C'est ainsi que Philippe,
l'un des Sept,
arriva dans une ville de Samarie,
et là il proclamait
le Christ.
Les foules,
d'un seul coeur, s'attachaient à
ce que disait Philippe, car tous entendaient parler des signes
qu'il accomplissait,
ou même
ils les voyaient.
Beaucoup de possédés étaient délivrés
des esprits mauvais, qui les quittaient
en poussant
de grands cris.
Beaucoup de paralysés et d'infirmes furent guéris.
Et il y eut dans cette ville une grande joie.
Quand ils commencèrent à croire Philippe annonçant la Bonne Nouvelle du règne
de Dieu et
du nom de
Jésus Christ,
hommes et femmes
se faisaient baptiser.
Simon lui-même
se mit à croire ;
ayant été baptisé,
il suivait fidèlement Philippe ;
voyant les signes
et les actes de grande puissance
qui se produisaient,
il était ébloui.
Les Apôtres,
restés à Jérusalem, apprirent que la Samarie avait accueilli la parole de Dieu.
Alors ils leur envoyèrent
Pierre et Jean.
A leur arrivée,
ceux-ci prièrent pour les Samaritains afin qu'ils reçoivent le Saint-Esprit ;
en effet, l'Esprit
n'était encore venu
sur aucun d'entre eux : ils étaient seulement baptisés au nom
du Seigneur Jésus.
Alors Pierre et Jean leur imposèrent
les mains,
et ils recevaient
le Saint-Esprit.
Réflexion pour le 6e dimanche de Pâques A
Évangile de Jésus Christ selon Jean 14, 15-21
Si vous m'aimez, vous resterez fidèles à mes commandements. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : c'est l'Esprit de vérité. Le monde est incapable de le recevoir, parce qu'il ne le voit pas et ne le connaît pas ; mais vous, vous le connaissez, parce qu'il demeure auprès de vous, et qu'il est en vous. Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous. D'ici peu de temps, le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi. En ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous. Celui qui a reçu mes commandements et y reste fidèle, c'est celui-là qui m'aime ; et celui qui m'aime sera aimé de mon Père ; moi aussi je l'aimerai, et je me manifesterai à lui. »
Nous poursuivons la lecture du chapitre 14 de Jean.
De tout temps, Jésus a été accueilli dans le monde par des hommes et des femmes restés fidèles à sa Parole et animés de son Esprit: «Si vous m'aimez, vous resterez fidèles à mes commandements». Cette fidélité n'est pas pur légalisme car la loi n'est autre que celle de l'amour des uns pour les autres. Jésus a promis que «l'Esprit de vérité» restera toujours avec ses disciples. Des témoins continuent la mission de Jésus. Encore aujourd'hui, l'Église et le monde ont besoin de personnes capables de guider le peuple de Dieu par une vie et un enseignement reflétant les valeurs de l'Évangile.
C'est l'Esprit - le Défenseur- qui nourrit et amplifie l'espérance qui habite le coeur des chrétiens. L'Esprit n'est pas une force obscure et anonyme, c'est Dieu et Jésus. C'est la source de vie nouvelle et d'espérance. C'est la source de libération qui nous fait poser des gestes à la manière de Jésus. Mais l'Esprit n'est pas qu'une force, une puissance, quelque chose d'abstrait. Il est réellement une personne comme le sont le Père et le Fils. Les premiers chrétiens, pour nous transmettre ce qu'ils avaient compris de l'immense richesse de Dieu, le nomment Dieu - Trinité. Le Père est en relation d'Amour avec le Fils, et c'est l'Esprit qui les unit.
L'évangile d'aujourd'hui parle d'un Défenseur pour nous faire comprendre l'Esprit. Qui donc est ce Défenseur ou, comme d'autres traductions disent, ce Paraclet ? Au temps de Jésus, la foi est transmise par la famille. Le père est le dépositaire de la Tora, de la Règle de vie divine rédigée en hébreu et transmise de génération en génération. À la synagogue il fallait donc traduire la Tora dans le langage courant, l'araméen. Ce traducteur était appelé le «paraklita », un mot dérivé d'un verbe grec qui signifie: appeler quelqu'un auprès de soi. Celui qu'on appelle près de soi est un conseiller, un avocat ou un interprète. Dans nos Évangiles il y a donc plusieurs variantes pour traduire paraclet: l'Esprit avocat ou l'Esprit conseiller, le Défenseur, le paraclet. La mère joue aussi ce rôle de paraclet lorsqu'elle répète la Tora à son enfant et qu'elle l'aide à la mettre en pratique dans le quotidien de sa vie.
L'Esprit est donc le Paraclet, le Défenseur, qui remplace Jésus auprès des chrétiens. Il est notre intercesseur auprès du Père. Il est «l'Esprit de vérité» qui nous rappelle l'enseignement de Jésus, et nous conduit à la vérité tout entière. Il nous éclaire et nous fait vraiment connaître Jésus, il nous fait comprendre ses paroles et ses gestes, il nous donne la force de vivre selon l'Évangile, car il est aussi l'Esprit de force. L'Esprit est un don et fait appel à la capacité de recevoir, d'accueillir. Le monde en est incapable, parce qu'il est fermé, opaque. Il ne le connaît, pas, il ne le voit pas.
La famille est souvent éclatée aujourd'hui. Le savoir est de plus en plus transmis par l'école, par l'ordinateur, par internet. Le livre ne peut remplacer le maître. L'écran cathodique ne peut remplacer le contact direct avec la personne. La parole qui est écrite est déjà presque déjà une parole morte : il lui manque l'intonation de la voix, les expressions du visage. Toute parole porteuse de vie est dite par une personne vivante qui s'y investit avec tout ce qu'elle est, tout ce qu'elle pense, tout ce qu'elle fait. L'Évangile peut aussi être lu comme un écrit mort. Il est nécessaire qu'il soit redit par des personnes vivantes, animées de l'Esprit de Jésus.
Albert Einstein disait que la valeur d'un humain tient dans sa capacité à donner et non dans sa capacité à recevoir. Nous sommes souvent comme de jeunes enfants qui savent recevoir, mais qui ne savent pas donner. Jésus ne peut être visiblement vivant au milieu de nous que si nous, chrétiens, le donnons à voir. L'adulte dans la foi est l'individu qui a la conscience du don, donc de l'autre. La société doit avoir des guides animés par leur capacité de recevoir, d'engendrer la vie et non la mort, d'agir avec douceur et non avec violence, de faire preuve de compréhension et non d'intolérance, da tendresse et non de cynisme.
Il faut laisser l'Esprit souffler le vent dans nos voiles et nous laisser guider vers le royaume de justice et de paix. Il faut aller au plus profond de chacun de nous, là où le prochain se révèle être notre ami.
La renaissance du monde commence par la reconnaissance de soi et de l'autre. Il n'y a ni homme, ni femme, ni vieillards, ni enfants. Il y a des humains et il faut, ensemble, mettre en application sa pratique d'amour et de vraie solidarité avec tous.
Serge Lefebvre