Réflexion pour la Pentecôte B
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (15, 26 -16,15)
Quand viendra le Défenseur, que je vous enverrai d'auprès du Père, lui, l'Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur. Et vous aussi, vous rendrez témoignage, vous qui êtes avec moi depuis le commencement.
Je vous dis tout cela pour que vous ne risquiez pas de tomber. On vous exclura de la synagogue. Et même, l'heure vient où tous ceux qui vous tueront s'imagineront offrir ainsi un sacrifice à Dieu. Ils le feront parce qu'ils ne connaissent ni le Père ni moi. Mais voici pourquoi je vous dis tout cela : quand cette heure sera venue, vous vous souviendrez que je vous l'avais dit. Je ne vous l'ai pas dit dès le commencement, parce que j'étais avec vous.
Je m'en vais maintenant auprès de celui qui m'a envoyé, et aucun de vous ne me demande : 'Où vas-tu ?' Mais, parce que je vous ai parlé ainsi, votre coeur est plein de tristesse. Pourtant, je vous dis la vérité : c'est votre intérêt que je m'en aille, car, si je ne m'en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous ; mais si je pars, je vous l'enverrai. Quand il viendra, il dénoncera l'erreur du monde sur le péché, sur le bon droit, et sur la condamnation. Il montrera où est le péché, car l'on ne croit pas en moi. Il montrera où est le bon droit, car je m'en vais auprès du Père, et vous ne me verrez plus. Il montrera où est la condamnation, car le prince de ce monde est déjà condamné.
J'aurais encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l'instant vous n'avez pas la force de les porter. Quand il viendra, lui, l'Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière. En effet, ce qu'il dira ne viendra pas de lui-même : il redira tout ce qu'il aura entendu ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître. Il me glorifiera, car il reprendra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. Tout ce qui appartient au Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : Il reprend ce qui vient de moi pour vous le faire connaître.
La mission de l'Esprit est dans le récit de la Pentecôte. L'Esprit donne le courage et le discernement nécessaires pour construire le monde de Dieu. Avec la Pentecôte, les disciples sortent vraiment de leurs peurs pour aller vers leur prochain. Il leur a fallu l'aide de l'Esprit. Il n'est pas possible, de servir Dieu par sa propre volonté et ses propres efforts. Nous pouvons être pieux et religieux, mais sans avoir reçu le don de la foi. La religion et la foi, ce n'est pas la même chose. Cette foi est produite par l'Esprit. Lorsque nous recevons l'Esprit, comme les disciples à la Pentecôte, nous sommes appelés à devenir des témoins. Lorsque nous sommes baptisés dans le l'Esprit, nous ne devrions avoir qu'une envie, c'est témoigner de ce Jésus qui nous a sauvé.
Jésus, en partant, nous a laissé la foi, mais nous devons recevoir cette foi. Nous devons donner à cette étincelle la possibilité d'allumer ce feu en nous, la protéger du vent par notre persévérance. C’est Dieu qui nous a faits avec la personnalité, les talents, les rêves que nous avons. Dieu veut nous utiliser pour accomplir des choses autour de nous, pour aider les gens, pour transformer le monde et pour le faire connaître lui et son amour. La foi est un don de Dieu, un don qui requiert l'adhésion de notre volonté éclairée par notre intelligence. La foi est aussi notre réponse à Dieu. L’Esprit Saint agit dans notre vie comme le vent agit sur un albatros. Le vent permet à cet oiseau de s’envoler, d’aller de plus en plus haut; pour que l'albatros vole bien, il doit savoir suivre et utiliser les courants. Dans notre vie, l’Esprit veut nous amener plus près du Seigneur, et il veut nous diriger dans la direction où nos talents et nos rêves seront mis à profit pour le royaume de Dieu. Si nous suivons ses conseils, notre vie peut avoir un impact bien plus grand que ce que nous imaginons, et nous pouvons aller bien plus loin que si nous tentons de le faire seuls, par nos propres forces.
La confirmation devrait donc nous transformer. Pourtant, les positions de l'Église sont loin de faire l'unanimité, du moins au Québec. Les églises sont souvent désertées, sauf pour les grandes occasions. Nous tentons de nous adapter à la situation, de nous ajuster à une culture qui cherche à réduire la religion à une expression de foi purement privée. Toute une différence avec le témoignage public de notre passé marqué par un intérêt pour les questions sociales. Que penser alors de l'attachement des parents au baptême, puis à la confirmation ? Même si les gens ont pris une distance par rapport à la pratique religieuse et, à la limite, à certaines formes de croyance, il reste quand même un attachement culturel. C'est d'autant plus vrai que rien n'est venu remplacer le rôle que pouvait jouer traditionnellement l'Église catholique dans les rites de passage et la transmission de valeurs. Mais, est-ce qu'on est dans une démarche de foi ou de transmission de valeurs en faisant confirmer? Est-ce une carte de membre que nous avons? Dans le rite lui-même, certains voient le moyen de transmettre la foi. Pour eux, la foi, c'est un soutien dans les épreuves, un espoir qu'il existe quelque chose après la mort. Cela donne aussi un sens à la vie et fournit des valeurs d'amour des autres, de partage, de pardon, et de justice que tout le monde trouve importantes.
Moi, dans quelle catégorie de chrétiens suis-je? Comme les disciples d'avant ou d'après Pentecôte ? Comme un consommateur de rites? Comme un béni oui-oui? Comme un anarchiste allergique aux messages qui heurtent mes désirs? Qui suis-je, moi qui ai reçu l'Esprit?
Serge Lefebvre
d'après diverses sources