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«Dans un monde en recherche... ... d'une présence »



Il était une fois un petit grain de blé - il s'appelait Mimi - qui vécut la plus merveilleuse des aventures. Il ne voulait pas comme plusieurs de ses frères et soeurs pourrir. Lui, il rêvait d'aimer, mais il ne savait pas encore ce qu'était «aimer». Il se souvenait seulement d'une parole que Monsieur Jésus avait dit un jour: «À moins que le grain de blé ne meure, il ne porte pas de fruits».

Depuis ce jour-là, ça lui trottait dans la tête. Un soir, il s'était mis à genoux pour faire sa prière : «Monsieur Jésus, envoie-moi un jardinier pour qu'il me prenne et me donne à Madame la Terre. Merci, Monsieur Jésus». Le lendemain matin, Monsieur Paillasson était venu, puis l'avait confié à sa terre. Mimi avait eu un peu peur d'abord, il faisait si noir dans la terre et ça lui arrivait d'entendre de drôles de bruits au-dessus de lui. Et surtout quand on ne sait pas ce qui se passe exactement, la peur vous taraude davantage...

Mais Mimi avait confiance à la vie et à l'amour. Après quelques jours, Mimi se sentit gonfler: on aurait dit que la vie en lui se mettait à grandir. Puis, un bon matin, il ouvrit les yeux ; tout autour de lui était lumière, il était né à la lumière. Les jours, les semaines passèrent. Il sentait qu'il s'étirait, que le soleil l'appelait à aller vers lui. Il était fier de son corps qui lui permettait de goûter la rosée du matin et la caresse du vent. Comme c'était merveilleux cette aventure qu'il vivait!

Mimi réalisait que sa vie ne faisait que commencer. Il sentait courir en lui comme une sève. Des petites branches lui poussèrent en diverses directions comme des fenêtres qui lui permettaient d'accueillir la vie qui lui venait des quatre coins du monde. Il était content d'être ce qu'il était même quand il regardait à ses côtés les bouleaux, les érables, les sapins qui lui paraissaient géants.

La vie n'arrêtait pas de lui faire toutes sortes de surprises. Un jour, il se sentit lourd comme s'il allait lui-même donner la vie; il prépara alors comme des paniers pour accueillir ces grains de blé qui allaient naître de lui. Ces petits paniers étaient tous couleur d'espérance, et à la fin de la saison, ils devinrent couleur de soleil. Ce jour-là, Mimi décida de célébrer la fête de la vie qu'il appela «fête des moissons».

Ce soir-là, avec ses amis, Mimi avait prié Monsieur Jésus. «Merci Monsieur Jésus de m'avoir ouvert les mains. Mes mains ne portent que mon amitié. L'automne est maintenant arrivé pour moi, mais je sais que mon aventure n'est pas finie. Tu m'appelles maintenant à être pain de vie livré à la faim des hommes. Je suis ton pain, Monsieur Jésus. Si je peux être ton corps, qu'il en soit ainsi. Je sais maintenant ce que c'est que «aimer».

Et si Mimi c'était toi... !!! que Monsieur Jésus appelle.

Normand Barré

Réflexion pour le 5e dimanche du Carême B

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 12, 20-33

Parmi les Grecs qui étaient montés à Jérusalem pour adorer Dieu durant la Pâque, quelques-uns abordèrent Philippe, qui était de Bethsaïde en Galilée. Ils lui firent cette demande: « Nous voudrions voir Jésus. »  Philippe va le dire à André ; et tous deux vont le dire à Jésus.  Alors Jésus leur déclare : « L'heure est venue pour le Fils de l'homme d'être glorifié.  Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s'il meurt, il donne beaucoup de fruit. Celui qui aime sa vie la perd ; celui qui s'en détache en ce monde la garde pour la vie éternelle. Si quelqu'un veut me servir, qu'il me suive ; et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu'un me sert, mon Père l'honorera.

Maintenant je suis bouleversé. Que puis-je dire ? Dirai-je : Père, délivre-moi de cette heure ? - Mais non ! C'est pour cela que je suis parvenu à cette heure-ci !  Père, glorifie ton nom ! » Alors, du ciel vint une voix qui disait : « Je l'ai glorifié et je le glorifierai encore. » En l'entendant, la foule qui se tenait là disait que c'était un coup de tonnerre ; d'autres disaient : « C'est un ange qui lui a parlé. » Mais Jésus leur répondit : « Ce n'est pas pour moi que cette voix s'est fait entendre, c'est pour vous. Voici maintenant que ce monde est jugé ; voici maintenant que le prince de ce monde va être jeté dehors ; et moi, quand j'aurai été élevé de terre, j'attirerai à moi tous les hommes. » Il signifiait par là de quel genre de mort il allait mourir.


Les Juifs émigrés un peu partout dans le monde  faisaient connaître le vrai et unique Dieu. Des étrangers venaient eux aussi adorer à Jérusalem. Des Grecs entendent parler de Jésus, ce jeune Prophète qui est à la fois aimé et haï et ils désirent le rencontrer. Philippe dont le nom est grec leur donne confiance et c'est à lui qu'ils adressent leur requête...

Philippe et André les conduisent à Jésus selon leur désir. Étrangement, Jésus répond d'abord par un discours sur le sens de sa mort. Il fait ensuite une courte prière où pointe son angoisse et qui se termine par son consentement à l'épreuve. Jésus est bouleversé. Saint Jean nous révèle ainsi la tentation qu'a Jésus d'utiliser sa divinité pour échapper à notre condition humaine. C'est le coeur de la révélation de Jésus. Jésus enfin se tourne vers la foule pour prédire l'échec des forces qui s'opposent à lui et annoncer son triomphe à travers tous les croyants qui seront attirés par lui. Voilà le fruit direct de l'action  de Jésus. Par la croix, l'amour de Dieu sera révélé à tous les peuples.
La comparaison du grain de blé qui tombe en terre aide à comprendre, dans l'enseignement de Jésus, le paradoxe de la vie : la donner c'est mourir à soi pour porter du fruit, la garder pour soi c'est rester tout seul. La vie éternelle est synonyme du Royaume. Le seul moyen d'y entrer est de mourir comme le grain de blé tombé en terre.

L'Évangile d'aujourd'hui donne à la mort un sens particulier. La mort est un instrument pour communiquer avec Dieu,  pour accéder à la vie éternelle. C'est dans cette perspective, c'est  pour être en tous temps proche de tous les humains, que Jésus a accepté d'aller à la mort. Aujourd'hui même des hommes et des femmes acceptent de mettre leur vie en jeu pour que les droits de l'homme soient partout respectés, et pour que l'esprit de paix l'emporte réellement.

Il ne peut y avoir ni communication, ni échange, ni même vie, sans ce don que le grain de semence fait de lui-même. La communication ne s'obtient pas sans effort; elle nous change; elle peut même nous épuiser. Elle abaisse les barricades qui cernent notre moi; elle nous rend plus réceptifs, plus vulnérables aussi il est vrai. C'est pour que nous établissions une relation avec autrui que la vie nous a été donnée. Cette voie-là, notre Dieu l'a tracée; c'est en nous engageant sur elle que nous trouverons le sens de notre présence dans ce monde.

Un jeune homme entre en rêve dans un magasin.
Derrière le comptoir se tient un ange.
Le jeune homme lui demande:
"Que vendez-vous ?"
L'ange répond:
"Tout ce que vous désirez".
Alors le jeune homme commence à énumérer:
"Si vous vendez tout ce que je désire, alors j'aimerais bien:
la fin des guerres dans le monde, la fin des bidonvilles en Amérique latine,
l'intégration dans la société de tous les marginaux,
du travail pour tous les chômeurs,
plus d'amour et de vie communautaire dans l'Eglise"
L'ange lui coupe la parole:
Excusez-moi, Monsieur, vous m'avez mal compris.
Ici, nous ne vendons pas de fruits, nous ne vendons que les graines !"

Pourquoi faut-il mourir comme la graine pour porter du fruit? L'image dans la bouche de Jésus est claire. Mais, dans la trame de nos vies, à quelle vérité sommes-nous renvoyés? Comment maintenant parler de mort qui fait grandir dans un temps de guerre? Sans avoir de réponse définitive, il faut accueillir ce mystère en regardant dans la foi et l'amour l'histoire personnelle de Jésus.


Serge Lefebvre
d'après diverses sources
Un grain de blé

Deux grains de blé