Écoutez-moi,
îles lointaines !
Peuples éloignés,
soyez attentifs !
J'étais encore
dans le sein maternel
quand le Seigneur
m'a appelé ;
j'étais encore
dans les entrailles
de ma mère
quand il a prononcé mon nom.
Il a fait
de ma bouche
une épée tranchante,
il m'a protégé par l'ombre de sa main ;
il a fait de moi
sa flèche préférée,
il m'a serré
dans son carquois.
Il m'a dit :
« Tu es mon serviteur, Israël, en toi
je me glorifierai. »
Et moi,
je disais :
« Je me suis fatigué pour rien,
c'est pour le néant,
c'est en pure perte
que j'ai usé
mes forces. »
Et pourtant,
mon droit subsistait
aux yeux du Seigneur, ma récompense
auprès de mon Dieu.
Maintenant
le Seigneur parle,
lui qui m'a formé
dès le sein de ma mère pour que je sois
son serviteur,
que je lui ramène Jacob et
que je lui rassemble Israël.
Oui, j'ai du prix
aux yeux du Seigneur,
c'est mon Dieu
qui est ma force.
Il parle ainsi :
«C'est trop peu
que tu sois
mon serviteur
pour relever les tribus de Jacob
et ramener
les rescapés d'Israël :
je vais faire de toi
la lumière des nations, pour que mon salut parvienne
jusqu'aux extrémités
de la terre.»
Réflexion pour la saint Jean Baptiste C
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 1, 57-80
Quand arriva le moment où Élisabeth devait enfanter, elle mit au monde un fils. Ses voisins et sa famille apprirent que le Seigneur lui avait prodigué sa miséricorde, et ils se réjouissaient avec elle.
Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l'enfant. Ils voulaient le nommer Zacharie comme son père. Mais sa mère déclara : « Non, il s'appellera Jean. » On lui répondit : « Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! » On demandait par signes au père comment il voulait l'appeler. Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit : « Son nom est Jean. » Et tout le monde en fut étonné. A l'instant même, sa bouche s'ouvrit, sa langue se délia : il parlait et il bénissait Dieu. La crainte saisit alors les gens du voisinage, et dans toute la montagne de Judée on racontait tous ces événements. Tous ceux qui les apprenaient en étaient frappés et disaient : «Que sera donc cet enfant ? » En effet, la main du Seigneur était avec lui.
Zacharie, son père, fut rempli de l'Esprit Saint et prononça ces paroles prophétiques: « Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël, parce qu'il a visité son peuple pour accomplir sa libération. Dans la maison de David, son serviteur, il a fait se lever une force qui nous sauve. C'est ce qu'il avait annoncé autrefois par la bouche de ses saints prophètes : le salut qui nous délivre de nos adversaires, des mains de tous nos ennemis. Il a montré sa miséricorde envers nos pères, il s'est rappelé son Alliance sainte : il avait juré à notre père Abraham qu'il nous arracherait aux mains de nos ennemis, et nous donnerait de célébrer sans crainte notre culte devant lui, dans la piété et la justice, tout au long de nos jours. Et toi, petit enfant, on t'appellera prophète du Très-Haut, car tu marcheras devant le Seigneur pour lui préparer le chemin, pour révéler à son peuple qu'il est sauvé, que ses péchés sont pardonnés. Telle est la tendresse du coeur de notre Dieu ; grâce à elle, du haut des cieux, un astre est venu nous visiter ; il est apparu à ceux qui demeuraient dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort, pour guider nos pas sur le chemin de la paix. »
L'enfant grandit et son esprit se fortifiait. Il alla vivre au désert jusqu'au jour où il devait être manifesté à Israël.
Le 24 juin est la « Fête nationale des Québécois ». C'est le recyclage politique de la fête de saint Jean Baptiste, ex-patron national des Canadiens-Français. Mais qu'avons nous tant à célébrer? Les enfants font la fête car c'est les grandes vacances qui commencent bientôt. Nous, quel est notre motif? La politique, les élections fédérales, les référendums sur les défusions municipales, l'appartenance au Québec?
Avons-nous vraiment le coeur à la fête? Peut-être, mais en examinant nos vies, tous nous avons éprouvé de la tristesse, de la souffrance, de la misère, de l'accablement, un manque d'intériorité... C'est peut-être le cas présentement. Peut-être que dans le désert de nos vies, un homme ou une femme, un ami attend. Il attend que le monde change, qu'il devienne humain. Cet ami attend Dieu qui va venir combler nos manques, qui va nous rendre tous plus humains. Il faut se préparer à accueillir le Seigneur.
Accueillir le Seigneur, ce n'est pas attendre passivement la consolation de notre mal de vivre. Accueillir le Seigneur, cela exige d'abord de changer nos vies. Qu'est-ce qui devrait guider nos vies ? Jean-Baptiste dans le désert a parlé de conversion. Se convertir, c'est assister les malheureux de la société, c'est être honnête et équitable dans l'exercice de notre métier. C'est le comportement attendu des chrétiens! C'est dans notre vie concrète, c'est ici-bas, que nous devons mettre en pratique ce que la simple justice humaine recommande. C'est faire la mondialisation à l'échelle humaine, c'est se préoccuper de notre prochain, de son bien-être. Donnons nous simplement comme objectif de vivre en fraternité et dans le respect de l'autre.
Comme à chaque année, le 24 juin, les Québécoises et les Québécois se réuniront pour fêter entre amis leur fête nationale, la Saint-Jean-Baptiste. Ce sera un moment privilégié pour célébrer notre identité, notre fierté de ce que nous étions, de ce que nous sommes et de ce que nous rêvons de devenir.
Que rêvons-nous pour nos frères et soeurs?
Le temps que l'on prend pour dire: je t'aime
C'est le seul qui reste au bout de nos jours.
Les voeux que l'on fait, les fleurs que l'on sème
Chacun les récoltes en soi-même
Aux beaux jardins du temps qui court.
Mon cher prochain, c'est à ton tour
De te laisser parler d'amour
Mon cher prochain, c'est à ton tour
De te laisser parler d'amour!
Gilles Vigneault
Bonne fête nationale.
Serge Lefebvre
d'après diverses sources