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« L'éveil à ... l'annonce du Royaume     »
Une lecture
purement rationaliste
de ce texte
conduirait inévitablement
à retrancher
celui-ci de la Bible,
ou bien à le ranger
dans la catégorie
du mythe,
ce qui ne saurait être.


Incontestablement,
il y a là quelque chose qui dépasse notre entendement
Jésus nous est
présenté 
comme un cas
unique
dans toute l'histoire
de l'humanité.




Notre foi repose
sur l'intervention historique de Dieu
dans notre monde,
et reçoit,
par conséquent,
comme vrai
tout ce que Dieu
nous a révélé
dans sa Parole.



La vérité de Dieu,
la vérité de l'Evangile  emporte avec elle
sa propre crédibilité,
de la même façon
que la lumière du soleil parvient jusqu'à nous sans qu'il soit nécessaire d'ajouter quoi
que ce soit
à cette lumière,
qui nous éclaire d'elle-même.


Il faut croire
pour comprendre !
Voilà pourquoi
nous croyons,
et c'est pourquoi
nous comprenons
nous recevons la vérité de la Parole de Dieu,
et notre intelligence
est par-là même renouvelée
et rendue à nouveau capable de "voir" l'invisible
au-delà
des choses visibles. 



Vivons la joie
de Noël
avec la ferme assurance du Royaume
qui vient,
et qui est déjà là,
dans l'enfant
de la crèche,
l'enfant Dieu,
en qui réside
toute la plénitude
de la divinité,
notre divin Sauveur.

Réflexion pour le quatrième dimanche de l'Avent B

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 1, 26-38

Au sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée du nom de Nazareth, chez une vierge fiancée à un homme du nom de Joseph, de la maison de David ; le nom de la vierge était Marie. Il entra chez elle et dit :
« Je te salue toi à qui une grâce a été faite ; le Seigneur est avec toi ».

Troublée par cette parole, elle se demandait ce que signifiait une telle salutation. L'ange lui dit :

« Sois sans crainte, Marie ; car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici : tu deviendras enceinte, tu enfanteras un fils, et tu l'appelleras du nom de Jésus.
Il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père. Il règnera sur la maison de Jacob éternellement et son règne n'aura pas de fin. »

Marie dit à l'ange :
« Comment cela se produira-t-il, puisque je ne connais pas d'homme ?  »

L'ange lui répondit :
« Le Saint-Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. C'est pourquoi, le saint (enfant) qui naîtra sera appelé Fils de Dieu. Voici qu'Élisabeth ta parente a conçu, elle aussi, un fils en sa vieillesse, et celle qui était appelée stérile est dans son sixième mois. Car rien n'est impossible à Dieu.  »

Marie dit :
«Voici la servante du Seigneur ; qu'il me soit fait selon ta parole  ».

Et l'ange s'éloigna d'elle.

Ce récit a de quoi en étonner plus d'un de nos jours. Avouons qu'il n'est pas aussi évident que cela de croire, à l'heure d'Internet et des communications, à cette histoire d'ange et de naissance miraculeuse. Nombreux sont ceux qui reçoivent les récits de l'Évangile relatant la naissance miraculeuse de Jésus comme s'il s'agissait simplement d'un mythe, sans grande valeur historique.

Mais, les Évangiles ne sont pas des récits historiques dans le sens où l'entendent les historiens d'aujourd'hui. Il ne s'agit pas d'un récit détaillé et chronologique des faits et gestes de Jésus, ici les récits de sa naissance. Ce n'est pas cela que nous avons dans la bible. La bible épouse les conventions littéraires,  les langues et les coutumes de l'époque dans laquelle elle a vu le jour. L'intention première est de conduire le lecteur à la foi au Christ, et non pas de satisfaire sa curiosité.

Recevoir ce récit autrement que dans la foi conduit inévitablement à le vider de sa substance, quand ce n'est pas à le rejeter purement et simplement. La foi ne repose pas sur des mythes, mais sur des faits historiques qui s'offrent à la foi. Le Jésus auquel nous croyons est bien le Jésus de l'histoire, le Jésus que nous révèle la bible, la Parole de Dieu. Le Jésus de l'histoire est bien ce Jésus qui a été "conçu du Saint-Esprit et qui est né de la vierge Marie".

Un ange avait annoncé à Zacharie qu'avec sa femme stérile et âgée, ils allaient concevoir un enfant auquel ils donneraient le nom de Jean. Six mois plus tard, le récit se déplace. Un ange entre dans la maison d'une jeune femme apparemment insignifiante. Elle est déjà "casée", son projet est probablement relativement simple : se marier, éduquer des enfants dans la loi de Dieu, soutenir son mari et mourir. Dans sa maison de Nazareth, Marie a vécu alors une expérience tellement surprenante qu'elle en a été bouleversée au plus profond d'elle-même et un peu effrayée, une expérience tellement forte qu'elle n'a pas pu en parler dans les mots de tous les jours, une expérience tellement extraordinaire qu'elle est restée sur l'impression d'une rencontre fugitive. Et voici Marie embarquée dans la plus extraordinaire des missions...

Saint Luc a bien compris, lui aussi, qu'il était impossible de parler de cette expérience dans les mots de tous les jours. Comment rendre compte d'une expérience aussi extraordinaire ? Sa propre expérience l'oblige à parler d'une présence sensible, mais ils savent très bien que la présence dont ils parlent déborde ce que nos cinq sens peuvent percevoir. Il a utilisé les mots les plus étonnants, les symboles les plus surprenants, les images les plus merveilleuses. Et il l'a fait comme un bon artisan. Son récit est chargé de secret et baigné de mystère, comme il devait l'être. Marie est portée par la foi et par l'espérance de son peuple. Elle attend avec impatience l'avènement d'un monde plus juste et plus fraternel. Le chant du Magnificat l'exprime dans des images suggestives. Elle attend que les orgueilleux et les puissants soient jetés en bas de leurs trônes, et que les humbles soient élevés. Elle attend que les affamés soient comblés de biens, et que les riches soient renvoyés les mains vides. Marie devine  confusément que les êtres humains n'y parviendront pas tout seuls. Elle attend  un secours de Dieu, un coup de main de Dieu, la grâce de Dieu et un Messie, un envoyé de Dieu. Elle croit qu'un jour le Seigneur ne sera plus caché dans une arche d'alliance ni éloigné dans un temple. Elle croit que le Seigneur se fera plus proche d'elle-même et de ses semblables, qu'il prendra sur lui tous les malheurs du monde, et qu'il les fera reculer.

L'évangile d'aujourd'hui nous rapporte qu'elle n'est pas restée sans réponse.

Marie a fait un jour l'expérience merveilleuse et un peu effrayante d'être visitée par la mystérieuse présence de Dieu. Nous sommes évidemment incapables de provoquer par nous-mêmes une rencontre comparable à celle que Marie a vécue. Mais nous pouvons, comme Marie, nous y préparer. En reprenant contact avec nos désirs les plus profonds. En réveillant notre espérance d'un monde plus juste et plus fraternel. En laissant retentir en nous la parole et les promesses du Seigneur. Et en nous mettant régulièrement en prière dans notre maison.

La lumière du soleil suffit pour nous éclairer. Il en est de même pour l'Évangile. La lumière de l'Evangile suffit pour nous éclairer et pour nous convaincre de la vérité de Dieu et de Jésus, le Christ, le Dieu incarné, qui « a été conçu du Saint-Esprit et qui est né de la vierge Marie ».

Serge Lefebvre
d'après diverses sources