Réflexion pour le dimanche des Rameaux B
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 14, 1-39
La fête de la Pâque et des pains sans levain allait avoir lieu dans deux jours. Les chefs des prêtres et les scribes cherchaient le moyen d'arrêter Jésus par ruse, pour le faire mourir. Car ils se disaient : «Pas en pleine fête, pour éviter une émeute dans le peuple. »
Jésus se trouvait à Béthanie, chez Simon le lépreux. Pendant qu'il était à table, une femme entra, avec un flacon d'albâtre contenant un parfum très pur et de grande valeur. Brisant le flacon, elle le lui versa sur la tête. Or, quelques-uns s'indignaient: « A quoi bon gaspiller ce parfum ? On aurait pu le vendre pour plus de trois cents pièces d'argent et en faire don aux pauvres. » Et ils la critiquaient. Mais Jésus leur dit : « Laissez-la ! Pourquoi la tourmenter ? C'est une action charitable qu'elle a faite envers moi. Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous, et, quand vous voudrez, vous pourrez les secourir ; mais moi, vous ne m'aurez pas toujours. Elle a fait tout ce qu'elle pouvait faire. D'avance elle a parfumé mon corps pour mon ensevelissement. Amen, je vous le dis : Partout où la Bonne Nouvelle sera proclamée dans le monde entier, on racontera, en souvenir d'elle, ce qu'elle vient de faire. »
Judas Iscariote, l'un des Douze, alla trouver les chefs des prêtres pour leur livrer Jésus. A cette nouvelle, ils se réjouirent et promirent de lui donner de l'argent. Dès lors Judas cherchait une occasion favorable pour le livrer.
Le premier jour de la fête des pains sans levain, où l'on immolait l'agneau pascal, les disciples de Jésus lui disent : « Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour ton repas pascal ? » Il envoie deux disciples : « Allez à la ville ; vous y rencontrerez un homme portant une cruche d'eau. Suivez-le. Et là où il entrera, dites au propriétaire : 'Le maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples ?' Il vous montrera, à l'étage, une grande pièce toute prête pour un repas. Faites-y pour nous les préparatifs. » Les disciples partirent, allèrent en ville ; tout se passa comme Jésus le leur avait dit ; et ils préparèrent la Pâque.
Le soir venu, Jésus arrive avec les Douze. Pendant qu'ils étaient à table et mangeaient, Jésus leur déclara : « Amen, je vous le dis : l'un de vous, qui mange avec moi, va me livrer. » Ils devinrent tout tristes, et ils lui demandaient l'un après l'autre : « Serait-ce moi ? » Il leur répondit : « C'est l'un des Douze, qui se sert au même plat que moi. Le Fils de l'homme s'en va, comme il est écrit à son sujet ; mais malheureux celui qui le livre ! Il vaudrait mieux pour lui qu'il ne soit pas né. »
Pendant le repas, Jésus prit du pain, prononça la bénédiction, le rompit, et le leur donna, en disant : «Prenez, ceci est mon corps. » Puis, prenant une coupe et rendant grâce, il la leur donna, et ils en burent tous. Et il leur dit : « Ceci est mon sang, le sang de l'Alliance, répandu pour la multitude. Amen, je vous le dis : je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu'à ce jour où je boirai un vin nouveau dans le royaume de Dieu. »
Après avoir chanté les psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers. Jésus leur dit: « Vous allez tous être exposés à tomber, car il est écrit : Je frapperai le berger, et les brebis seront dispersées. Mais, après que je serai ressuscité, je vous précéderai en Galilée. » Pierre lui dit alors : « Même si tous viennent à tomber, moi, je ne tomberai pas. » Jésus lui répond : « Amen, je te le dis : toi, aujourd'hui, cette nuit même, avant que le coq chante deux fois, tu m'auras renié trois fois. » Mais lui reprenait de plus belle : «Même si je dois mourir avec toi, je ne te renierai pas. » Et tous disaient de même.
Ils parviennent à un domaine appelé Gethsémani. Jésus dit à ses disciples : « Restez ici ; moi, je vais prier. » Puis il emmène avec lui Pierre, Jacques et Jean, et commence à ressentir frayeur et angoisse. Il leur dit : « Mon âme est triste à mourir. Demeurez ici et veillez. » S'écartant un peu, il tombait à terre et priait pour que, s'il était possible, cette heure s'éloigne de lui. Il disait : « Abba... Père, tout est possible pour toi. Éloigne de moi cette coupe. Cependant, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux ! » Puis il revient et trouve les disciples endormis. Il dit à Pierre : « Simon, tu dors ! Tu n'as pas eu la force de veiller une heure ? Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation : l'esprit est ardent, mais la chair est faible. » Il retourna prier, en répétant les mêmes paroles.
Un attentat se préparait à Jérusalem en pleine fête religieuse. De tels attentats sont malheureusement courants.
Les cérémonies de l'Achoura, la plus importante fête religieuse chiite, ont été assombries dans plusieurs pays par des attentats meurtriers en février 2006. En Afghanistan, cette fête été marquée par la violence. Au moins 5 personnes sont mortes et 51 autres blessées lors d'affrontements entre chiites et sunnites à Hérat, près de la frontière iranienne. Plusieurs mosquées et voitures ont été incendiées. Des centaines de soldats ont été dépêchés sur les lieux afin de rétablir l'ordre.
Au Pakistan, un attentat-suicide commis en pleine procession a fait au moins 23 morts à Hangu, à environ 200 kilomètres au sud-ouest d'Islamabad. En tout, quelque 50 personnes ont aussi été blessées. L'armée pakistanaise a investi le secteur et a imposé un couvre-feu.
Il y a deux ans, un attentat-suicide à Quetta avait fait 44 morts lors d'une procession chiite.
L'an dernier, une série d'attentats-suicides avaient fait 55 morts. En 2004, au moins 181 personnes avaient péri dans des attentats visant des lieux saints chiites à Bagdad et Kerbala.
La liste pourrait s’allonger. L’histoire semble se répéter mais, en fait, ce n’est pas le cas avec l’attentat contre Jésus. Cet attentat, nous le savons, aura lieu quelques jours plus tard. Les conséquences de la mort de Jésus ont été tout à fait imprévues pour les hommes et les femmes de son époque. Elles demeurent d’une profondeur inouïe pour chacun d’entre nous. Jésus est ressuscité trois jours après sa mort et cet événement a bouleversé le monde et il demeure un signe d’espérance.
En attendant l’heure d’accomplir sa mission, aujourd’hui Jésus subit la trahison. Marc raconte les réactions de Jésus et des disciples. Ce qui en ressort, c’est que la trahison a un goût amer, surtout quand la personne qui trahit est une personne aimée. Car Jésus aime tous les hommes. Il a aimé Judas ainsi que ceux qui vont le mettre à mort. La trahison de son ami le fait souffrir.
Malheureusement certains d’entre nous savent ce que cela veut implique de déchirement intérieur. C'est bien de se lier d'amitié avec une personne. Nous sommes heureux, nous avons quelqu'un à qui se fier, à qui raconter ses moments de tristesse, ses préférences. Un meilleur ami c'est extrêmement important. Un vrai ami, un disciple, c’est ce que Jésus avait en Judas. Puis un jour, quelque chose vient perturber cette relation. C’est une personne, la soif de pouvoir, l’argent trompeur. Notre meilleur ami s'y attache, traîne avec lui de plus en plus. Il nous laisse un peu de côté. Puis, vient le jour où notre meilleur ami a envie de changer. Comme ça. Là il y a une grande catastrophe. Il craque. Il finit sa trahison. Il nous lâche, nous jette. A présent, plus rien ne sera comme avant et cet ancien ami ignore la souffrance qu’il cause.
Jésus a souffert de la trahison de Judas. Il a souffert du reniement de Pierre. Il souffre de chacun de nos reniements personnels. Saurons-nous soulager sa souffrance?
Serge Lefebvre
d'après diverses sources