Homélie du Jour de l'An, prononcée à l'église
Saint-François d'Assise le 1er janvier 2001
Le premier janvier, premier jour de l'an, est la fête de Marie, Mère de Dieu.
L'évangile nous dit que : « Marie retenait tous ces événements et les méditait dans son coeur . » Sans aucun doute, elle ne les comprenait pas très bien et même pas du tout. Pensons à la naissance miraculeuse, la visite des bergers, l'arrivée de mages et la perte de Jésus au temple. Pensons aussi aux haines que suscitait Jésus chez les pharisiens et les prêtres de sa religion, à son arrestation, à sa mort sur la croix comme un bandit. Marie méditait ces événements, elle les regardait avec les yeux de sa foi, elle les priait. Elle redisait le oui qu'elle avait prononcé au jour de l'Annonciation.
Dans nos vies, il y a bien des événements que nous avons, nous aussi, du mal à comprendre. En regardant l'année qui vient de se terminer, nous pouvons nous poser des pourquoi. Pourquoi cela nous est-il arrivé? Pourquoi avons-nous réagi de cette manière? Pourquoi sommes-nous entrés dans cette histoire? Nos vies, nous les construisons un peu, nous les subissons beaucoup. Il nous arrive des événements heureux, mais que d'histoires tristes nous avons à vivre ! Que de rêves nous avons faits pour nous, pour notre couple, pour les enfants... Ils ont été bêtement sabordés à cause d'une question d'argent, une question de santé, une question d'amour...
Marie, la mère de Dieu et notre mère, nous invite à voir plus loin, plus profond; à méditer les événements de notre vie dans notre coeur; à les regarder avec les yeux de la foi. Je ne suis pas crédule. Je ne suis aucunement friand d'apparitions, d'interventions miraculeuses de Dieu, de signes dans le ciel, mais je crois Dieu présent dans le quotidien de ma vie. Il ne m'envoie pas les événements, il les vit avec moi et il me conduit au bonheur.
En ce premier jour de l'an, je vous souhaite d'être comme Marie, des hommes et des femmes de foi. Je vous invite à donner place à Dieu dans votre vie, à prier et à mieux découvrir sa présence bienfaisante dans les événements de vos journées.
Le Jour de l'An est aussi une journée de prière pour la paix.
« Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu'il t'apporte la paix ! » avons-nous lu dans la première lecture.
La paix dans le monde, dans notre pays, dans notre société, je la désire et je l'espère. Elle semble bien difficile à obtenir. Jésus est venu l'apporter sur la terre et le pays où il a vécu est un des plus déchirés par la haine et la violence. Ensemble, comme nous y invite le Saint Père, prions pour la paix. Que Dieu inspire les hommes et les femmes qui peuvent de quelque manière la promouvoir. Qu'il amène les hommes et les femmes au Moyen-Orient, en Yougoslavie et partout dans le monde, à oublier le passé et à faire l'avenir.
Mais avant tout, je vous souhaite la paix à l'intérieur de vous-mêmes. Je vous souhaite de vous faire cette paix. Nous souffrons tous d'incompréhension, de manques d'amour et d'injustices. Nous avons des mauvais souvenirs; on nous a fait mal. Nous pouvons même garder des rancoeurs et des plaies encore très vives. Ne les entretenons pas, oublions pour le vrai., pardonnons pour le vrai. On dit parfois je pardonne mais je n'oublie pas. Est-ce qu'on pardonne quand on dit une phrase comme celle-là? En ce premier de l'an, faisons-nous le cadeau de la paix intérieure et de la sérénité.
La paix à l'intérieur de nous entraînera la paix autour de nous. Elle mettra dans l'atmosphère de notre maison, de notre bureau, de notre milieu de travail, de la douceur, de la compréhension et de l'amour. Elle permettra à Jésus de se faire une place dans notre monde.
Ce sont là mes voeux pour l'année qui commence. Pour votre bonheur et le bonheur de ceux qui vous entourent, je vous souhaite de faire de Dieu « un proche de vous ». Je vous souhaite d'être en paix avec vous et de faire la paix. C'est cela que je demanderai au Seigneur dans ma bénédiction à la fin de la messe lorsque je le prierai de « tourner vers vous son visage et de vous apporter la paix » .
Jean-Louis Auger