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«L'Épiphanie:nous avons vu son étoile et
nous sommes venus l'adorer.»

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Des mages païens se prosternent devant le roi des juifs qui vient de naître, le Messie annoncé par les prophètes.




















Ai-je laissé mes moutons ou mon pays pour prendre le chemin de Bethléem et trouver Jésus? Ou est-ce que je ne ressemblerait pas un peu au roi Hérode?

















Cette histoire a été conté aux premiers chrétiens pour leur faire réaliser que des païens adhéraient à Jésus et à son Évangile alors que bien des Juifs le rejetaient.















L'étoile ne brillera que par la force de nos convictions, que par notre manière de les affirmer et de les vivre.















Homélie de la fête de l'Épiphanie du Seigneur prononcée
à l'église Saint-François d'Assise le 6 janvier 2002


Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d'orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent: «Où est le roi des juifs qui vient de naître? Nous avons vu se lever son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »
En apprenant cela, le roi Hérode fut pris d'inquiétude, et tout Jérusalem avec lui. Il réunit tous les chefs des prêtres et tous les scribes d'Israël, pour leur demander en quel lieu devait naître le Messie. Ils lui répondirent: «À Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète. Et toi, Bethléem en Judée, tu n'es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Judée; car de toi sortira un chef, qui sera le berger d'Israël mon peuple. »
Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l'étoile était apparue; puis il les envoya à Bethléem, en leur disant. «Allez vous renseigner avec précision sur l'enfant. Et quand vous l'aurez trouvé, avertissez-moi pour que j'aille, moi aussi, me prosterner devant lui.» Sur ces paroles du roi, ils partirent.
Et voilà que l'étoile qu'ils avaient vue se lever les précédait; elle vint s'arrêter au-dessus du lieu où se trouvait l'enfant. Quand ils virent l'étoile, ils éprouvèrent une très grande joie. En entrant dans la maison, ils virent l'enfant avec Marie sa mère; et, tombant à genoux, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents: de l'or, de l'encens et de la myrrhe.
Mais ensuite, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.



Aujourd'hui notre crèche est complète. Sont toujours là les bergers. Ils sont arrivés les premiers, ils gardent leur place. Ce sont des gens du pays, des proches. Ils ont beaucoup d'affinité avec Jésus, ils sont pauvres, petits, méprisés du monde.

Sont venus les rejoindre les Rois mages. Eux, ils arrivent de très loin, de si loin que l'on ne sait pas trop d'où ils viennent. Ce sont des gens bien, des riches, des savants que même le roi Hérode accueille avec grande considération. Ils viennent nous dire qu'il y a de la place pour tout le monde dans la crèche de Jésus. Pas de différence entre Juifs et païens, venus de proche ou de loin, pauvres ou riches, savants ou non instruits, bons ou mauvais. L'Église que Jésus vient fonder est universelle. Personne n'est exclu du salut apporté par Jésus.

Mais en regardant tout ce monde dans la crèche, nous pouvons nous demander si elle est si complète que cela et nous poser deux questions.

D'abord, est-ce que moi j'ai pris ma place dans la crèche? Ai-je laissé mes moutons ou mon pays pour prendre le chemin de Bethléem et trouver Jésus? Ou est-ce que je ne ressemblerait pas un peu au roi Hérode? Celui-ci dit dans aux mages: « Quand vous l'aurez trouvé, avertissez-moi pour que j'aille moi aussi me prosterner devant lui. »  Peut être est-il sincère. Peut-être se dit-il : « Il faudrait, il faudrait que j'y aille. »  Mais il ne grouille pas d'un pas pour se rapprocher de Jésus. Et quand il réalise que la présence de l'enfant peut être dérangeante, que s'il va à Bethléem, il devra changer des choses dans sa vie, il cherche à le tuer. Personne ne peut entrer dans la crèche de Jésus sans se laisser transformer par lui, sans vouloir vivre à sa manière, sans accepter de construire son fameux Royaume. Le « Viens suis-moi » se fait entendre dès la naissance de Jésus. Est-ce que suis entré, est-ce que je veux entrer dans la crèche de Jésus?

Des étrangers sans culture religieuse, guidés par une vague étoile, se sont  rendus à tâtons jusqu'à la crèche alors que les chefs des prêtres et les scribes qui savaient exactement par les écritures le lieu de naissance du Messie ne se sont pas déplacés d'un mètre. Cette histoire a été conté aux premiers chrétiens pour leur faire réaliser que des païens adhéraient à Jésus et à son Évangile alors que bien des Juifs le rejetaient. « Le Royaume vous sera enlevé et sera donné à d'autres » dira Jésus plus tard. Ne peut-il pas dire la même chose à nous aujourd'hui, à notre pays?

La deuxième question que je me pose en regardant ces mages guidés par une étoile : « Est- ce que moi j'indique le chemin qui mène à la crèche? ». L'étoile des mages, elle existe toujours, mais elle n'est pas dans le firmament. C'est nous les chrétiens, les disciples de Jésus qui avons charge de la faire briller. « Ce que je vous dis à l'oreille, criez-le sur les toits » « Allez de toutes les nations faites des disciples », a commandé Jésus. C'est nous qui avons la charge d'amener les mages de notre temps jusqu'à la crèche de Bethléem.

Les mages d'aujourd'hui, ce sont nos enfants, nos petits enfants qu'il nous faut catéchiser dans nos familles et dans nos paroisses. Ça ne se fait plus et ça ne se fera plus dans nos écoles.  Les mages d'aujourd'hui, ce sont nos voisins, nos parents, nos compagnons de travail qui ont pris des distances vis-à-vis la foi chrétienne, à qui il faut redonner la vraie image de Jésus, de l'Église, de Dieu. Les mages d'aujourd'hui, ce sont les étrangers, les gens de d'autres races, de d'autres religions, de d'autres coutumes que les nôtres. Nous les côtoyons régulièrement sur nos rues, au travail. Nombre d'entre eux sont à la recherche d'une étoile et ne la trouvent pas.

Cette étoile, elle ne brillera que par la force de nos convictions, que par notre manière de les affirmer et de les vivre. Cette étoile, elle cesse de se cacher et apparaît au firmament de notre temps lorsque se manifestent une foi convaincue, une authentique piété, une vraie charité.

J'ai posé deux questions. En répondant à la première, on répond à la deuxième. C'est en entrant dans la crèche de Jésus que l'on indique le chemin qui mène à lui, que l'on fait briller l'étoile.

Jean-Louis Auger