ANNÉE 2020



Coronavirus - Importantes directives

Le gouvernement du Québec a annoncé il y a quelques jours qu’à certaines conditions les lieux de culte peuvent rouvrir graduellement leurs portes aux fidèles à compter du lundi 22 juin prochain. 

Dans cette première phase de réouverture, on notera particulièrement que l’assistance ne dépassera pas la limite de 50 personnes, jusqu’à ce que les règles de la Santé publique ne disent autrement. 

15e dimanche ordinaire  A
12  juillet 2020
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Réflexion pour 15e dimanche du temps ordinaire A
«L’efficacité de la Parole»

Lecture du livre du prophète Isaïe: Is 55,10-11

Ainsi parle le Seigneur : « La pluie et la neige qui descendent des cieux n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer, donnant la semence au semeur et le pain à celui qui doit manger ; ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plaît, sans avoir accompli sa mission. »

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains :  Rm 8,18-23

Frères, j’estime qu’il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire qui va être révélée pour nous. En effet la création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu. Car la création a été soumise au pouvoir du néant, non pas de son plein gré, mais à cause de celui qui l’a livrée à ce pouvoir. Pourtant, elle a gardé l’espérance d’être, elle aussi, libérée de l’esclavage de la dégradation, pour connaître la liberté de la gloire donnée aux enfants de Dieu. Nous le savons bien, la création tout entière gémit, elle passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore. Et elle n’est pas seule. Nous aussi, en nous-mêmes, nous gémissons ; nous avons commencé à recevoir l’Esprit Saint, mais nous attendons notre adoption et la rédemption de notre corps.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu : Mt 13, 11-23

Ce jour-là, Jésus était sorti de la maison, et il était assis au bord de la mer. Auprès de lui se rassemblèrent des foules si grandes qu’il monta dans une barque où il s’assit ; toute la foule se tenait sur le rivage. Il leur dit beaucoup de choses en paraboles : « Voici que le semeur sortit pour semer. Comme il semait, des grains sont tombés au bord du chemin, et les oiseaux sont venus tout manger. D’autres sont tombés sur le sol pierreux, où ils n’avaient pas beaucoup de terre ; ils ont levé aussitôt, parce que la terre était peu profonde. Le soleil s’étant levé, ils ont brûlé et, faute de racines, ils ont séché. D’autres sont tombés dans les ronces ; les ronces ont poussé et les ont étouffés. D’autres sont tombés dans la bonne terre, et ils ont donné du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »
Les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent : « Pourquoi leur parles-tu en paraboles ? » Il leur répondit : « À vous il est donné de connaître les mystères du royaume des Cieux, mais ce n’est pas donné à ceux-là. À celui qui a, on donnera, et il sera dans l’abondance ; à celui qui n’a pas, on enlèvera même ce qu’il a. Si je leur parle en paraboles, c’est parce qu’ils regardent sans regarder, et qu’ils écoutent sans écouter ni comprendre. Ainsi s’accomplit pour eux la prophétie d’Isaïe : Vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas. Vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas. Le cœur de ce peuple s’est alourdi : ils sont devenus durs d’oreille, ils se sont bouché les yeux, de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n’entendent, que leur cœur ne comprenne, qu’ils ne se convertissent, – et moi, je les guérirai.
Mais vous, heureux vos yeux puisqu’ils voient, et vos oreilles puisqu’elles entendent ! Amen, je vous le dis : beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu.
Vous donc, écoutez ce que veut dire la parabole du semeur. Quand quelqu’un entend la parole du Royaume sans la comprendre, le Mauvais survient et s’empare de ce qui est semé dans son cœur : celui-là, c’est le terrain ensemencé au bord du chemin. Celui qui a reçu la semence sur un sol pierreux, c’est celui qui entend la Parole et la reçoit aussitôt avec joie ; mais il n’a pas de racines en lui, il est l’homme d’un moment : quand vient la détresse ou la persécution à cause de la Parole, il trébuche aussitôt. Celui qui a reçu la semence dans les ronces, c’est celui qui entend la Parole ; mais le souci du monde et la séduction de la richesse étouffent la Parole, qui ne donne pas de fruit. Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre, c’est celui qui entend la Parole et la comprend : il porte du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. »



La 1ere lecture est une image d’une nouvelle création du monde servant de métaphore pour l'efficacité de la Parole de Dieu. Comme dans les textes de Paul et de Matthieu, il y est question de la surabondance de la bénédiction de Dieu. Dans la parabole du semeur, Dieu disperse les graines de la rédemption même là où ils n'ont aucun espoir de germer.  Le désir de Dieu de bénir et de recréer est ahurissant dans son immensité et sa puissance. Devant un tel Dieu, notre imagination est remplie d'émerveillement et de joie, non seulement pour nous, mais pour toute la création.

Les gens à qui Isaïe s’adresse avaient désespérément besoin d'espoir. Le traumatisme de l'exil babylonien qu'ils avaient vécu était trop lourd à porter. Après avoir vu leur ville détruite, des familles déchirées, des maisons démolies, il n'est pas surprenant que ses auditeurs ne soient plus aussi sûrs de croire encore au Dieu de leurs ancêtres. Dans une conclusion lyrique, Isaïe présente une parole d'espoir. La métaphore de la pluie et de la neige devait être efficace chez les personnes habituées aux conditions arides. Elles comprenaient l'importance vitale de la pluie et de la neige pour donner à la terre les conditions permettant de soutenir la végétation nécessaire à la survie. Les précipitations signifiaient la différence entre la vie et la mort; elles servent ainsi à décrire la capacité de la parole de Dieu à avoir un effet transformateur sur la vie des exilés. Le cœur de l'image est la vie.  Ce sont la pluie et la neige qui font éclore la terre, donnant des graines au semeur et du pain au monde.  «Ainsi en sera-t-il de ma parole qui sort de ma bouche», dit Dieu. Il ne s'agit pas seulement d'un aperçu poétique et théologique du cycle de l'eau. Il s'agit de la parole de Dieu qui donne la vie.  La puissance de la Parole de Dieu ne doit pas être sous-estimée. Pourtant, dans un monde qui réclame des résultats mesurables, combien de fois doutons-nous de l’efficacité de la parole. La parole de Dieu accomplit ce que Dieu veut : le repentir, la foi et le salut.  

Lorsqu'il a reçu l'Esprit à son baptême, Jésus a été proclamé Fils de Dieu. Poussé au désert, Jésus a été tenté, mais, accompagné par l'Esprit, il a exorcisé les démons. Sur la croix Jésus a crié «Abba, Père» et Dieu a confirmé son obéissance filiale en le ressuscitant des morts. En lisant l’extrait de la lettre aux Romains, nous devons garder tout cela en tête. Parce que ce que nous apprenons, c'est que l'Esprit nous greffe dans l'histoire de Jésus. Nous vivons dans l'espoir que nous aussi, nous sommes les filles et les fils bien-aimés de Dieu. C'est ce que Paul raconte : la création a un avenir, et cet avenir est lié à la vie de résurrection que Dieu donne à ses enfants. La résurrection que nous considérons comme future est aussi dans notre présent.  Paul parle de la souffrance de l'humanité et de la création. C’est la souffrance qui vient de savoir ce que le monde pourrait être, alors que nous vivons dans un monde imparfait. La création entière, dit Paul, gémit et souffre ensemble, et pas seulement la création, mais nous-mêmes qui gémissons intérieurement en attendant la rédemption de notre corps. L'attente impatiente à laquelle Paul fait référence est littéralement l'acte de tendre le cou pour mieux voir ce qui s'en vient. C'est le visage de l’agriculteur qui regarde le ciel avant de démarrer la moissonneuse-batteuse pour la récolte. C'est le regard d'une personne sur un quai de débarquement en attendant l'arrivée d'un proche.  L'Esprit nous a donné des raisons d'espérer avec impatience plus que ce que nous pouvons voir. Les communautés chrétiennes en déclin doivent espérer, car elles ont la puissance de l’Esprit. Il soutiendra toujours l'Église et ses membres, même en période de tempêtes et de défis. Avant de donner naissance à une nouvelle vie, une mère souffre toujours de perte d'appétit, d'insomnie, d'inconfort et de difficultés de mobilité. Et pourtant à la fin il y a la joie et la fête. Si la création est en travail comme le prétend Paul, l'appel aux chrétiens et chrétiennes est que la vie promise par Dieu ne manquera pas d’arriver. Pourtant, encore plus difficile que de dire un mot d'espoir dans une situation improbable, est d'entendre et de comprendre la portée de ce mot afin de vivre dans la promesse.

Le chapitre 12 de Matthieu raconte plusieurs histoires de conflits de Jésus avec des pharisiens qui complotent maintenant pour le détruire. À la fin du chapitre 12, Jésus semblera être en désaccord même avec sa propre famille, et à la fin du chapitre 13, il sera rejeté par sa ville natale. Pourquoi Jésus rencontre-t-il tant d'hostilité ? Pourquoi tant de gens ignorent-ils son message et discréditent-ils son ministère ? Jésus l’explique dans sa parabole du semeur. Elle est inhabituelle, car il en offre une interprétation à ses disciples. Elle porte sur l’accueil de la semence par divers types de sols; c’est comme une allégorie pour des réponses diverses à son enseignement. L'explication sur ce que représente chaque élément de la parabole semble laisser peu de place à l’interprétation. Mais, qui peut être qualifié de bon sol ?  Puisque le sol ne peut ne pas se changer, y a-t-il un espoir pour les sols dur, rocheux ou épineux ? Sont-ils destinés à être improductifs pour toujours ? Nous trouvons des exemples de chaque type de réponse à la parole dans l'Évangile de Matthieu. Certains entendent la parole et ne comprennent pas, y compris les chefs religieux qui sont opposés à Jésus depuis le début. Les foules répondent positivement, en particulier à ses miracles, mais se retournent contre lui à la fin et exigent sa crucifixion, nous laissant nous questionner s'ils n’ont jamais vraiment compris. Les disciples eux-mêmes pourraient être inclus parmi ceux qui tombent lorsque surviennent des troubles ou des persécutions. Et le jeune homme riche incapable de se séparer de ses biens fournit un exemple étonnant de celui qui entend le message, mais les soucis du monde et l'attrait de la richesse étouffent le message, et cela ne donne rien. Et le bon sol ? Qui sont ceux et celles qui entendent la parole et la comprennent, qui portent effectivement des fruits et produisent une récolte abondante ? Dans l'histoire de Matthieu, ce sont les moins probables, les exclus, les tout-petits … Et les disciples ? Ne vont-ils jamais porter des fruits ?  Ce qui est remarquable, c'est qu'en dépit de leurs échecs, Jésus ne les abandonne pas. En fait, il continue à investir en eux, même au point de leur confier l'avenir de sa mission. Jésus appelle Pierre le rocher sur lequel il bâtira son église bien qu’il sache très bien que tous les disciples l'abandonneront au moment tragique et que Pierre le reniera. Le personnage principal de la parabole est le semeur. Il disperse sa graine avec insouciance, gaspillant apparemment une grande partie de la graine sur un sol qui ne promet pas une récolte fructueuse. Jésus investit dans des disciples qui semblent tout aussi peu prometteurs. Il gaspille son temps avec les collecteurs d'impôts et les pécheurs, avec les lépreux, et toutes sortes d’exclus. Pourtant, il promet que sa parole produira une récolte abondante.

Cela nous ramène à la parabole. Il n'est pas difficile de trouver des exemples contemporains des différentes réponses décrites dans la parabole de Jésus. Le fait que la Parole de Dieu soit étouffée par les soucis du monde et l'attrait de la richesse semble être un problème particulier dans nos sociétés occidentales. Dans de nombreux cœurs, aujourd'hui, la Parole de Dieu n'a pas eu le temps ni les moyens pour germer.  L'indifférence occupe le terrain, si ce n’est l'oubli. Il y des chrétiens et chrétiennes d'un jour qui magasinent ce qui leur plaît et puis s’en vont. Il faut cependant veiller à ne pas assimiler les différents types de sols à une personne ou à un groupe particulier, et surtout à ne pas assimiler soi-même ou notre communauté au bon sol. Si nous sommes honnêtes avec nous-mêmes, nous pouvons probablement trouver des preuves de plusieurs types de sol dans nos vies et dans nos communautés. Notons aussi que Jésus n'utilise pas la parabole pour exhorter les auditeurs à être une bonne terre, comme si nous pouvions y arriver seuls. S'il y a un espoir pour le sol improductif, c'est que le semeur continue de semer généreusement, de façon extravagante, même dans les endroits les moins prometteurs. L'investissement de Jésus dans ses disciples montre qu'il ne les abandonnera pas malgré leurs nombreux échecs. Nous espérons qu'il ne nous abandonnera pas non plus et qu’il continuera à travailler sur tout ce qui est endurci, rocheux ou épineux en nous. Nous avons confiance en sa promesse d'être avec nous jusqu'à la fin des temps. En tant que personnes chargées de témoigner de l’Évangile aujourd'hui, nous devons considérer les implications de cette parabole sur la façon dont nous nous témoignons. Trop souvent nous le faisons en toute sécurité, ne semant la Parole que là où nous sommes convaincus qu'elle sera bien reçue, et seulement là où ceux et celles qui la reçoivent sont susceptibles de bien l’accueillir, voulant nous assurer que rien de nos efforts ne sera gaspillé. Nous étouffons la créativité et l'énergie, résistant à de nouvelles idées de peur qu'elles ne fonctionnent pas comme si les erreurs ou les échecs devaient être évités à tout prix. Nous avons la liberté de prendre des risques pour le bien de l'Évangile. Dieu approuve une générosité extravagante en semant la Parole, même dans des endroits périlleux. Bien que nous puissions nous interroger sur la sagesse ou l'efficacité de ces méthodes, Jésus promet que le résultat final sera une récolte exceptionnelle. Le semeur est sorti pour semer. Dieu sème toujours et encore. La graine est répandue largement et avec générosité. C’est à nous de l’accueillir.

Nous sommes appelés à devenir les semeurs qui jettent la semence généreusement, la semence qui germera en vie éternelle. Nous sommes fils et filles de Dieu, la rédemption et la vie éternelle viendront nous rappelle Paul. Le germe de vie trouvera le chemin d’un terrain favorable où il donnera du fruit. Dieu agit en nous. Il est invisible, mais il est là. Il fera lever la semence envers et contre tout.


Serge Lefebvre
D'après diverses sources







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