Par les mains
des Apôtres,
beaucoup de signes
et de prodiges
se réalisaient
dans le peuple.
Tous les croyants,
d'un seul coeur,
se tenaient sous
la colonnade
de Salomon.
Personne d'autre
n'osait se joindre
à eux ;
cependant
tout le peuple
faisait leur éloge,
et des hommes
et des femmes
de plus en plus nombreux
adhéraient au Seigneur par la foi.
On allait
jusqu'à sortir
les malades
sur les places,
en les mettant
sur des lits
et des brancards :
ainsi, quand Pierre passerait,
il toucherait
l'un ou l'autre
de son ombre.
Et même,
une foule venue
des villages voisins
de Jérusalem
amenait des gens malades ou tourmentés par des esprits
mauvais.
Et tous,
ils étaient guéris.
Moi, Jean,
votre frère
et compagnon dans
la persécution,
la royauté
et l'endurance
avec Jésus,
je me trouvais
dans l'île de Patmos
à cause de la parole
de Dieu
et du témoignage
pour Jésus.
C'était le jour
du Seigneur ;
je fus inspiré
par l'Esprit, et j'entendis
derrière moi
une voix puissante, pareille au son
d'une trompette.
Elle disait :
« Ce que tu vois, écris-le dans un livre
et envoie-le
aux sept Églises :
à Éphèse,
à Smyrne,
à Pergame,
à Thyatire,
à Sardes,
à Philadelphie
et à Laodicée. »
Je me retournai
pour voir
qui me parlait.
Quand je me fus retourné,
je vis sept
chandeliers d'or ;
et au milieu d'eux comme un fils d'homme,
vêtu d'une longue tunique ;
une ceinture d'or
lui serrait la poitrine ; sa tête et ses cheveux blancs étaient
comme de la laine blanche,
comme la neige,
et ses yeux comme
une flamme ardente ; ses pieds ressemblaient à du bronze précieux affiné au creuset,
et sa voix était
comme la voix
des océans ;
il avait dans
la main droite
sept étoiles ;
de sa bouche sortait
un glaive acéré
à deux tranchants.
Son visage brillait comme le soleil
dans toute sa puissance.
Quand je le vis,
je tombai comme mort à ses pieds,
mais il posa sur moi
sa main droite,
en disant :
« Sois sans crainte.
Je suis le Premier
et le Dernier,
je suis le Vivant :
j'étais mort,
mais me voici vivant pour les siècles
des siècles,
et je détiens les clés
de la mort et
du séjour des morts.
Écris donc ce que tu auras vu :
ce qui arrive maintenant,
et ce qui arrivera ensuite.
Réflexion pour le 2e dimanche de Pâques C
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 20, 19-31
Ce même soir, le premier jour de la semaine, les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs. Jésus vint, et il était là au milieu d'eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »
Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m'a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il répandit sur eux son souffle et il leur dit : « Recevez l'Esprit Saint. Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus. »
Or, l'un des Douze, Thomas (dont le nom signifie : Jumeau) n'était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l'endroit des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »
Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d'eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d'être incrédule, sois croyant. »
Thomas lui dit alors : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m'as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »
Il y a encore beaucoup d'autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas mis par écrit dans ce livre. Mais ceux-là y ont été mis afin que vous croyiez que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu, et afin que, par votre foi, vous ayez la vie en son nom.
Jean ne précise pas le lieu où les disciples sont réunis ; mais nous savons qu'ils ont peur. Depuis le jour de la résurrection de Jésus, les premiers disciples se rassemblent, ils prient fidèlement ensemble et ils causent entre eux des événements qu'ils ont vécus.
C'est un peu la même chose de nos jours. Plusieurs pensent que le temps a tous les signes d'un temps de déclin du dynamisme de l'Église. Ils sont tentés d'adopter une stratégie de repli sur soi et de résignation. Ce qui les conduit souvent à vivre dans la morosité et à courber la tête et les épaules. On s'attriste en constatant combien nos familles, nos écoles et toute notre société se sécularisent. On se referme entre nous en verrouillant les portes pour garder les autres dehors. On verrouille les portes de notre coeur. On s'enferme dans nos préjugés, notre méfiance. On a peur d'avoir à changer notre façon de voir et de faire les choses, d'accueillir ce qui est différent de ce dont nous sommes habitués depuis toujours. Les disciples avaient peur et n'osaient pas parler sur la place publique. Nous aussi, en ce début de 21e siècle, nous avons bien peur des terroristes, des virus, des maladies contagieuses, des pertes d'emploi, des faillites, des cataclysmes naturels et des forces du mal qui sont toujours plus menaçantes pour nous et pour nos familles.
« La paix soit avec vous » c'est le salut qui va permettre aux disciples de surmonter leur peur. Après avoir salué les disciples, Jésus se montre en crucifié avec les plaies de ses mains et de son côté. Les disciples assemblés voient Jésus. « Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie ». Les apôtres vont poursuivre la mission que le Père a confiée à son Fils. Ces paroles s'adressent à nous tous. L'Esprit Saint nous est donné pour nous libérer de nos peurs et de nos timidités, de nos hésitations et, parfois, de nos torpeurs. L'impossible ne nous est pas demandé. Ce qui est demandé est le possible, compte tenu de notre situation, de notre âge, de notre état de santé compte tenu de nos talents et des besoins de la communauté à laquelle nous appartenons, c'est cela nous est demandé. Il ne nous est pas demandé de toujours réussir ce que nous entreprenons. Mais l'effort pour réussir nous est demandé. Une fois cet effort accompli avec amour et avec joie, avec persévérance et parfois avec audace, nous pouvons dormir en paix. Dieu se charge de rendre fécond notre labeur, à l'heure qui est la sienne.
Il nous est demandé de ne pas baisser les bras devant les difficultés, de ne pas céder au désenchantement et de ne pas médire au sujet du temps que nous avons à vivre. Notre temps est béni de Dieu, comme le sont tous les temps qu'il nous donne à vivre. Il nous est demandé d'être des chrétiens en marche qui croient fermement à la jeunesse de l'Évangile et à la capacité qu'il possède toujours de tracer des chemins de solidarité, de justice et de bonheur. Il nous est demandé de nous faire mutuellement confiance et de mettre en oeuvre des projets, souvent modestes, qui apporteront dans notre milieu un peu d'espoir et de réconfort. Il nous est demandé d'aimer assez le Christ et son Évangile pour les proposer à ceux et celles qui ne les connaissent pas, ou les connaissent peu, ou les connaissent mal. Il nous est demandé de faire voir, autour de nous, que la vie selon l'Évangile rend heureux et que l'amour vécu à la manière de Jésus n'est pas un rêve mais un idéal à poursuivre patiemment.
Thomas n'était pas avec les autres disciples lorsque Jésus apparut la première fois dans le texte d'aujourd'hui. Derrière Thomas, c'est à tous les disciples que les paroles de l'évangile s'adressent. Car ce n'est pas Thomas qui met l'accent sur la vision, mais ses condisciples: "Nous avons vu le Seigneur!" Après tout, le Seigneur s'est fait reconnaître par des choses beaucoup plus importantes que la vision d'il y a huit jours. Mais de cela, même s'ils en ont été marqués, et même si c'est cela qui les remplit de joie et les pousse vers l'extérieur, ils ne disent rien à Thomas. Alors que Jésus leur a apporté quelque chose de nouveau en brisant les murailles de leur deuil, ils se contentent de répéter: "J'ai vu le Seigneur"! Excédé, Thomas ne veut pas seulement voir le Seigneur, d'autant qu'il soupçonne probablement ses condisciples d'avoir eu une hallucination collective provoquée par leur enfermement. Thomas ne veut pas seulement voir, il veut toucher, constater. Thomas est le plus moderne des disciples. Pour s'assurer que le Seigneur qu'ont vu les disciples n'est pas un spectre, il veut les faire passer de l'hallucination à l'expérience, du rêve au concret. Ce que Thomas veut voir et même toucher, le seul Seigneur en qui Thomas veut croire, le seul à qui il veut avoir à faire, c'est le Christ crucifié ressucité.
Thomas est tout aussi écartelé que nous entre sa foi et sa raison, entre le croire et le voir. Les deux sont-ils vraiment conciliables? Certainement pas tant que, comme Thomas, nous nous en tenons à nos seules ressources. Au fond, même si Thomas est un homme de l'extérieur, un homme qui ne peut pas rester enfermé, mais qui a besoin d'expérimenter: de voir, d'entendre, de toucher, de sentir, de goûter, il y a tout de même aussi chez Thomas un verrou que Jésus vient faire sauter. Dans la manière dont il interpelle Thomas, il semble que Jésus lui donne tort; mais c'est en lui donnant raison: tu veux toucher? eh bien touche! Et Thomas recule... en faisant un bond en avant: "Mon Seigneur et Mon Dieu!" La première confession personnelle de la divinité de Jésus, c'est dans la bouche de Thomas qu'elle explose. Avec Thomas, il nous faut reconnaître que la résurrection de Jésus mort sur la croix est le noyau de notre foi.
Chacun a la possibilité d'approcher le mystère du Christ qui se révèle, pourvu qu'il y ait ouverture et disponibilité. En se révélant à Thomas, Jésus veut montrer comment on arrive à la maturité de la foi, à croire sans voir, en s'appuyant sur l'annonce des premiers témoins. La foi au Christ mort et ressuscité n'est pas demandée aux seuls témoins oculaires, mais à tous les croyants qui adhérent à la tradition de l'Église. Ce ne sont pas seulement les apparitions pascales qui sont « signes », mais toute la vie de Jésus .
Heureusement Jésus est capable de franchir les portes verrouillées. Il est capable de passer au travers des blocages et ainsi atteindre notre coeur. Il nous invite à convertir notre regard, notre mentalité. Jésus ne franchit les murailles que pour les faire sauter.
Serge Lefebvre