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« De l'oxygène pour votre Église » 
Homélies
Quand arriva
la Pentecôte
(le cinquantième jour après Pâques),
ils se trouvaient réunis tous ensemble.
Soudain il vint du ciel un bruit pareil à celui d'un violent coup de vent : toute la maison où ils se tenaient
en fut remplie. 
Ils virent apparaître comme une sorte de feu qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun d'eux.
Alors ils furent tous remplis de
l'Esprit Saint :
ils se mirent à parler en d'autres langues, et chacun s'exprimait selon le don de l'Esprit.
Or, il y avait, séjournant à Jérusalem, des Juifs fervents, issus de toutes les nations qui sont sous le ciel.
Lorsque les gens entendirent le bruit, ils se rassemblèrent
en foule.
Ils étaient dans la stupéfaction parce que chacun d'eux les entendait parler sa propre langue. Déconcertés, émerveillés,
ils disaient : « Ces hommes qui parlent ne sont-ils pas tous des Galiléens ?
Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans sa langue maternelle ?
Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie,
de la Judée et de la Cappadoce, des bords de la mer Noire,
de la province d'Asie,  de la Phrygie,
de la Pamphylie,
de l'Égypte
et de la Libye proche de Cyrène,
Romains résidant ici,  Juifs de naissance
et convertis,
Crétois et Arabes,
tous nous les entendons proclamer dans nos langues
les merveilles
de Dieu. »

Réflexion pour la Pentecôte C

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 14, 15-16, 23b-26


Si vous m'aimez, vous resterez fidèles à mes commandements. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous.  Si quelqu'un m'aime, il restera fidèle à ma parole ; mon Père l'aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui.  Celui qui ne m'aime pas ne restera pas fidèle à mes paroles. Or, la parole que vous entendez n'est pas de moi : elle est du Père, qui m'a envoyé.  Je vous dis tout cela pendant que je demeure encore avec vous ;  mais le Défenseur, l'Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit.


La Pentecôte était la fête du cinquantième jour après la Pâque juive, la fête du don de la Torah et des dix commandements de Dieu. Au Sinaï, un nouveau peuple s'était forgé en s'éclairant des commandements. À la Pentecôte, les disciples étaient enfermés, ils se sentaient peut-être dépassés par leur mission. Dehors, il y avait des Juifs fervents issus de toutes les nations qui sont sous le ciel. C'était leur pèlerinage à Jérusalem commémorant l'événement du Sinaï.

C'est alors que les disciples ont eu conscience du rôle que jouait l'Esprit promis par Jésus. C'est le même mot pour dire vent et esprit qui est utilisé en grec comme en hébreu. La venue du Saint-Esprit est comparée au mystère du vent qui souffle où et quand il veut. C'est un souffle libre, inattendu et mystérieux. C'est grâce à l'inspiration de ce Souffle que les témoignages bibliques nous parlent, et que nos vies en sont changées, qu'il y a cette nouvelle naissance dont Jésus parlait à Nicodème.  A la Pâque nouvelle, à la Pentecôte nouvelle, le don de la Torah est complété par le don de l'Esprit qui envoie en mission. C'est une invitation universelle de Dieu à rejoindre la vie en Dieu comme Jésus ressuscité. Grâce à l'Esprit, les disciples réunis ont eu en eux un dynamisme, un souffle qui leur a permis d'aller de l'avant et de poursuivre l'oeuvre entreprise avec Jésus. 

La Pentecôte chrétienne sert à exprimer les mêmes convictions que celles de la première communauté des disciples  lorsqu'elle prit conscience qu'elle vivait au souffle de la présence de Jésus ressuscité. Le souffle  exprime la vérité qui a une portée internationale.  Le souffle c'est la mondialisation de l'amour de Dieu à partager. Pour la première communauté chrétienne, la tradition pouvait l'emporter et figer la communauté sur la reproduction systématique de ce qui avait été vécu historiquement, ce qui aurait conduit à ignorer le monde. Ce n'était pas la manière dont Jésus avait soufflé sur ses amis. Ce ne sera jamais  la manière dont il se propose de soutenir et d'animer l'histoire de tous les lieux et de tous les temps.

L'Esprit est à l'oeuvre comme le vent qui souffle où il veut, souvent hors de toutes enceintes. L'Esprit est donné à ceux et celles qui implorent sa venue et lui ouvrent leur coeur. Il agit en nous. Il nous fait voir que nous ne sommes pas des êtres quelconques pour Dieu mais que nous sommes tous ses enfants.
L'Esprit nous est donné pour que nous soyons des témoins du Christ, comme l'ont été les apôtres, le jour de la Pentecôte. Mais, comment rendre témoignage? Le Souffle se manifeste dans nos quotidiens qui sont faits d'échanges, d'hésitations, d'engagements. Ce qui importe, c'est de semer autour de soi l'amour, la paix, l'espérance et le respect de tout être humain. C'est de semer la joie, la justice, l'honnêteté, la compassion et le pardon. La foi est une question de relation. On croit, quand on rencontre l'autre. C'est ce que nous essayons de réaliser en Église. Notre foi en Jésus fait de nous un seul peuple malgré nos différences.

Le souffle de vérité, le salut du monde, ça ne commence pas et ne se termine pas à laPentecôte. C'est l'action de l'Esprit et de l'Eglise qui travaille la communauté humaine et la fait évoluer. N'oubliez jamais de donner de l'oxygène à votre Église!


Serge Lefebvre
d'après diverses sources