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« À notre tour d'oser! »
Homélies
Melkisédek,
roi de Salem,
fit apporter
du pain et du vin :
il était prêtre
du Dieu très-haut.



Il prononça cette bénédiction :

« Les Égyptiens
sauront que
je suis le Seigneur, quand j'aurai triomphé, pour ma gloire,
de Pharaon,
de ses chars
et de ses guerriers. »



L'ange de Dieu,
qui marchait
en avant d'Israël, changea de place
et se porta à l'arrière.



La colonne de nuée quitta l'avant-garde
et vint se placer
à l'arrière,
entre le camp
des Égyptiens
et le camp d'Israël.



Cette nuée était
à la fois
ténèbres et lumière dans la nuit,
si bien que,
de toute la nuit,
ils ne purent
se rencontrer.


Réflexion pour la fête du Saint Sacrement C

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 9, 11b-17


Jésus parlait du règne de Dieu, et il guérissait ceux qui en avaient besoin. Le jour commençait à baisser. Les Douze s'approchèrent de lui et lui dirent : «Renvoie cette foule, ils pourront aller dans les villages et les fermes des environs pour y loger et trouver de quoi manger : ici nous sommes dans un endroit désert. »  Mais il leur dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Ils répondirent : « Nous n'avons pas plus de cinq pains et deux poissons... à moins d'aller nous-mêmes acheter de la nourriture pour tout ce monde. »  Il y avait bien cinq mille hommes.

Jésus dit à ses disciples : « Faites-les asseoir par groupes de cinquante. »  Ils obéirent et firent asseoir tout le monde.  Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il les bénit, les rompit et les donna à ses disciples pour qu'ils distribuent à tout le monde. Tous mangèrent à leur faim, et l'on ramassa les morceaux qui restaient : cela remplit douze paniers.

Peut-être avez-vous déjà ressenti le désir d'entendre une parole de consolation ou  une parole d'encouragement qui n'est pas venue, que personne n'a osé donner. Jésus, lui, est attentif aussi bien aux corps qu'aux âmes. Il nourrit les âmes par sa Parole et il sait aussi guérir les corps malades et nourrir les estomacs affamés. Jésus savait concilier les besoins physiques avec les exigences spirituelles. Il avait d'abord nourri le petit groupe des amis de deux façons : par une intimité de présence et par un partage de pensée. 

La fête du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ est un mystère de notre foi comme la Trinité célébrée la semaine dernière. Ajourd'hui, nous sommes invités à considérer la présence de Jésus homme et Dieu sous les signes du pain et du vin.  Jésus en reprenant le geste de Melkisédek, dont nous parlait la première lecture, rend ainsi présents son corps livré pour nous et son sang versé pour nous à la croix. Saint Paul l'a rappelé aux Corinthiens dans la seconde lecture. Ainsi, l'Église se construit par la participation au sacrifice eucharistique qui perpétue le don que Jésus a fait de sa vie pour le salut du monde.

Le signe du pain partagé traduit donc la forme nouvelle que prend l'intimité avec Jésus depuis la Pentecôte. Le rapprochement entre le partage des pains et la messe est évidente. Notre place dans cette histoire est moins évidente. Il serait tentant d'assimiler notre situation à celle de la foule, de réduire notre participation à celle de simples consommateurs. Dans le passé,  les interdits ont limité la place des fidèles dans l'Église et il en est résulté de multiples habitudes de passivité, voire des exclusions. Mais les laïcs ont bien une  mission  au coeur de notre monde. Nous nous sentons si souvent impuissants mais Jésus nous bouscule comme il a bousculé ses amis: "Donnez-leur, vous, à manger".

Toute une responsabilité! Il faut faire marcher son imagination et offrir, comme Jésus, plusieurs types de nourriture. Heureusement, nous disposons de l'évangile pour nous aider à axer nos actions sur la foi et non pas simplement sur les rites. Il faut sortir Jésus qui a été enfermé dans les tabernacles, il doit nous accompagner sur les routes de notre monde.  La fête que nous célébrons aujourd'hui, c'est-à-dire l'Eucharistie, ne se résume pas  à des gestes de dévotion individuelle. L'Eucharistie, c'est la présence de Jésus Ressuscité dans notre monde. Jésus est vivant, c'est à nous d'agir, à nous de transmettre notre foi, à nous de proposer le changement.

Les disciples eux ont appris à oser l'impossible, ce qui semblait impensable, par exemple rassasier 5000 hommes avec cinq pains et deux poissons. C'est à notre tour maintenant d'oser, de faire grandir la foi et l'amour, de travailler à la construction du Royaume de Dieu.


Serge Lefebvre
d'après diverses sources