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Homélie de Noël, prononcée à l'église
Saint-François d'Assise les 24 et 25 décembre 2000

Ce petit enfant né de cette façon et dans ce décor il y a 2000 ans, c'est Dieu parmi nous.

C'est surprenant !

C'est surprenant, un peu troublant pour l'intelligence, que Dieu, le tout-puissant, le créateur et maître de l'univers soit venu sur la terre; c'est encore plus surprenant, plus troublant qu'il ait pris notre peau, la peau d'un petit enfant, aussi démuni et impuissant que tout nouveau-né.

Qu'a voulu nous dire Dieu en faisant cela? Qu'est-il venu faire sur notre terre?

D'abord, il est venu nous dire notre valeur. Nous sommes beaucoup plus qu'un petit grain de sable sur une petite planète dans le cosmos. Nous valons le déplacement de Dieu. En venant sur notre terre, en s'habillant de notre condition, Dieu nous dit que nous lui ressemblons. La Bible avait déjà dit que nous étions faits à l'image de Dieu, Jésus nous le confirme.

Il nous invite à le suivre, à grandir comme lui en grâce et en sagesse et à devenir pleinement homme et femme en épousant ses valeurs, les valeurs de Dieu.

Ce petit enfant qui arrive sur terre a un plan. Adulte, il le prêchera, il le criera sur tous les toits. Il veut refaire le monde, non pas par la force en faisant la guerre comme font les conquérants, non pas par des miracles en faisant tomber le feu du ciel comme lui demandent les gens, mais en transformant les coeurs, en donnant aux coeurs des hommes et des femmes les moeurs de Dieu. « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé... Pardonnez comme le Père vous pardonne... Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »  Dieu vient sur terre pour que les hommes soient comme Dieu. Dieu vient sur terre pour que la terre soit comme le ciel, un royaume de justice, de paix et d'amour.

Une utopie? Non. Un rêve difficile à réaliser? De toute évidence.  Le rêve de Jésus dérange, il dérange les intérêts mesquins. Dès sa naissance, Hérode a voulu tuer l'enfant. Grand prêtre, pharisiens et docteurs de la loi l'ont fait clouer sur une croix. En tout temps, les hommes ont sabordé le plan de Jésus, ont banalisé et persécuté ceux qui y croyaient et le proposaient.

Jésus continue à croire  en l'homme, continue à croire à la vertu du coeur de l'homme. Chaque Noël lui donne raison.

A chaque Noël, il y a une atmosphère particulière qui invite à la bonté, à la fraternité, à l'amour... qui suscite même le désir de pardonner, de désarmer. A Noël, dans bien des familles, on passe l'éponge sur les blessures et sur les offenses. A Noël, on fait partout des collectes pour les pauvres et on pense aux souffrants. On n'accepte pas qu'une famille n'ait pas sa dinde sur la table et les petits enfants leurs cadeaux. C'est cela Noël, impossible d'y être insensible.

Jésus veut que ce soit Noël tous les jours, il est venu pour cela. Non pas pour que l'on fasse la fête tous les jours, pour que l'on bouffe,  qu'on se crée un décor de fête tous les jours,  mais pour que tous les jours, on ait dans la peau le coeur de Dieu. Il a pris le nôtre pour que nous ayons le sien.

L'enfant démuni qui nous arrive veut que nous lui donnions nos bras, nos mains, notre coeur pour qu'il puisse aimer notre conjoint, nos enfants, nos parents; pour qu'il puisse faire la paix dans notre famille, notre milieu de travail, notre école; pour qu'il puisse venir au secours de celui qui a besoin d'un coup main, d'un encouragement ou tout simplement  d'un sourire.

Aujourd'hui comme il y a 2000 ans, un petit enfant vient au monde, puissions-nous le laisser grandir, le laisser grandir dans notre coeur et marcher sur notre route.


Jean-Louis Auger

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