Homélies...
Accueil
«Marie, bénie de Dieu»

Homélies

Je te salue, pleine de grâces.















Je vous souhaite une sainte année et le paradis à la fin de vos jours.











Vivons notre foi dans le présent.













Pardonnez-vous jusqu'à 77 fois 7 fois.













Si ton ennemi te frappe sur la joue gauche, présente-lui la joue droite












Homélie du Jour de l'An (Fête de Marie, mère de Dieu) prononcée
à l'église Saint-François d'Assise le 1er janvier 2002


Quand les bergers arrivèrent à Bethléem, ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né dans une mangeoire. Après l'avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant. Et tout le monde s'étonnait de ce que racontaient les bergers. Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son coeur.
Les bergers repartirent; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu'ils avaient entendu et vu selon ce qui leur avait été annoncé. Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l'enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l'Ange lui avait donné avant sa conception.

Le premier janvier est maintenant la fête de Marie, mère de Dieu. C'est en regardant la Vierge que nous commençons la nouvelle année, c'est en regardant la Vierge que je veux vous exprimer mes voeux.

L'Évangile nous dit que Marie retenait les événements et les méditait dans son coeur. Marie avait une âme religieuse. « Je te salue, pleine de grâces » a dit Élisabeth en l'accueillant à la Visitation. Bien avant d'être enceinte de Jésus, elle avait donné place à Dieu. Elle lui parlait, le priait. Pour comprendre les événements de sa vie, les événements ordinaires comme les événements merveilleux, elle interrogeait Dieu; elle se souvenait de ce qu'on lui avait dit de Dieu; elle se souvenait de ce que Dieu avait dit à son Peuple. Elle croyait, elle avait confiance.

C'est cette foi de Marie, son âme religieuse, que je vous souhaite, que je demande à Dieu pour vous en ayant un peu l'impression de ramer à contre-courant. L'Église et la religion ne sont pas très populaires aujourd'hui et Dieu « en prend pour son rhume ». On a tendance à tout laïciser, et même à séculariser les fêtes religieuses. On parle très peu de Noël, fête religieuse, on parle beaucoup du temps des fêtes. Les cartes que je reçois me souhaitent les bons voeux de la saison. Le moins qu'on peut dire, ce n'est pas très original, c'est un voeu que j'apprécierais mieux au printemps. Si quelqu'un disait comme autrefois : « Je vous souhaite une sainte année et le paradis à la fin de vos jours », il risquerait de passer pour bien « quétaine ». Les plus beaux voeux chrétiens que j'ai reçus cette année me sont venus d'un ami bouddhiste qui connaît bien ma foi et la respecte.

Ne nous laissons pas influencer par l'athéisme et l'anticléricalisme de notre temps. Notre passé catholique québécois a des lacunes, des erreurs, j'en conviens, mais il est loin de correspondre à la mauvaise image que nous transmettent des médias. Jugeons le passé avec les yeux du passé et non avec ceux d'aujourd'hui et vivons notre foi dans le présent, dans le contexte de notre temps et de l'Église d'aujourd'hui. De grâce, gardons notre héritage chrétien, transmettons-le à nos enfants au lieu de les scandaliser en leur parlant du passé comme d'une époque d'obscurantisme religieux et de grandes noirceurs, ce qui à mon sens est faux ou du moins très exagéré.

Je vous souhaite de progresser dans votre vie spirituelle et pour cela de vous appuyer sur votre Église. Je vous invite à prier, en groupe dans votre communauté et aussi personnellement. Puissiez-vous mieux découvrir et savourer la présence de Dieu dans votre vie. Saint Paul vous rappelle, dans la deuxième lecture, qu'il est votre Père, que son Esprit vous habite.

Le premier jour de l'an étant aussi, à la demande du pape, une journée de prière pour la paix, je nous souhaite la paix. Je prie avec vous pour que les hommes et les femmes de notre temps  et plus particulièrement nos chefs d'état prennent les vrais moyens pour la faire, ceux de Jésus. On ne la réussira jamais en suscitant l'escalade de la violence, en posant des gestes de vengeance, en essayant de détruire son ennemi corps et âme. Les bombes lancées par les avions dans une guerre dite légale font autant de dégâts et de mal que ceux amorcés par le terrorisme. L'histoire le montre, quand on écrase sans aucune considération son ennemi, on provoque sa haine et la guerre resurgit parfois des générations plus tard. Pour que la paix advienne, il faut qu'un jour ou l'autre on se parle, on négocie, on se respecte, on se pardonne, on s'aime. C'est la manière de Jésus. « Pardonnez-vous jusqu'à 77 fois 7 fois »  « Si ton ennemi te frappe sur la joue gauche, présente-lui la joue droite », a-t-il dit. C'est vrai pour les grands conflits, ceux qui se vivent actuellement en Afghanistan, au Moyen-Orient, en Argentine, en Afrique. C'est vrai pour nos petits conflits, ceux qui se vivent chez nous. Je vous souhaite la paix, je vous souhaite de la faire chez vous avec les moyens de Jésus.

Jean-Louis Auger