Certaines gens
venus de Judée voulaient endoctriner les frères de l'Église d'Antioche
en leur disant :
« Si vous ne recevez pas la circoncision selon la loi de Moïse, vous ne pouvez pas être sauvés. »
Cela provoqua un conflit et des discussions assez graves entre
ces gens-là
et Paul et Barnabé. Alors on décida que Paul et Barnabé, avec quelques autres frères, monteraient à Jérusalem auprès des Apôtres et des Anciens pour discuter de cette question.
L'Église d'Antioche pourvut à leur voyage. Ils traversèrent la Phénicie et la Samarie en racontant la conversion des païens, ce qui remplissait de joie tous les frères.
A leur arrivée à Jérusalem, ils furent accueillis par l'Église, les Apôtres et les Anciens, et ils rapportèrent tout ce que Dieu avait fait
avec eux.
On vit alors intervenir certains membres du parti des pharisiens qui étaient devenus croyants.
Ils disaient: « Il faut obliger ces gens à recevoir la circoncision,
et à observer
la loi de Moïse. »
Les Apôtres et les Anciens se réunirent pour examiner cette affaire.
...
Toute l'assemblée garda le silence,
puis on écouta
Barnabé et Paul rapporter tous les signes et les prodiges que Dieu avait accomplis par eux
chez les païens.
Je suis donc d'avis
de ne pas surcharger ceux des païens qui
se convertissent à Dieu, mais de leur écrire qu'ils doivent s'abstenir des souillures
de l'idolâtrie,
des unions illégitimes, de la viande
non saignée
et du sang.
En effet, depuis
les temps
les plus anciens
Moïse a,
dans chaque ville,
des gens qui proclament sa Loi, puisqu'on en fait la lecture chaque sabbat dans les synagogues. »
Réflexion pour le 6e dimanche de Pâques C
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 14, 23-29
Jésus lui répondit : « Si quelqu'un m'aime, il restera fidèle à ma parole ; mon Père l'aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui. Celui qui ne m'aime pas ne restera pas fidèle à mes paroles. Or, la parole que vous entendez n'est pas de moi : elle est du Père, qui m'a envoyé. Je vous dis tout cela pendant que je demeure encore avec vous ; mais le Défenseur, l'Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit.
C'est la paix que je vous laisse, c'est ma paix que je vous donne ; ce n'est pas à la manière du monde que je vous la donne. Ne soyez donc pas bouleversés et effrayés. Vous avez entendu ce que je vous ai dit : Je m'en vais, et je reviens vers vous. Si vous m'aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père, car le Père est plus grand que moi. Je vous ai dit toutes ces choses maintenant, avant qu'elles n'arrivent ; ainsi, lorsqu'elles arriveront, vous croirez.
C'est difficile de s'imaginer quelles étaient les conditions de vie des premières communautés chrétiennes, des hommes, femmes et enfants qui vivaient, par exemple, dans la communauté d'Antioche de la première lecture. Qui étaient ces gens-là? Quelles étaient leurs préoccupations? Qu'est-ce qui faisait leurs joies, leurs peines, leur espérance? Ce qu'on sait, c'est que ces personnes ont accueilli le message des Apôtres, surtout celui de Paul et Barnabé qui ont vécu avec eux. Et que ce message a transformé leur vie : ils l'ont reconnu comme une bonne nouvelle, comme La Bonne Nouvelle : Jésus ressuscité donne du sens à l'existence humaine.
Dans l'Évangile d'aujourd'hui, Jésus parle de l'amour mutuel entre Dieu et nous, dans la personne de Jésus. « Si quelqu'un m'aime, il restera fidèle à ma parole; mon Père l'aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui. » Puis il promet la venue de l'Esprit Saint qui continuera à toutes les époques de faire connaître le message de Jésus. Dieu est ici, il est présent. Cette présence de Dieu dans notre communauté s'est exprimée de différentes façons. Que ce soit :
- par la fidélité de nos prédécesseurs dans Sainte-Julie ou nos
communautés d'origine à garder vivante la foi dans notre milieu ;
- par la construction de notre église paroissiale il y a moins de 15 ans,
cette église est un signe d'espérance et de confiance en l'avenir ;
- par l'esprit de partage et de charité qui en a guidé plusieurs
lors des diverses activités à caractère social ou religieux.
L'Esprit qui a guidé les Apôtres dans la mise en route des premières communautés est le même qui guide notre communauté. C'est lui le vrai fondateur de notre paroisse.
La première lecture dresse le compte rendu de l'une des premières difficultés qu'ont connue les apôtres: l'accueil des non juifs dans une communauté à prédominance juive. Les Apôtres étaient persuadés que leurs décisions étaient prises en vue du bien de toute l'Église, et qu'elles étaient fondées sur l'autorité du Saint-Esprit: « L'Esprit-Saint et nous-mêmes avons décidé de ne pas faire peser sur vous d'autres obligations que celles-ci, qui s'imposent » ont-ils alors affirmé.
C'est encore l'Esprit qui fonde aujourd'hui notre courage et notre audace à être témoins de l'Évangile dans notre communauté. L'Esprit traverse les zones opaques, fait la jonction entre les choses, les événements et les êtres. Il fait naître du dedans, il fait connaître : « Il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. » C'est l'Esprit qui inspire ces gestes de paix, de réconfort, de partage et d'accueil qui caractérisent notre communauté. C'est lui qui nous «brasse la cage» quand on devient trop sûrs de nous. C'est toujours Lui qui met en nous des énergies nouvelles pour transmettre l'héritage de notre foi plutôt que de ne le garder que pour nous.
En retournant à son Père, Jésus n'a pas cessé d'agir. Sa mort n'a pas mis fin à sa parole. Sa parole demeure vivante, puisque c'est l'Esprit qui appelle et stimule notre initiative, qui nous pousse à déployer un sens, à développer les implications nouvelles. Le temps de la « présence dans l'absence » est le temps de notre responsabilité: sans nous crisper sur des positions acquises, acceptons le risque d'entreprendre et d'apporter des réponses audacieuses aux questions toujours nouvelles qu'apporte la vie.
« Il [L'Esprit] vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit ». Quand Jean écrit son évangile, cinquante ans peut-être après Pâques, cette phrase représente un acte de foi en la présence active de Jésus en son Église. À ceux qui, peut-être, voulaient absolument le "mot à mot" des paroles de Jésus, Jean offre simplement, la foi en ce Jésus actuellement à l'oeuvre par l'Esprit. Que pouvons-nous désirer de plus grand que la puissance de l'amour?
Serge Lefebvre
d'après diverses sources