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« Aimer comme bonheur  » 
Homélies
Dans cette ville,
ils annoncèrent
la Bonne Nouvelle
et firent de
nombreux disciples.




Puis ils revinrent
à Lystres,
à Iconium
et à Antioche
de Pisidie. 




Ils affermissaient
le courage
des disciples ;
ils les exhortaient
à persévérer
dans la foi,
en disant :
Il nous faut passer
par bien des épreuves pour entrer dans
le royaume de Dieu. » 




Ils désignèrent
des Anciens pour chacune de
leurs Églises et,
après avoir prié
et jeûné,
ils confièrent
au Seigneur
ces hommes
qui avaient mis
leur foi en lui.




Ils traversèrent
la Pisidie
et se rendirent
en Pamphylie.




Après avoir annoncé
la Parole
aux gens de Pergé,
ils descendirent
vers Attalia,
et prirent
le bateau jusqu'à Antioche de Syrie,
d'où ils étaient partis ; c'est là qu'ils avaient été remis
à la grâce de Dieu
pour l'oeuvre
qu'ils venaient maintenant d'accomplir.





A leur arrivée,
ayant réuni les membres
de l'Église,
ils leur racontaient
tout ce que Dieu
avait fait avec eux,
et comment
il avait ouvert
aux nations païennes
la porte de la foi.

Réflexion pour le 5e dimanche de Pâques C

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 13, 31-35

Quand il fut sorti, Jésus déclara : « Maintenant le Fils de l'homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Si Dieu est glorifié en lui, Dieu en retour lui donnera sa propre gloire ; et il la lui donnera bientôt.

Mes petits enfants, je suis encore avec vous, mais pour peu de temps, et vous me chercherez. J'ai dit aux Juifs : Là où je m'en vais, vous ne pouvez pas y aller. Je vous le dis maintenant à vous aussi. Je vous donne un commandement nouveau : c'est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres.  Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c'est l'amour que vous aurez les uns pour les autres. »

On est surpris par le choix de l'évangile d'aujourd'hui. Alors que nous célébrons le cinquième dimanche après Pâques, la liturgie propose un passage emprunté au dernier discours de Jésus, juste avant sa Passion. Nous sommes ramenés dans les heures qui précèdent immédiatement la mort de Jésus. La raison, c'est certainement que ce texte est riche d'enseignements et de significations. Ce que nous avons célébré depuis le Jeudi Saint et que nous célébrerons jusqu'à la Pentecôte se résume dans l'amour de Jésus et du Père pour nous. Aujourd'hui deux aspects de cet amour sont évoqués: la glorification de Jésus et du Père, et le commandement nouveau que Jésus nous a laissé.

À l'époque de rédaction, les termes gloire ou glorification  avaient une signification bien différente de celle que nous leur donnons habituellement. Le mot gloire suggère aujourd'hui la renommée, l'éclat de la puissance attribuée à une personne ou à un groupe. Le raisonnement ancien était différent; le mot gloire était une référence religieuse :seul Dieu est gloire. Quand Dieu se glorifie, il se révèle.  Glorifier quelqu'un est donc d'abord un acte de Dieu. Les hommes peuvent seulement rendre gloire, c'est-à-dire reconnaître la présence de Dieu en tel fait, tel lieu, telle personne.

Pour Jean, la croix de Jésus, ou plutôt la mort et la Résurrection de Jésus, devient le lieu par excellence où se révèle le véritable visage de Dieu. En mourant, Jésus se remet entièrement aux mains du Père. C'est une attitude d'ouverture, d'offrande totale et de confiance qui lui permet d'accueillir la vie même de Dieu. C'est l'attitude qui nous est proposée.

Après Jésus, ce seront les apôtres qui, en communauté, manifesteront la gloire  de Jésus ressuscité. Ils la manifesteront par le témoignage de leur amour mutuel. Ils exprimeront un visage de Dieu différent du visage que construisaient les mentalités de l'époque. Ils parleront de proximité, d'humanité, d'amour. Ils parleront de Jésus qui accompagne et partage la vie de celui qui l'invite à sa table. Ils parleront de Jésus au service de tous et de chacun de ses membres. La mission des apôtres est remplie d'amour, de cet amour qui permet de construire leurs communautés.

« Aimez-vous les uns les autres », nous dit Jésus. Combien de fois avons-nous déjà entendu cette injonction ? Pourtant Jésus qualifie ce commandement de nouveau...  Nouveau depuis 2000 ans, et les chrétiens doivent encore et toujours se convertir ! L'amour mutuel entre chrétiens, il faut le reconnaître, est parfois un sujet délicat. Pensons à Loft-Story, et, pire, aux sordides affaires de moeurs. Nos séries télévisées et autres films ne cessent de nous montrer des amours mouvementées où la dimension de fidélité est absente. Pourtant aujourd'hui, dans nos familles, nous célébrons l'amour à travers des personnes bien spéciales : nos mères.  Par leurs soins et leurs petites attentions de tous les jours, elles nous ont manifesté leur amour.  Le plus souvent aussi ce sont nos mères qui, les premières, nous ont fait connaître le nom de Jésus. Les mères s'inquiètent toujours de leurs enfants, peu importe leur âge.  Souvent, elles voudraient prendre aussi leurs souffrances sur elles comme le Christ a pris nos souffrances sur lui.

« Aimez-vous les uns les autres », nous dit Jésus. Jésus parle de l'amour dont devrait témoigner toute communauté chrétienne, un amour simple mais vrai, capable de transformer les rapports que nous avons les uns avec les autres. Un amour qui n'aurait pas besoin d'explication, mais qui pourrait transparaître au quotidien, sans vouloir donner de leçon à qui que ce soit. « Voyez comme ils s'aiment » pouvait-on dire des premières communautés chrétiennes.

« Aimez-vous les uns les autres », nous dit Jésus. En écoutant les paroles de Jésus dans les évangiles, nous découvrons le Visage de Jésus. C'est ce Visage qui est vraiment le coeur de l'Evangile. Il est à l'intérieur de ce qu'il a dit, de ce qu'il a fait.  Pour savoir si nous aimons comme Jésus le veut, il faut se demander:  « Suis-je capable de me sacrifier, de m'oublier pour quelqu'un?»... gratuitement, sans espoir de retour...  Tout est dans l'amour...  Il y a si longtemps qu'il nous est demandé de changer de comportement, et nous devrons toujours rénover notre façon d'aimer. Quand oserons-nous donc enfin nous aimer les uns les autres, comme le Seigneur nous a aimés ?

« Aimez-vous les uns les autres », nous dit Jésus. Jésus nous rappelle le grand commandement de l'amour.  Comment pourrions-nous aimer comme Jésus sans la foi et un abandon total entre les mains de Dieu, car il s'agit d'aimer jusqu'à donner sa propre vie.  C'est à la personne de Jésus qu'il faut penser pour pouvoir aimer comme il le souhaite. C'est le coeur de l'Evangile qu'il faut avoir pour aimer comme lui qui nous a aimés.

« Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. » Ayons donc sur notre visage, les nuances de vie et d'amour que les disciples ont vues sur le visage de Jésus ressuscité. Ainsi nous serons bonheur les uns pour les autres.


Serge Lefebvre
d'après diverses sources