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« La nuit est bientôt finie, le jour est tout proche. »

On ne lèvera plus l'épée nation contre nation, on ne s'entraînera plus pour la guerre.


















Mon royaume est déjà parmi vous.





















Revêtez le Seigneur Jésus.














Qu'est-ce que je peux faire pour qu'il y ait chez moi et autour de moi plus de paix, plus d'amour, pour que mon monde soit meilleur?



Homélie du premier dimanche de l'Avent, prononcée
à l'église Saint-François d'Assise le 2 décembre 2001


« De leurs épées ils forgeront des socs de charrue, et de leurs lances, des faucilles. On ne lèvera plus l'épée nation contre nation, on ne s'entraînera plus pour la guerre » avons-nous lu à la fin de la première lecture. Pensez-vous que cela arrivera bientôt? Pensez-vous que cela arrivera un jour? Le moins que nous puissions dire, c'est que nous doutons du réalisme de cette prophétie d'Isaïe. Nous nous souvenons des événements du 11 septembre au Word Trade Center, nous pensons aux Talibans et aux bombes des Américains en Afghanistan, nous pensons au conflit entre Israël et les Palestiniens qui loin de se régler semble s'envenimer. Depuis que je suis au monde, je ne pense pas qu'il y ait eu un jour où n'y avait pas de guerre sur la terre. Depuis que le monde est monde, il y a toujours eu entre les nations mais aussi entre les individus, dans le monde mais aussi au sein de nos familles, des guerres, des haines, des rivalités, des violences, des vengeances. Si nous regardons notre histoire, si nous regardons le coeur de l'homme, la paix partout et pour toujours, ça ne semble pas possible.

Il y a quelqu'un qui est venu nous dire le contraire. C'est ce quelqu'un que nous nous préparons à fêter. À cause de lui, le rêve d'Isaïe n'est pas une utopie, mais une réalité et un projet.

Une réalité  parce qu'un jour, lorsque le Christ reviendra au terme de notre histoire, il nous fera passer dans le monde de Dieu où toutes les nations vivront dans la fraternité, où personne ne sera plus un loup pour son voisin. C'est là notre foi, c'est cela que Jésus nous a acquis, nous a mérité.

Un projet parce que ce royaume éternel de justice et paix est déjà commencé. « Mon royaume est déjà parmi vous », a dit Jésus. Il est venu l'initier pour le laisser entre nos mains. Il nous demande de le rendre visible en étant son coeur, en faisant vraies les phrases qu'il a dites :
« J'ai eu faim et  vous m'avez donné à manger,  j'étais nu et vous m'avez vêtu, j'étais prisonnier et vous m'avez visité Ce que vous avez fait au moindre de ces petits, c'est à moi que vous l'avez fait. » 

Dans l'évangile d'aujourd'hui, Jésus nous invite à veiller en attendant son retour. Il nous veut actifs dans la construction de son royaume. Il veut que dans le monde qui est le nôtre, imparfait avec ses guerres, ses conflits, ses laideurs, nous nous impliquions pour  réaliser au moins un peu le rêve d'Isaïe. Nous ne savons ni l'heure ni le jour du retour de Jésus, ça n'a pas d'importance, nous savons que nous avons notre part à faire dans la construction du royaume.

Dans la deuxième lecture, saint Paul demande la même chose. Il s'adresse à des gens qui, à tort, pensent prochain le retour du Seigneur. Ils attendent, ils croient qu'ils n'ont rien à faire. Saint Paul leur demande de se réveiller. « Conduisez-vous honnêtement. Qu'il n'y ait entre vous ni dispute ni jalousie. Revêtez le Seigneur Jésus, »  leur dit-il. L'expression est très belle. Habillez-vous de l'esprit de Jésus, de son goût d'un monde meilleur.

Le projet de Jésus, qui est le rêve d'Isaïe, ne se construira pas seulement autour des tables où les grands se concertent à Bonn, à Washington ou à l'ONU. Il se réalisera d'abord dans les maisons où nous habitons, dans les lieux où nous travaillons, dans les associations et les communautés auxquelles nous appartenons, c'est-à-dire partout où nous vivons et où nous oeuvrons. Il se fera dans le quotidien, par des petits pas beaucoup plus que par de grandes enjambées, par des petits gestes de réconciliation et de solidarité beaucoup plus que par des traités. La paix dans le monde se fera par  la compréhension et l'aide que nous apportons à nos frères et soeurs beaucoup plus que par les bombes que nous laissons tomber sur eux. La paix, que ce soit dans le monde ou dans notre maison, c'est une histoire de coeur et non pas de stratégie.

En attendant Noël, la venue chez nous de Jésus, nous pouvons nous demander ce que nous pouvons faire pour qu'il y ait chez nous et autour de nous plus de paix, plus d'amour, pour que notre monde soit meilleur. Le Seigneur nous demande de veiller, de nous réveiller.

Jean-Louis Auger