Réflexion pour le baptême du Seigneur
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (1, 6-11)
Jean portait un vêtement de poils de chameau ; sa taille était entourée d'une ceinture de cuir ; il mangeait des sauterelles et du miel sauvage. Il se mit à proclamer :
«Il vient après moi, celui qui est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de délier, en me baissant, la courroie de ses chaussures. Je vous ai baptisés dans l'eau, mais lui vous baptisera dans l'Esprit-Saint.»
Or en ces jours-là, Jésus vint de Nazareth de Galilée, et Jean le baptisa dans le Jourdain. Au moment où il sortait de l'eau, Jésus vit les cieux entrouverts et l'Esprit descendre sur lui comme une colombe. Une voix vint du ciel :
«Tu es mon Fils bien-aimé ; sur toi je porte mon affection.»
En célébrant aujourd'hui la fête du Baptême de Jésus dans le Jourdain, nous bouclons la liturgie du temps de Noël. Sans le souci d'observer l'ordre chronologique, la liturgie évoque le baptême de Jésus, parce que c'est à cette occasion que son onction par l'Esprit-Saint a été manifestée publiquement au monde. Le baptême de Jésus est donc une occasion d'approfondir le sens de notre propre baptême. C'est un événement d'apparence banal mais qui nous mène plus loin que ce que l'on aurait pensé. Vivre notre baptême doit nous révéler à nous-mêmes quelque chose de Dieu: qui nous sommes pour lui et qui il est pour nous?
Le baptême a été compris pendant des siècles comme étant le pardon d'un péché originel... mais demander le baptême pour la conversion de ses péchés c'est se reconnaître disciples de Jean le Baptiste. Notre baptême, comme celui de Jésus, est recevoir l'Esprit-Saint et vivre de la vie en Dieu. Dès notre conception, dès le début de notre vie, nous sommes aimés de Dieu. Nous avons de l'importance à ses yeux. Par le baptême, nous sommes marqués de l'Esprit-Saint, nous devenons enfants de Dieu par adoption.
Avons-nous réellement saisi que le baptême nous engage à vivre «comme Jésus»? Le baptême implique des responsabilités. Celle entre autres de faire de l'Évangile la règle concrète de notre vie. C'est donc un appel et un engagement de notre part à vivre dans l'amour. Ce que le Père a dit du Christ, le Christ nous le redit à nous aussi aujourd'hui: «Celui-ci est mon fils (ma fille) bien-aimé, en lui (en elle) j'ai mis toute ma confiance et mon amour.» Écouter la voix du Père, c'est écouter la voie de son cur. À partir de ce moment, tout a radicalement changé pour Jésus, pour nous, pour tous les humains.
Le baptême, c'est une rencontre nouvelle à chaque jour qui nous engage sur des horizons insoupçonnés. Jésus est plongé dans l'eau et en est ressorti. C'est une image de sa mort et de sa résurrection. Le baptême nous immerge dans la vie de Pâques et fait de nous des créatures nouvelles. Le baptême nous donne le Christ pour passer avec lui continuellement de la mort à la vie, du péché à la grâce, de l'égoïsme à l'amour. Le monde de Dieu n'est plus fermé et lointain. Il est visible et accessible en Jésus.
Le baptême nous donne l'Esprit-Saint pour connaître Dieu, vivre de lui, le communiquer. C'est la vie communautaire qui permet au baptême de se déployer. Plus nous apprécierons la richesse actuelle et active de notre baptême, plus nous bâtirons une communauté dynamique.
Le baptême est semblable à une croisée des chemins rencontrée lors d'un voyage. Il faut prendre les décisions les plus lourdes de conséquence concernant notre route. Ce sont vraiment les moments où il est essentiel de bien savoir où nous voulons et devons aller. Pour paraphraser une parole de Jean-Paul II prononcée dans les années 80 pour l'Église de France: Parossiens de Saint-François d'Assise, qu'avez vous faits de votre baptême ?
Serge Lefebvre
d'après diverses sources