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«Le Carême: le temps de la Transfiguration»
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Son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière.











« Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis tout mon amour; écoutez-le » 









Où trouver, aujourd'hui, le visage transfiguré de Jésus? Ne serait-ce pas nous qui aurions à le manifester?











Seigneur Jésus, tu t'es montré à tes amis, tout resplendissant de la gloire de Dieu.













Le lieu de la transfiguration, ce n'est plus la montagne du Thabor, c'est notre coeur.








Homélie du 2e dimanche du Carême prononcée
à l'église Saint-François d'Assise le 24 février  2002

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 17, 1-9

Six jours après, Jésus prend avec  lui Pierre, Jacques et Jean son frère,  et les emmène à l'écart sur une haute   montagne.  Il fut transfiguré devant eux : son visage resplendit comme le soleil, ses vêtements devinrent blancs comme la lumière.  Et voici que leur apparurent Moïse et Élie qui s'entretenaient avec lui. Intervenant, Pierre dit à Jésus :
« Seigneur, il est bon que nous soyons ici; si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, une pour Élie. »  Comme il parlait encore, voici qu'une nuée lumineuse les recouvrit. Et voici que, de la nuée, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, celui qu'il m'a plu de choisir. Écoutez-le ! » En entendant cela, les disciples tombèrent la face contre terre, saisis d'une grande crainte. Jésus approcha, il les toucha et dit : «Relevez-vous ! soyez sans crainte ! » Levant les yeux, ils ne virent plus que Jésus, lui seul. Comme ils descendaient de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : « Ne dites mot à personne de ce qui s'est fait voir de vous, jusqu'à ce que le Fils de l'homme soit ressuscité des morts. »

Chaque année, le 2e dimanche du carême, l'Église nous fait lire cet Évangile de la transfiguration. Elle enlève le voile sur le visage de Jésus. Un peu comme dans un concours, dans une compétition, on montre d'avance la récompense, le prix à gagner. « Son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière. »

Ça allait mal pour Jésus. A cause de l'opposition des chefs religieux d'Israël, son message ne passait pas. On disait qu'il ne suivait pas les lois, qu'il était un hérétique, une cause de scandale. Les gens le quittaient; même les apôtres n'étaient plus sûrs. Jésus sentait qu'on allait le condamner. Au grand désarroi des apôtres, il annonce sa passion et sa mort prochaine.

C'est à ce moment-là qu'il amène sur la montagne les trois apôtres, Pierre, Jacques et Jean, les futurs piliers de l'Église, et qu'il leur montre son vrai visage. Non, il n'est pas un hérétique, une cause de scandale, le fondateur d'un groupe sectaire comme celui des pharisiens ou des saducéens. Il n'est pas seulement un sage parmi d'autres sages, un prophète de passage; il est le Fils de Dieu. La voix du Père se fait entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis tout mon amour; écoutez-le »  La manifestation est tellement forte que son corps ne peut cacher sa divinité.

Aujourd'hui encore, on peut dire que ça va mal pour Jésus. Que ça va mal dans l'Église. Nous n'avons qu'à regarder notre assistance. Il est évident que bien des gens nous ont quitté et plusieurs pas seulement dans la pratique dominicale. À la télévision, dans les journaux, dans les conversations, l'Église n'a pas bonne presse, l'Église d'hier et celle d'aujourd'hui. On est très critique et sévère pour le pape, les évêques, les responsables de l'Église comme s'ils ne disaient plus le message de Jésus, ou pire, comme si ce message était dépassé. Un goût de laïcisation semble vouloir banaliser toutes valeurs religieuses.

Où trouver, aujourd'hui, le visage transfiguré de Jésus? Ne serait-ce pas nous qui aurions à le manifester? C'est ce que  nous rappelle  ce deuxième dimanche du carême qui a pour thème : « Renaître tout rayonnants de gloire ». Un jour, nous renaîtrons en éternité  tout rayonnants de gloire, comme Jésus transfiguré. C'est ce qu'annonce la promesse à Abraham dans la première lecture, ce que nous garantissent la mort et la résurrection de Jésus. Mais ce jour est déjà commencé. Nous sommes des baptisés, nous sommes des fils et des filles de Dieu. Sur nous aussi le Père a dit : « Celui-ci, celle ci est mon fils, ma fille bien-aimée; en lui, en elle, j'ai mis tout mon amour. » En vivant notre baptême, nous ne pouvons que trouver notre joie, être rayonnants et manifester le visage transfiguré de Jésus.

Au cours de sa conférence, M. Mortelmans, jeudi dernier, nous a dit que le suicide est un problème de société au Québec. C'est triste et inquiétant. Mais on peut faire beaucoup plus que de se donner des trucs pour éviter les suicides. Moi, je pense qu'on peut donner aux jeunes et aux moins jeunes des raisons de vivre, des raisons d'aimer leur vie en leur transmettant notre foi, en la vivant et en montrant comment elle nous rend heureux. Un saint triste est un triste saint, dit l'adage. Il ne s'agit pas de faire semblant. Il s'agit de suivre Jésus, de vivre à sa manière et le laisser épanouir notre vie. C'est pour cela que nous faisons carême. Pour revitaliser notre vie chrétienne et être dans notre monde le visage rayonnant de Jésus. Le lieu de la transfiguration, ce n'est plus la montagne du Thabor, c'est notre coeur. C'est là qu'apparaît à notre monde le visage transfiguré de Jésus. Il se manifeste dans notre foi, notre joie de vivre,  notre charité.

Jean-Louis Auger