la tempête »




Jésus
nous rejoint
dans le quotidien,
la routine
et même
la banalité
de notre vie.



Jésus délie
notre coeur.



Jésus
nous montre
à donner
comme lui
de l'attention,
du temps,
de la compréhension,
de l'amour.



Jésus nous
invite à vivre
en pleine confiance car il
s'occupe
de nous.




Le Christ
est mort pour tous, afin que les vivants n'aient plus leur vie centrée sur eux-mêmes,
mais sur lui,
qui est mort
et ressuscité
pour eux.




Désormais
nous ne connaissons plus personne
à la manière humaine :
si nous avons compris le Christ
à la manière humaine,
maintenant nous
ne le comprenons plus ainsi.




Si donc quelqu'un est en Jésus Christ,
il est une créature nouvelle.





Le monde ancien s'en est allé,
un monde nouveau est déjà né.


Réflexion pour le 12e dimanche du temps ordinaire B

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (4, 35-41)

Ce jour-là, le soir venu, il [Jésus]  dit à ses disciples : « Passons sur l'autre rive. » Quittant la foule, ils emmènent Jésus dans la barque, comme il était; et d'autres barques le suivaient. Survient une violente tempête. Les vagues se jetaient sur la barque, si bien que déjà elle se remplissait d'eau. Lui dormait sur le coussin à l'arrière. Ses compagnons le réveillent et lui crient : « Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? » Réveillé, il interpelle le vent avec vivacité et dit à la mer : « Silence, tais-toi ! » Le vent tomba, et il se fit un grand calme. Jésus leur dit : « Pourquoi avoir peur ? Comment se fait-il que vous n'ayez pas la foi ? » Saisis d'une grande crainte, ils se disaient entre eux : « Qui est-il donc, pour que même le vent et la mer lui obéissent ? »

Au temps de Jésus, on croyait que les puissances du mal et de la mort habitaient le fond de la mer. On craignait  les eaux et la mer agitées. C'est dans ce contexte que se déroule le récit d'aujourd'hui.

Jésus  savait ce qu'était la fatigue. Il était fatigué, il dormait au fond d'une barque, il se laissait ballotter. La barque était en péril. Les disciples pensaient qu'ils étaient perdus, tout en ayant à bord Jésus, le Fils de Dieu. Et quel a été le résultat ? Jésus commande aux forces de la nature.  La tempête est  réduite au silence, la mer redevient calme.

Il en est de même dans nos vies : nous traversons des tempêtes et pourtant Dieu est là, à nos côtés. Nous avons des besoins profonds : besoin de sens à donner à notre vie, de paix intérieure, d'amour sans limite, de vie pleine qui dure toujours. La peur de suivre Jésus, nous la connaissons. Nous voulons le suivre, mais nous échouons, dans un domaine ou un autre. Chacun de nous voit parfois son horizon s'assombrir : échecs, maladies, deuils, difficultés de toutes sortes. Nous avons parfois peur des autres et de ce qu'ils diront de nous s'ils voient nos échecs. Nous avons peut-être peur d'un passé difficile à assumer.

Nous passons par des eaux profondes un jour ou l'autre ; la tempête se déchaîne, nous sommes amenés à l'extrémité, nous sommes à bout de ressources...  et nos coeurs sont prêts à s'écrier : «Jésus, nous sommes perdus!». Nous devenons impatients sous l'épreuve de notre foi. Au lieu de demeurer calmes et en repos auprès de Jésus, nous sommes remplis de perplexité et de terreur. Au lieu de nous servir de la tempête pour nous confier en Dieu, nous en faisons une occasion pour douter de lui. Aussitôt que le moindre trouble surgit, nous pensons que nous allons succomber.

Combien de fois, agité de toute part, torturé par les épreuves, le croyant se retrouve seul, combien de fois, alors que l'on attendrait un signe de Dieu, Dieu semble absent. Le sentiment de l'absence de Dieu, de l'abandon, est une épreuve envoyée à notre foi. Jésus nous enseigne aujourd'hui que nous devons aborder cette épreuve avec confiance. Dieu se révèle à nous de mille manières, il nous apprend à espérer contre toute espérance.

Jésus connaît notre situation. Il connaît toutes nos difficultés et il connaît toutes nos épreuves. Quand nous apaisons notre tempête pour suivre Dieu, quand nous laissons agir l'Esprit Saint, quand nous lui faisons vraiment confiance, nous n'avons plus peur. Nous osons ne pas vivre uniquement pour soi-même,  mais aussi vivre pour l'autre. Nous osons faire de la vie, comme Jésus,  un service.

C'est toujours ainsi que nous avançons dans la foi. La barque dans la tempête n'est pas qu'un simple épisode. C'est une image de notre vie et de notre foi. C'est une image qui illustre aussi le sort de l'Église, les dangers qu'elle traverse et le secours que Jésus lui accorde. La barque de l'Eglise peut être menacée, malmenée, elle arrivera à bon port. Démâtée, démantelée peut-être, mais elle arrivera avec ses passagers. Jésus est rassuré sur le sort de son peuple. Il dort. Il n'intervient pas au premier coup de vent. Que les marins apprennent un peu à se débrouiller! Que les apôtres, pasteurs, missionnaires et chrétiens travaillent, luttent, peinent et prient! Il leur a confié les moyens pour protéger, fortifier l'Église et la conduire au salut. Elle a besoin d'hommes et de femmes pour ramer, écoper, travailler, prier, croire et espérer. D'hommes et de femmes attentifs aux dangers qui la menacent, et qui agissent. Jésus n'intervient pas au premier coup de vent. Mais il intervient en son temps, car il est fidèle.

C'est un dur chemin, mais Jésus nous engage à le prendre sans crainte, car au bout du chemin, c'est lui-même qui apaisera toutes nos tempêtes. Jésus est dans la barque, que cela nous suffise. Soyons calmes et comptons sur son aide !

Seule la vérité crée l'ouragan, la  tempête et l'apaise.

Serge Lefebvre
d'après diverses sources